ÉLEVAGE DES PERDREAUX ET DES FAISANDEAUX
Élevage des perdreaux et des faisandeaux.
La perdrix grise et surtout 1g faisan de bois ou faisan à collier sont des gibiers qui, avec les conditions modernes de la chasse et de l'exploitation de la terre, viendraient si rapidement à disparaître, que les chasseurs doivent non seulement assigner des limites à leur destruction, mais encore s'occuper de leur reproduction et de leur élevage.
Beaucoup de couvées se U^ouvent, en effet, détruites au moment de la coupe des foins et des céréales, et ces récoltes étant coupées maintenant en un temps beaucoup plus court qu'autrefois par suite de l'emploi des faucheuses et des moissonneuses, cette destruction est plus considérable.
Aussi, la plupart des sociétés de chasse doivent-elles posséder en volières un certain nombre de couples de perdreaux et de lots de faisans composés d'un mdle et de trois à cinq femelles, en faire couver les œufs par des poules ou des couveuses artificielles et avoir des élevages bien agencés.
L'incubation des œufs se fait dans des conditions identiques à celle des œufs de tous les oiseaux de basse-cour; elle dure en moyenne vingt-cinq jours pour ceux de la faisane et vingt-deux pour ceux de la perdrix grise.
Dès l'éclosion, les perdreaux et les faisandeaux sont très vifs. Quel que soit le mode d'élevage, naturel ou artificiel, on les place dans un endroit où ils soient tranquilles, à labri des intempéries et protégés contre toutes les bêtes pouvant leur nuire.
Si l'on dispose de hangai's ou de serres, les mues (fig. 42 et 43) et les éleveusesà lampe (fig. 45), à condition d'être, les unes ou les autres, entourées de panneaux de grillages, conviennent parfaitement. A défaut d'abris, les éleveuses vitrées (fig. 47), contenant dans le compartiment non vitré soit une poule, soit une éleveuse à eau chaude, sont indispensables.
On peut leur donner un premier repas au bout de dix à douze heures. Comme pour les poussins, la mie de pain rassis émiettée est alors ce qui convient le mieux. Pour les autres repas des deux premiers jours, l'œuf dur et la laitue hachés fm et donnés seuls ou en mélange avec du pain émietté sont les plats de prédilection.
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A partir de ce moment, il est nécessaire que la nourriture d'origine animale entre pour une large part dans les rations.
Les œufs de fourmis sont considérés comme iin élément indispensable pour les jeunes perdreaux ou faisandeaux; on peut les remplacer dans une certaine mesure par les vers de farine, les larves appelées asticots, les œufs de fourmis artificiels et surtout le sang de bœuf cuit et conservé en boîtes. La recherche des œufs de fourmis est cependant bien compensée par les résultats qu'on en obtient.
« Beaucoup (1) de personnes s'imaginent que, n'étant pas à proximité des bois, elles ne peuvent se procurer ce régal des petits perdreaux : c'est une erreur. On en trouve tout autant en rase campagne, dans les luzernes, dans les chaumes, dans les oseraies. Ce n'est pas la même variété de fourmis que dans les bois, c'est une espèce très petite, mais produisant quantité d'excellents œufs. Elle ne fait pas, comme l'autre, un énorme amas de brindilles : un petit monticule de terre fine et comme tamisée décèle seul sa présence. Les œufs sont presque à fleur de terre et se ramassent facilement avec une petite pelle à main.
« Dans certaines plaines, on rencontre dans le même champ des fourmis noires et des rouges. Se garder de prendre les rouges, leur piqûre est malsaine pour les petits perdreaux.
« Quand on a rapporté chez soi un sac bien rempli de fourmis, d'œufs, de terre et de brindilles, on le vide dans un récipient quelconque en métal, vieux réservoir, bassin ou baignoire en zinc; puis, à 20 centimètres environ du bord, on trace avec de la craie ou du blanc d'Espagne un cercle bien accentué. C'est pour les fourmis une barrière infranchissable qui les maintiendra mieux enfermées que le plus solide couvercle.
« Pour donner des œufs seuls aux jeunes élèves, on les fait trier par les fourmis elles-mêmes. Rien n'est plus simple! On prend un pot à fleur dont on ferme l'orifice au moyeu d'une forte toile ou d'un carton, ou, bien plutôt, une boîte en fer-blanc quelconque, au fond de laquelle on perce un trou d'un centimètre de diamètre. On place cette boite au milieu du réservoir, en l'enterrant un peu dans la fourmilière, de
(1) VoiTELLiER, V incubation artificielle et la basse-cour.