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LKS OISEAUX DOMESTIQUES A TRAVERS LES SIÈCLES

éloignées Tune de l'autre. II se propagea rapidement, si Ton en juge par sa valeur.

Le sire de Gouberville, gentilhomme campagnard du Gotentin, rapporte en effet dans son journal manuscrit, à la date du 27 décembre 1559, qu'il a payé 4 solz un coq ou une poule d'Inde qu'un serviteur lui apportait. D'après un compte rendu des dépenses d'une session du Conseil privé de la reine Elisabeth d'Angleterre, tenu à Westminster en 1594, le prix moyen de neuf dindons, consommés en six jours, n'était que de 6 à 8 francs, tandis que le prix des faisans était de 10 francs.

Enfin, un règlement somptuaire, promulgué à Venise, en 1557, ne permit de servir le dindon qu'à certaines tables privilégiées, et,* en 1570, un cuisinier du pape Pie il indique plusieurs manières de le préparer.

Jusqu'au xv« siècle, le canard ordinaire ou barboteur, dont la parenté avec le canard sauvage à col vert [Anas boschas) est évidente, fut seul connu en Europe. Les Indiens avaient domestiqué en Amérique, avant la découverte, le canard musqué (Anas moschata), qui porte encore les noms de canard dinde, canard de Barbarie et canard muet. On l'introduisit en Europe vers 1550 et il s'y multiplia rapidement.

Les documents précédents étant à peu près les seuls que l'on possède pour établir l'histoire de la domestication de nos oiseaux de basse-cour, on est porté à ne voir dans chaque espèce que la descendance d'une seule espèce sauvage. Comme Ta fort bien fait remarquer M. Remy Saint-Loup, ceci n'est pas établi et il est aussi raisonnable d'admettre qu'une espèce sauvage s'est différenciée à l'état sauvage en de nombreuses races plus ou moins distinctes les unes des autres et que, par conséquent, des races déjà constituées et déjà éloignées d'un type commun primitif ont été domestiquées en différents points du globe.

Rien n'autorise à dire que les espèces et races sauvages actuelles ont toujours eu les mêmes caractères. Elles peuvent résulter d'une diversification aussi bien que d'une unification de formes que nous ne soupçonnons pas. Leur description, dans le but de faire renaître l'affinité que les espèces et races domestiquées ont avec elles, ne saurait avoir d'utilité.

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