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DE L'ORAISON

CONSIDÉRATIONS

i . Il n'y a rien de plus naturel à l'âme que Dieu. Plus elle le connaît et le goûte, plus elle se sent détachée des objets créés : car elle entrevoit entre les créatures et le Créateur une différence infinie, qui la presse de désirer, de chercher et d'aspirer à être unie à lui. La raison, poussée par sa propre impulsion et convaincue par son expérience, reconnaît bien que Dieu seul peut lui donner du repos, de la joie et du bonheur en cette vie et en l'autre; mais elle rencontre des obstacles qu'il lui faut écarter pour croître dans cette connaissance et dans ce sentiment. Ne doit-elle point s'y porter avec autant de zèle qu'elle y a d'intérêt?

6û8 AVIS SPIRITUELS SUIVIS DE

2. Les trois principaux obstacles sont l'amusement de l'esprit aux bagatelles, les conversations inutiles et le défaut de réflexion sur soi-même. Ces obstacles ressemblent à la boue qui retient une plume attachée au sol ; dès qu'elle en est détachée le moindre souffle l'enlève en l'air. Ainsi l'âme, dégagée de ces obstacles, ne cherche qu'à voler audessus des créatures pour s'élever au Créateur.

3. Dieu nous dispose à ce vol par le moyen nécessaire de l'oraison, à laquelle il nous engage. Elle est comme le battement des ailes par lequel on s'élève à lui; elle a une admirable force pour ôter ces trois obstacles. En effet, se préparer et se présenter simplement à l'oraison, n'est-ce pas d'abord se séparer de la bagatelle? n'est-ce pas se servir de sa raison et la former à se reconnaître soi-même? n'est-ce pas encore briser avec les entretiens inutiles pour rechercher la conversation de Dieu, laquelle une fois goûtée, nous fait mépriser facilement toutes les autres? Quel goût peut-on trouver dans les entretiens des enfants, des paysans ou des insensés après avoir joui de la conversation de personnes très sages? Faut-il donc s'étonner si le parler des hommes est fort indifférent à ceux qui ont une fois goûté la conversation de Dieu? « Une seule de ses paroles fait fondre les cœurs l »; et dans l'oraison, même sans l'entendre parler, « ceux qui s'approchent de ses pieds, ne laissent point que de participer à sa doctrine admirable2».

Enfin, c'est l'oraison qui nous fait rentrer en nous-

1 Anima mea liquefacta est, ut locutus est. Cant. v, 6.

2 Qui appropinquant pedibus ejus, accipient de doctrina illius. Deut. xxxiii, 3.

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mêmes, pour reconnaître ce que Dieu est et ce que nous sommes.

Vous voyez donc que la simple pratique de l'oraison éloigne ces trois obstacles.

4. Mais comme les hommes se connaissent mieux par la conversation que par tout autre moyen, de même Dieu est mieux connu par la conversation de l'oraison que par les autres voies. L'âme le connaît par son instinct naturel, et elle se sent portée à le chercher, de même que le chien de chasse est porté à poursuivre le gibier quand il en a senti la piste. L'âme le connaît aussi par la foi, d'une manière qui purifie la grossièreté de l'esprit, qui l'élève, l'arrête, l'occupe, le console et le met dans l'admiration ; mais par la conversation de l'oraison la foi et le sens naturel de l'âme reçoivent l'aliment qui les nourrit et perçoivent clairement la vérité ; et alors on expérimente ce que dit S. Paul : « La parole de Dieu est vive, efficace et plus pénétrante que tout glaive à double tranchant1 »; et l'on se sent porté, comme la reine de Saba le disait de Salomon, à proclamer que tout ce qu'on a entendu dire n'est rien en comparaison de ce qu'on expérimente soi-même.

