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ALIMENTATION DES POUSSINS

animale et végétale qui n'est pas à dédaigner et qui contribue beaucoup à les maintenir en bonne santé.

Il est enfin une précaution qu'on néglige bien souvent de prendre : c'est de donner aux poussins, au fur et à mesure qu'ils grandissent, plus de parcours et aussi plus de place à l'intérieur des éleveuses. Ce qui élait suffisant pour des poussins de quelques jours ne Test plus lorsqu'ils ont trois semaines ; s'ils étaient déjà relativement nombreux sous Téleveuse et qu'il n'y ait pas eu de perte, il faut les diviser en deux bandes sous deux éleveuses, ou, si la saison le permet, leur donner immédiatement un abri non chauffé dans un bâtiment quelconque, ou même sous un hangar clos de trois côtés.

Alimentation des poussins.

Pendant les vingt-quatre heures qui suivent leur naissance, les poussins éclos sous une poule ne mangent pas. S'ils ont été obtenus arlifîciellement, ils ne doivent pas manger non plus. C'est là un principe reconnu de tous les éleveurs compétents, et qu'on ne transgresse pas sans résultat fâcheux.

Nous avons dit précédemment qu'on ne devait pas retirer immédiatement les poussins des couveuses et que, de ce fait, ils pouvaient être âgés de près de douze heures lorsqu'on les transportait dans la sécheuse. 11 n'y a aucun inconvénient à traiter ceux-là comme les autres, et à leur faire attendre trentesix heures leur premier repas. Ce n'est en effet qu'au bout de deux jours que les poussins mangent réellement; ce qu'ils prennent auparavant est absolument insignifiant.

La mie de pain rassis émiettée très fin et donnée sèche est ce qu'il y a de meilleur comme premier repas. Elle ne doit pas constituer à elle seule la ration journalière, même le premier jour de l'alimentation. Pour ce premier repas, on la répartit devant les poussins sur le terrain qu'ils occupent; on en donne très peu à la fois, n'ayant pour but que de leur faire prendre de l'exercice et leur éviter, en opérant ainsi, une indigestion, comme cela pourrait se produire

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si on la donnait en abondance dans une augelte. Ce n'est qu'après ce premier repas que des petits ustensiles comme les billots (fig. 48) j les augeltes (fig. 49) et les abreuvoirs siphoïdes (fig. 50) sont indispensables pour éviter que les aliments

Fig. 48.— Billot à pâtée.

Fig. 49. — Augcttc à pâlée.

et la boisson ne soient perdus ou salis. Les poussins sont aussi du reste, grâce à leur emploi, toujours propres et

conservent un plumage brillant.

A partir de ce moment, on ne saurait trop recommander de donner, pendant les huit jours qui suivent, un repas toutes les deux heures, quel que soit le procédé d'élevage, naturel ou artificiel. On peut ainsi se rendre compte de l'appétit des élèves, y satisfaire, le développer même, et surtout leur éviter des indigestions. Cinq distributions d'une nourriture fraîche et différente à chaque fois sont, pour le moins, nécessaires pendant les trois premiers jours; plus tard il est possible de ne donner que trois repas par journée de onze ou douze heures, surtout si la nourriture animale et végétale que les poussins trouvent en prenant leurs ébats est abondante.

Dans les élevages d'hiver, c'est une nécessité absolue que de lever les poussins dès que le jour apparaît, de leur donner immédiatement à manger et de le faire quatre ou cinq fois

oO. — Abreuvoir siphoïdc.

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par jour jusqu'à ce qu'ils aient atteint leur troisième semaine.

Le premier repas, composé de mie de pain sèche, devra donc être suivi d'un autre complètement diflFérenl. La composition d'un menu est certainement aussi difficile pour l'éleveur que pour la maîtresse de maison. Si le côté économique est envisagé, il ressemblera évidemment au menu des pensionnats et présentera quantité de mets simples, toujours les mêmes, mais accommodés différemment. Qu'ils varient d'un repas à l'autre, c'est suffisant.

