ALIMENTATION DES POULETS
sommées par les pigeons. Pour l'acheteur de petit blé, sa valeur peut donc varier suivant la proportion de ces graines.
L'avoine est assurément la graine la plus estimée par les poulets ; elle l'est d'autant plus qu'elle est de meilleure qualité, c'est-à-dire que son amande est plus grosse relativement à l'écorce.
A volume égal, elle est presque deux l'ois moins nourrissante que le petit blé. Elle donne beaucoup de vigueur aux poulets et ne cause jamais d'indigestion ou d'obstruction du jabot comme le gros blé. C'est l'aliment par excellence des reproducteurs et des poulets destinés à l'engraissement.
Dans les exploitations agricoles, la récolte d'avoine est nécessairement passée au tarare pour être consommée sur place ou être vendue et donne une quantité considérable de déchets. Parmi ceux-ci les poulets ne prennent guère que les bons grains d'avoine qu'il serait fort coûteux d'en séparer.
Les avoines très légères, contenant une faible proportion d'amande par rapport à Técorce, comme les avoines du midi de la France et celles de Russie, sont très mal utilisées par les volailles. C'est souvent un très mauvais calcul que de préférer les avoines légères parce que leur prix est moindre.
Le seigle et Vorge en grains ne sont pas recherchés par les poulets. L'orge réduite en farine forme au contraire des pâtées très appréciées et contribue plus que toute autre à donner de la blancheur à la chair. Le seigle comme le blé forme une pâte trop liée pour être employé en farine.
Le sarrasin est très apprécié des poulets; il ne faut cependant le donner qu'à intervalles assez éloignés, et en petite quantité, en raison de ses propriétés échauffantes ; il convient mieux aux poules pondeuses.
Le chènevis a des propriétés analogues en tous points au sarrasin.
Le maïs n'est consommé par les volailles qu'autant qu'elles n'ont pas d'autre grain à leur disposition. 11 convient donc peu à celles qui effectuent leur croissance, puisqu'il excite peu leur appétit.
La farine de maïs est aussi moins goûtée par elles que la farine d'orge. Ce n'est qu'en raison de son prix, parfois pjBu Ch. VoiTELLiEn. — Aviculture. r^ ^ i
élevé, que le maïs est préféré aux autres céréales. Toutes les fois qu'il doit être donné en grains, les variétés de petit maïs conviennent mieux; les gros maïs, au contraire, sont à choisir pour être transformés en farine.
Quand la nourriture végétale à l'état vert n'est pas naturellement à la portée des poulets, il est nécessaire de la leur distribuer et par conséquent de faire un choix. Les choux, la chicorée sauvage, l'oseille peuvent fournir une grande quantité de feuilles pendant plusieurs mois de suite et sont particulièrement recommandables. Les betteraves, dont les feuilles ne sont pas du tout appréciées par les volailles, sont très recherchées comme racines. Pour qu'elles soient bien consommées, il faut avoir soin de les couper en deux dans le sens de leur longueur, et de les suspendre au moyen d'un fil de fer que l'on passe au travers ; toute la pulpe intérieure, à l'exception de la peau, est enlevée à coups de bec et mangée avec plaisir.
Il ne faut pas oublier que la nourriture verte, indispensable pour assurer le bon fonctionnement de l'intestin, maintenir les jeunes volailles en bon état de santé et les faire s'accroître rapidement, ne peut constituer qu'une faible partie de la ration. Si elle y figurait en trop grande quantité, celleci deviendrait trop pauvre et le développement de l'organisme en souffrirait.
Considérations économiques sur F alimentation.
La quantité de nourriture qu'un poulet est susceptible d'absorber varie beaucoup, suivant sa race, son sexe, son âge, les conditions de son existence, les saisons et la température.
Nous avons dit précédemment que, jusqu'à l'âge de trois semaines, les repas devaient être nombreux, les aliments variés, et qu'il fallait non seulement satisfaire l'appétit des élèves, mais encore l'exciter. Nourrir au maximum, telle doit être, jusqu'alors, la règle invariable ; mais, à partir de cet âge, il est indiqué de faire exception pour les poulets destinés à la reproduction, de les rationner et, en leur donnant suffisam-
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