5. Si donc l'âme aspire bien à cette divine conversation, elle se verra bientôt au-dessus des bagatelles et des entretiens inutiles, et elle n'aura pas de plus grand plaisir que de pouvoir rentrer en soi-même pour y converser avec Dieu. Le Seigneur dit : «Ma maison est une maison d'oraison 2 » ; or puisqu'il

1 Vivus est sermo Dei, et efficax, et penetrabilior omni gladio ancipiti. Hebr. iv, 12.

2 Domus mea domus orationis est. Luc. xix, 46.

vous y a placée, n'est-ce donc point pour que vous soyez vous aussi une personne d'oraison ?

Confessez à Dieu avec David que vous savez bien « que votre âme est demeurée attachée à la terre ' » par la boue de son corps ; et devant le Seigneur épanchez les désirs de votre cœur, comme le faisait le Psalmiste qui s'écriait : « Qui me donnera, mon Dieu ! les ailes de la colombe, et je volerai et je me reposerai en vous 2 ? »

Admirez la bonté de Dieu qui met tous ses biens à la disposition de l'oraison, qui veut bien permettre que nous lui parlions librement, familièrement, et qui daigne entrer en conversation avec les hommes, en leur communiquant le sentiment tranquille de sa présence qui rend l'âme tout occupée de lui, et en les pénétrant des impressions intimes de la vérité que l'âme contemple, qu'elle croit et qu'elle admire; et vous vous écrierez : « O Seigneur, parlez, car votre serviteur vous écoute 3 ».

Remerciez et bénissez Dieu, en reconnaissant que la nécessité de recourir à lui par l'oraison, dans laquelle il vous a mise, est une marque qu'il veut vous donner beaucoup.

Reconnaissez que votre état et votre persévérance dépendent de sa grâce, et que, puisque vous en avez un extrême besoin, il veut que vous deman-

1 Adhaesit pavimento anima mea. Ps. cxvm, 25.

2 Quis dabit mihi pennas sicut columbae, et volabo, et requiescam ? Ps. liv, 7.

3 Loquere, Domine, quia audit servus tuus. I Reg. m, 9.

MÉDITATIONS SUR l'ÉTAT RELIGIEUX 6ll

diez : car ce n'est qu'en demandant qu'on obtient de lui. O Seigneur ! c'est votre propre parole qui nous le signifie : « Demandez, et vous recevrez ' »; et encore : « Demandez, et il vous sera donné 2 ».

Pensez que Jésus vous adresse ces paroles de l'Evangile : « Si un enfant demande du pain à son père, lui donnera-t-il une pierre au lieu de pain ?... Si donc vous, qui êtes méchants, vous savez donner ce qui est bon à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père céleste donnera-t-il le bon esprit à ceux qui le lui demandent3? » Mais reconnaissez devant le Seigneur qu'il joint ces trois choses ensemble au même Evangile : « Demandez, cherchez, frappez4 », et dites avec effusion de cœur que vous admirez en cela un secret de sa paternité qui se plaît à se voir importuné, et qu'il vous apprend qu'il faut demander avec humilité, chercher avec assiduité et tranquillité, et s'obstiner à frapper avec une persévérance pleine de confiance qui ne saurait être éconduite. Oh ! non, mon Seigneur ! car vous dites positivement : Demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. O mon Sauveur! il faut donc que ces trois choses soient observées dans mon oraison.

Souvenez-vous enfin des paroles et des sentiments de la Chananéenne (voir Evangile de S. Mat-

1 Petite, et accipietis. Joann. xvi, 24.

2 Petite, et dabilur vobis. Matth. vu, 7.

3 Quis ex vobis patrem petit panem, numquid lapidem dabit illi p.... Si ergo vos, cum sitis mali, nostis bona data dare filiis vestris : quanto magis Pater vester de cœlo dabit spiritum bonum petentibus se ? Luc. xi, 11, i3.

* Petite, et dabitur vobis ; quasrite, et invenietis ; pulsate, et aperietur vobis. Ibid., 9.

6l2 AVIS SPIRITUELS SUIVIS DE

thieu, xv, 22 et suiv.), et servez-vous-en pour l'oraison.

RESOLUTIONS

i° De demander la grâce de vous tenir devant Dieu dans l'oraison de la manière qu'il l'ordonne et qu'il le désire.

