ÉLEVAGE DES OISONS
puissent avoir lieu en décembre ou janvier, par suite de pontes avancées ou retardées, il serait très difficile de les nourrir convenablement. Ils sont, en effet, particulièrement amateurs d'herbe verte. Celle-ci constitue souvent la moitié de la ration ; ce que le caneton prend en matière animale, Toison le prend en matière végétale.
Cette particularité donne à l'élevage des oies une certaine analogie avec celui des dindes : on les laisse parcourir en bandes les prairies naturelles, ou bien on les mène dans les prairies artificielles.
Les oisons sont surtout friands de trèfle incarnat; la pâture des feuilles qui repoussent après la coupe pour les bestiaux, au mois de mai, est des plus avantageuse. 11 est de beaucoup préférable que les oisons pâturent plutôt que de leur couper de l'herbe, car, dès que celle-ci n'est plus fraîche, ils ne la mangent plus avec autant d'appétit ; elle provoque du reste plus facilement des indigestions.
Exception faite pour la verdure, l'oison prend la même nourriture que le caneton. Comme lui, il adore l'eau, mais craint jusqu'à l'âge d'un mois d'être mouillé sur le dos ; il est nécessaire aussi que jusqu'à cet âge il puisse se réchauffer dans la journée quand il en éprouve le besoin.
Le passage trop fréquent des oies sur les prairies est à éviter, car leur fiente brûle un peu les feuilles sur lesquelles elle tombe ; en excès, elle brûlerait la plante jusqu'au collet.
L'élevage de l'oie est surtout rémunérateur quand, au lieu de la livrer à la consommation à la moitié de son développement, c'est-à-dire vers cinq mois, on pratique trois à quatre fois la récolte du duvet et qu'on l'engraisse ensuite vers huit mois. On peut, en effet, lui enlever son duvet, une première fois vers deux mois et demi, la deuxième vers quatre mois, la troisième six semaines plus tard, et la quatrième avant la mise à l'engraissement.
Cette récolte doit être faite méthodiquement. L'oie étant prise d'une main par les pattes, on la pose par terre devant soi, puis on la retourne sur le dos et on la maintient ainsi très facilement en plaçant seulement une main sur le cou. Toutes les parties à plumer sont alors bien en vue ; ce sont : le cou
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depuis la bavette jusqu'au plastron, le plastron, le ventre jusqu'au croupion, les flancs jusqu'aux reins. Du duvet existant il n'y a d'ailleui^s à laisser que celui qui se trouve audessous du bras de l'aile, afin que celle-ci reste maintenue et ne tombe pas le long du corps de l'animal, comme si elle était désarticulée.
L'arrachage se fait par petites poignées à la fois, en relevant un peu la plume et en tirant dans le sens opposé à sa direction normale, et par petits coups secs. Il ne doit pas se faire à n'importe quel moment ; il faut attendre que le duvet soit mûr, c'est-à-dire assez âgé pour qu'il ne sorte plus de sang du tuyau.
Le plus grand soin doit présider à la récolte du duvet, car sa valeur dépend beaucoup de sa propreté. On estime que les oies de forte taille donnent 500 grammes de duvet du mois d'avril au mois de décembre. Le duvet et la plume enlevés quand on tue l'oie après son engraissement sont moins estimés. La valeur totale de la plume varie de 3à 5 francs par tête.
Élevage des pigeonneaux.
Comme nous l'avons déjà dit au chapitre de V Incubation, il n'y a aucun intérêt à faire couver des œufs de pigeons, soit artificiellement, soit par d'autres oiseaux que les pigeons euxmêmes. Il est, en effet, nécessaire que les pigeonneaux reçoivent la becquée de leurs parents et que, pendant les premiers jours après leur naissance, ils absorbent une certaine quantité d'une bouillie alimentaire que les pigeons ayant couvé sont seuls en état de produire. Cette matière est sécrétée par des glandes particulières renfermées dans la tunique de l'œsophage et seulement après l'incubation.
En général, l'éleveur se borne à confier les œufs d'un couple de pigeons rares aux bons soins d'une autre paire qu'il suppose devoir mieux couver ou mieux élever ses jeunes. C'est à cela que se limite son intervention pendant l'incubation ; c'est à tort que Ton conclut qu'il doit en être de même pour l'élevage.
