RACE DE LA BRESSE
le reste du corps est blanc. En remplaçant dans ce plumage, qui est celui du type primitif, le gris brouillé, manquant d'uniformité, par le gris régulièrement crayonné, on a celui de la Campine.
La Bresse noire a pour qualité principale une finesse de chair exceptionnelle, rehaussée par sa blancheur, et une peau très fine. La graisse est absolument blanche. Il est à remarquer aussi que les tuyaux des plumes sont très petits et laissent, après arrachage, une peau très lisse.
Sa petite taille ne constitue pas, au point de vue de son aptitude à la production de la chair, un grand défaut, car elle engraisse très bien et, comme le dit Berchoux (1) dans sa Gastronomie, « il n'est pas jusqu'à son volume moindre qui ne soit un avantage, puisqu'il la met plus à la portée de tous, et qu'il permet de la servir sur des tables moins nombreuses, moins somptueuses peut-être, mais dont les convives n'en sont pas moins des dignes appréciateurs de ses qualités culinaires ».
A qualité égale de chair, les grosses volailles ne sont pas toujours les plus avantageuses à exploiter pour la production du poulet de table. Dans les pays de culture extensive, le poulet de moyenne grosseur, d'allure vive et de caractère vagabond croit rapidement là où un plus gros réclamerait de fortes distributions de grains. La Bresse noire est la race par excellence des pays où la culture des céréales n'a qu'une faible importance, où les petites exploitations sont nombreuses et où les ménagères peuvent, sans avoir recours à une maind'œuvre coûteuse, consacrer beaucoup de temps aux soins de l'élevage et de l'engraissement.
Ces considérations, toutes en faveur de la race de Bresse noire, montrent simplement qu'elle est susceptible, en raison de ses qualités spéciales, de prendre plus d'extension que la grise dans l'exploitation de nombreuses basses-cours, mais ne prouvent nullement que les éleveurs de Bourg aient eu tort d'adopter cette dernière et que celle-ci ne réunisse pas un bel ensemble de qualités moyennes.
La Bresse grise est peut-être, en effet, encore un peu plus
• (1) La Perro de Roo, Monographie des races de poules.
216 RACES GALLINES SÉLECTIONNÉES.
rustique et plus précoce, aussi bonne pondeuse et meilleure couveuse; elle ne lui est inférieure que pour la qualité de la chair. Les poules de la race de la Bresse, quelle que soit la variété à laquelle elles appartiennent, ne peuvent, quoi qu'en aient dit certains auteurs, être classées en tête de toutes les racçs,;pour la grosseur et la quantité de leurs œufs. Ceux-ci sont, il est vrai, gros relativement à leur taille, et pèsent 60 à 65 grammes ; l'aptitude à la ponte ne mérite qu'une note moyenne.
Race de Barbezieux.
Originaire du département de la Charente, cette race, avant d'être signalée à l'attention des aviculteurs qui, comme nous l'avons déjà dit, sont souvent atteints de snoôîsweetle laissent régner en maître ou l'exploitent, avait exactement tous les caractères apparents de la race de la Bresse, mais avec un format beaucoup plus grand. C'est une Bresse noire vue au travers d'une loupe.
Certes, son squelette n'était pas proportionnellement aussi réduit, sa peaii aussi fine, mais sa chair était aussi délicate, sa ponte aussi abondante et ses œufs, plutôt gros, pesaient 70 grammes environ.
Sous prétexte que la Barbezieux était une grande race, qu'elle se signalait à l'attention par sa taille, le coefficient donné à la hauteur dans les jugements portés sur elle dans Jes concours fut tel que le plus grand coq, les plus grandes poules triomphèrent seuls. Il n'en fallait pas davantage pour donner la suprématie aux Barbezieux à longues et fortes pattes, au cou long, à crête immense, et ranger définitivement cette race parmi les hypermétriques à lignes allongées dans un sens, c'est-à-dire longilignes, au lieu d'être ce qu'elle eût dû rester : une hypermélrique médioligne.
Par cette sélection mal comprise au point de vue pratique, puisqu'il s'agissait d'une race recommandable pour ses aptitudes à la production de la chair et à la ponte, le poulet de table de la race de Barbezieux eut des cuisses à chair grossière, rouge, tendineuse, un cou long, réduisant notablement la valeur qu'il tenait de son ampleur. Les œufs ne furent pas plus gros.