2° De rechercher cette grâce par une effusion vive de vos désirs.

3° De frapper avec une persévérance fidèle à la porte de votre Père céleste.

EXAMEN

i° Voyez si vous cherchez Dieu purement, dans l'oraison, sans vous attacher à votre satisfaction.

2° Si vous ne vous laissez point préoccuper de votre propre sens touchant l'état de votre oraison, et si vous suivez les avis qu'on vous a donnés sur ce sujet.

3° Si vous ne vous livrez point à la recherche curieuse de lectures diverses, de celles surtout qui traitent le plus subtilement de cette matière : car souvent il n'y a rien qui occupe plus l'esprit de luimême et qui le dispose davantage à s'attribuer des états intérieurs qu'il n'a point, et même qu'il ne connaît qu'en imagination. On ne devient ici savant que par la pratique.

4° Si vous examinez votre oraison d'après votre fidélité dans la pratique, ne faisant cas que de ce qui vous rend plus fidèle à Dieu.

MÉDITATIONS SUR l'ÉTAT RELIGIEUX 6 I 3

BOUQUET SPIRITUEL

i° « Oratio humiliantis se, nubes penetrabit ; et donec propinquet, non consolabitur ; et non discedet, donec Altissimus aspiciat. » Eccli. xxxv, 21. — La prière de celui qui s'humilie pénétrera les cieux ; elle ne se désistera point qu'elle ne soit parvenue jusqu'à Dieu, et elle ne se retirera point qu'il ne l'ait regardée d'un œil favorable.

2°« Elias homo erat similis nobis passibilis, et oratione oravit ut non plueret super terram, et non pluit annos très et menses sex. » Jacob, v, 17. — Elie était un homme sujet comme nous à toutes les misères de la vie; il pria Dieu qu'il ne plût point, et il cessa de pleuvoir sur la terre durant trois ans et six mois.

3° « Hase est fiducia, quam habemus ad eum : quia quodeumque petierimus secundum voluntatem ejus, audit nos. » I Joann. v, 14. — Ce qui nous donne de l'assurance envers Dieu, est qu'il nous exauce en tout ce que nous lui demandons de conforme à sa volonté.

QUATRIEME MEDITATION

DE L'ABANDON DE SOI-iWEME AU BON PLAISIR DIVIN.

CONSIDÉRATIONS

1. Dieu a tout créé pour sa gloire, il remplit le ciel et la terre, « et il fait tout selon les conseils de

sa volonté l ». De là nous avons une grande obligation de ne déroger en rien à ses desseins, de ne rien vouloir enlever à sa gloire, de ne rien occuper de ce qu'il remplit, et de ne vouloir jamais apporter la moindre raison contraire à ses conseils : or cela ne se peut faire que par l'entier abandon de nousmêmes.

2. Rien ne pouvait être plus soumis, plus abandonné à Dieu que le rien même ; nous en a-t-il tirés pour lui être moins soumis que lorsque nous y étions? Sa Providence n'a point cessé d'un seul moment d'étendre ses soins sur nous ; elle a pourvu à nos besoins et nous a secourus en toutes choses, et si elle nous avait abandonnés, que serions-nous devenus? Elle a donc droit à notre soumission totale et abandon parfait, et cela en vertu d'un droit rigoureux et par titre de possession. Aussi il n'y a rien de plus juste que de s'abandonner à Dieu, et sans injustice nous ne saurions faire la moindre réserve en notre abandon.

3. L'abandon est un devoir de notre espérance qui doit l'accompagner partout. Voyons en effet ce que nous attendons de Dieu par l'espérance : nous espérons tout ; il faut donc nous abandonner entièrement : car si notre abandon ne correspond à notre espérance, nous y mettons obstacle.