Une visite fréquente des nids est nécessaire. Si un des deux
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pigeonneaux périt, il faut l'enlever aussitôt ; si les deux ont le même sort aussitôt après leur naissance, il est bon de passer aux parents un jeune pris à d'autres couples, fôt-il âgé de quelques jours de plus, pour leur permettre de se débari*asser de la bouillie qui les rendrait malades.
Cette visite ne doitjamais se faire la nuit, parce que la mère peut être effrayée au point de ne pas regagner son nid ou ne plus le retrouver; ses petits meurent alors souvent de froid.
Lorsque les nids sont sales, il y a lieu de les nettoyer en enlevant momentanément les pigeonneaux. Il faut éviter à tout prix que la vermine ne les envahisse. Si le pigeonnier n'est pas agencé pour qu'une désinfection complète (Voy. chapitre Désinfections) soit possible, il est excellent de saupoudrer les nids avec de la poudre de crésyl.
On évite d'ailleurs que les nids soient salis par les excréments des pigeonneaux, en proportionnant leurs dimensions à celles de la race qu'on élève. Des petits pigeons dans de grands nids ou des gros pigeons dans des nids touchant immédiatement à deux ou trois cloisons de la niche, ne peuvent faire autrement que de les salir. Quelques jours à peine après leur naissance, les pigeonneaux rejettent, en effet, instinctivement, comme la plupart des oiseaux, leurs excréments en dehors du nid.
En plaçant aussi le nid dans une demi-obscurité, on assure la tranquillité des pigeonneaux et on évite qu'ils ne le quittent avant que d'être capables de le regagner. Cela équivaut souvent, si le pigeonnier n'est pas fermé, à les soustraire à la griffe des chats.
A l'âge d'un mois, les pigeonneaux destinés à la consommation doivent être abondamment nourris et peuvent même être gavés.
Les graines qui leur conviennent le mieux et qui doivent être données à leurs parents dès l'instant où ils les nourrissent sont les vesces et les pois. Les petites fé véroles leur conviennent aussi, ainsi que le petit blé, le sarrasin, le chènevis et le millet.
Pour le gavage, les vesces, préalablement trempées dans l'eau pendant une douzaine d'heures, sont l'aliment de prédi- Gh. Voitellier. — Aviculture. 9
lection. Cette opération se fait en tenant les pigeonneaux dans la main et en leur ouvrant le bec avec deux doigts ; on introduit les graines une à une, mais on peut en mettre une dizaine de suite avant que de laisser se refermer le bec, pour le reprendre quelques instants après et y introduire une nouvelle quantité.
Les pigeonneaux destinés à la reproduction doivent recevoir les mêmes soins que les pigeons adultes. Ils doivent avoir, non seulement de Teau fraîche constamment à leur disposition dans un abreuvoir siphoïde, mais encore un bassin de 20 centimètres environ de profondeur et rempli d'eau jusqu'à une dizaine de centimètres pour pouvoir s'y baigner à l'aise. Leur goût très marqué pour le sel et le salpêtre doit être satisfait tout au moins par de petites distributions de sel dénaturé. Les morues avariées qu'on trouve à bon compte chez les épiciers en gros, ou même simplement dés queues de morue salée, constituent pour eux un vrai régal.
Afin d'augmenter la production, c'est vers la septième semaine en moyenne après leur naissance que les pigeonneaux doivent être séparés de leurs parents. Si l'élevage se fait en colombier fermé, comme pour les pigeons voyageurs, avoir un pigeonnier spécial dont l'ameublement consiste uniquement en perchoirs, abreuvoir et bassin pour la baignade.
Si l'élevage se fait 6n liberté et avec autant de pigeonniers qu'il y a de couples de pigeons, on peut les accoutumer à celui qui leur est réservé en les y enfermant pendant quelques jours, mais tout en leur donnant de la lumière, des graines et de la boisson. On ne réussit pas toujours et ils retournent au domicile de leurs parents, les dérangeant parfois dans une nouvelle couvée. 11 est préférable de les laisser dans le pigeonnier où ils sont nés et d'habituer leurs père et mère à une nouvelle demeure par une claustration dans les mêmes conditions.
Pour accoutumer des pigeons voyageurs à un nouveau colombier, situé à grande distance de leur ancien logis, il est nécessaire de les enfermer complètement jusqu'à ce qu'ils aient des jeunes à nourrir. Après deux ou trois couvées, on peut les faire voyager, mais il y a beaucoup plus de risqués de les perdre que d'autres.