L'éleveur soigneux s'arrangera pour que les plats relalivement liquides fassent suite à ceux qui sont éminemment secs, que ceux qui sont les plus nutritifs viennent après ceux qui sont plus ou moins grossiers. Nous citerons, parmi les plus fréquemment employés et les plus recommandables :

i° Le pain trempé dans de l'eau ou du petit-lait et comprimé entre les mains pour qu'il soit seulement humide. Le pain trempé dans de l'eau rougie par du vin plaît assez aux poussins ; on peut le donner exceptionnellement lorequ'ils paraissent faibles, ou qu'ils ont pris froid, mais il ne faut pas oublier que l'alcool, même en très faible quantité, est nuisible à la croissance. On ne peut en recommander l'emploi que pour l'élevage de sujets de races naines, qui ont d'autant plus de valeur qu'ils sont plus petits. Le petit-lait est de beaucoup préférable au lait dans l'élevage et même Tengraissement de la volaille. Par petit-lait, il faut entendre ce qui reste dans les jattes après écrémage journalier, ou après le passage du lait dans une écrémeuse centrifuge, ou ce qui reste dans les barattes après barattage du lait ou de la crème. Le petit-lait acide qui résulte de l'emprésurage du lait pratiqué pour la fabrication de tous les fromages n'a qu'une faible valeur nutritive, et ne peut être comparé au petit-lait. Il ne contient plus, en effet, que peu de caséine, autrement dit peu de matière azotée. F^e lait pur est évidemment plus nutritif que le petit-lait, mais il contient relativement trop de matière grasse, et celle-ci contribue à diminuer le quantum de matière azotée absorbée par jour. Si celle-ci peut être réduite à un minimum lorsqu'il s'agit d'alimenter des adultes, il y a toujours intérêt à lui donner une place prépondérante dans

ralimentation des jeunes ; aussi le petit-lait doit-il être préféré au lait ;

2° L'œuf, que l'on donne dur et haché menu, après avoir enlevé la coquille. L'introduction de celle-ci dans la ration, sous prétexte d'augmenter la proportion de matières minérales, est à éviter, car, quelle que soit la nourriture des poussins, elle est toujours telle que celles-ci y sont en assez grande quantité. La coquille ajoutée à l'œuf ne fait que diminuer la valeur nutritive de la ration, embarrasse l'intestin et provoque la constipation;

3° Les farines d'orge ou de mais données en pâtées, c'està-dire mélangées avec de l'eau ou du petit-lait, en proportions sensiblement égales. 11 faut que la masse forme une pâte de consistance telle qu'elle conserve la forme qu'on lui donne, tout en ayant la plus grande humidité possible. Les pâtées faites exclusivement avec la farine de maïs doivent être réservées aux poulets ayant plus de trois semaines ; elles satisfont moins le goût, et c'est uniquement par raison d'économie qu'il est indiqué d'y avoir recours et de les mélanger avec de la farine d'orge. Jusqu'à cet âge, le mélange doit être fait au plus par moitié ;

4° Les feuilles de laitue ou de chicorée, données soit à l'état cru, soit cuites et hachées, en mélange dans une pâtée à base de pain ou de farine ;

5° Le millet, sous la réserve qu'il ne doit être donné qu'en quantités infinitésimales pendant les cinq premiers jours, qu'il ne doit jamais composer le premier repas du matin, ni être donné toutes les fois que, un oubli s'étant produit, les poussins ont plus d'appétit qu'à l'ordinaire ;

6° Le riz cuit à l'eau et délayé avec du petit-lait, de façon à faire une pâtée claire. 11 est inutile d'employer du riz de première qualité qui n'acquiert une valeur supérieure qu'à cause de sa blancheur et de sa grosseur; les brisures de riz sont préférables et moins chères ;

7° Les déchets de pâtes alimentaires, tapioca, vermicelle et autres sortes, cuits comme pour faire des potages, c'est-à-dire à l'eau salée, puis égouttés;

S»* Le fromage maigre fait avec du J petit-lait, réduit tout

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