‹ Avignon et le Comtat-VenaissinChapitre 8 sur 12 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

IvB COMTAT VBNAISSIN

I. Le Comtat avant l'annexion. — II. Valréas; Vaison et ses environs.

— III. Carpentras et ses environs. — IV. Les environs d'Avignon.

— V. Cavaillon et ses environs.

En 1229, les Albigeois vaincus, le Comtat Venaissin qui appartenait à Raymond VII de Toulouse, fut abandonné au Saint- Siège. Mais celui-ci n'en prit possession qu'en 1274; il le garda jusqu'au décret de la Constituante du 13 septembre 1791, décret que confirma le traité de Tolentino (19 février 1797).

Maîtres du Comtat Venaissin, les papes élargirent leurs domaines par quelques acquisitions dans le courant du xive siècle (Valréas, Visan, etc.).

Si nous jetons les yeux sur une carte de l'État pontifical, nous voyons qu'il occupait plus des deux tiers de la superficie actuelle du département de Vaucluse. A l'ouest, le Rhône le séparait du Languedoc, au sud, la Durance de la Provence. A l'est, sa frontière irrégulièrement tracée partait de la Durance (près Mérendol), suivait les derniers contreforts du Luberon, traversait les montagnes de Vaucluse et englobait le Ventoux, au nord, plus irrégulière encore, elle formait une boucle pour contourner Valréas et atteignait le Rhône entre Pierrelatte et

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le Pont-Saint-Esprit. Il y avait sur le territoire ainsi délimité deux enclaves, où l'autorité du pape ne s'exerçait point : Mondragon dont la souveraineté appartenait aux évêques d'Arles, et la principauté d'Orange. En revanche, le Saint- Siège possédait quelques petites villes situées hors du Comtat : Bonieux, dans le diocèse d'Apt, Vallouse dans celui de Die, Solerieu dans celui de Saint-Paul-Trois-Châteaux, etc.

La capitale du Comtat fut Pernes, à l'origine, et Carpentras, à partir de 1320. Tant que les papes restèrent à Avignon, le pays fut gouverné par un recteur, ensuite par le légat qui résidait à Avignon. Mais, répétons-le, Avignon ne fit jamais partie du Comtat qui avait son administration, ses tribunaux, ses coutumes et ses États.

Pour connaître les mœurs et le gouvernement du Comtat Venaissin en 1789, écoutons les propos qui s'échangeaient dans une auberge de l'Isle-sur-Sorgue, peu de temps avant l'annexion à la France.

Ce jour-là, M. L. P. Bérenger, « membre associé de l'Institut et des Académies de Toulon, Marseille, Vaucluse, Nîmes, Bordeaux, Lyon, Rouen, Besançon et Colmar », lisait Pétrarque sur les bords de la Sorgue, lorsqu'il fit la rencontre d'un Anglais. Celui-ci lui conta l'histoire d'un de ses amis qui avait choisi Vaucluse pour s'y noyer, puis il confia qu'il s'en allait à Naples afin de voir des tremblements de terre et des volcans en feu. Ils furent ensemble jusqu'à l'Isle. L'Anglais fit faire du thé par son valet de chambre. Comme le mistral commençait de souffler, les deux voyageurs restèrent à l'auberge et la conversation tomba sur le Comtat. Voici ce que se dirent M. L.-P. Bérenger et Milord M... :

M... Se peut-il que la France ait rendu cette belle province ? La nature la lui a donnée : ce pays, dépendant d'un autre souverain, forme un voisinage dangereux pour les malfaiteurs,

pour les marchands frauduleux et pour des légions de filles perdues. C'est une école de maximes ultramontaines, qui peut

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