4. Que sommes-nous à nous-mêmes? Que pouvons-nous sur nous-mêmes? Rien. N'est-ce donc pas un grand bien de quitter la misère de notre néant pour trouver le secours, la conduite et la pro-

1 Operatur omnia secundum consilium voluntatis suae. Ephes. i, 1 1 .

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tection dans Celui qui est tout? Mais cela ne se peut obtenir que par l'abandon : car la sainte Ecriture en maints endroits nous apprend à prier Dieu de nous secourir et de ne point nous délaisser. L'expérience également nous montre la nécessité que nous avons du secours divin. Or rien ne peut davantage attirer et nous mériter l'application de celui qui a voulu être notre tout, pour nous secourir en toutes choses, qu'un entier abandon de nous-mêmes. Ainsi en effet nous l'engageons à étendre ses soins sur" nous, et cela d'autant plus que nous nous présentons à lui comme des abandonnés : car de même que notre compassion est excitée à l'égard des délaissés plus encore que des autres, de même les entrailles de Dieu s'émeuvent davantage sur les âmes qui lui sont entièrement soumises et abandonnées.

5. Cet abandon est encore l'unique moyen pour avoir la paix : car quelle paix véritable pouvonsnous trouver dans nos propres soins, dans nos désirs, dans nos volontés personnelles? Tout s'y trouve court, faible, plein de fatigues et d'inquiétudes ; mais si Dieu nous est tout en toutes choses, notre abandon aura toujours la consolation de la paix, qui ne quittera point le fond de l'âme. Pouvons-nous donc jamais rien faire de plus utile et de plus charitable pour nous que de nous abandonner à Dieu ?

6. Que gagnerons-nous à vouloir mettre quelque réserve à notre abandon, puisque tout se fera toujours selon le conseil de la volonté de Dieu? Jésus- Christ a voulu nous en donner un parfait exemple dans celui qu'il a fait sur la croix, où il a pratiqué

rigoureusement la justice, la charité et l'éloignement de toute réserve. Il est mort dans l'abandon ; « voyons et imitons cet exemple qui nous a été montré sur la sainte montagne ' »; car appartenonsnous moins à Dieu que Jésus-Christ?

AFFECTIONS

Confessez à Dieu que vous lui devez tout par justice, et exposez-lui le désir que vous avez de lui rendre tout par amour. O mon Dieu ! ce serait un larcin que je ferais à votre gloire, à votre immensité et à votre sainte volonté, si je voulais réserver quelque chose dans l'hommage que je vous dois de mon abandon absolu.

Répétez du fond du cœur devant lui ces paroles du Psalmiste : « Seigneur, j'ai été jeté entre vos bras dès le sein de ma mère ; depuis ma sortie de ses entrailles vous êtes mon Dieu 2 ». Dites encore ces autres paroles : « Mon père et ma mère m'ont délaissé ; mais le Seigneur m'a pris sous sa protection 3 ». Voyez de quelle manière il a pratiqué cela sur vous depuis votre naissance.

Entretenez-vous avec lui de votre espérance ; expliquez-lui tout ce que vous attendez de lui, et, écoutant ce qu'il peut vous répondre, croyez bien que c'est l'abandon le plus entier, le plus parfait.

Avouez-lui qu'il n'y a rien de plus juste, que

1 Inspice, et fac secundum exemplar quod tibi in monte monstratum est. Exod. xxv, 40.

2 In te projectus sum ex utero ; de ventre matris meœ Deus meus es tu. Ps. xxi, 1 1 .

3 Pater meus et mater mea dereliquerunt me ; Dominus autem assumpsit me. Ps. xxvi, 10.

MÉDITATIONS SUR l'ÉTAT RELIGIEUX 6 I 7

vous lui devez votre soumission non seulement en vertu d'un droit rigoureux et par titre de possession, mais encore par raison de satisfaction pour vos péchés. O mon Dieu ! Jésus s'est livré tout entier ; il s'est abandonné pour satisfaire à votre justice, et de quelle manière, Seigneur !

Aussi bien, puisque je n'ai rien qui vous puisse satisfaire, au moins je me livre moi-même à cause du respect que je dois à son abandon et à cause de l'obligation que j'ai de présenter à votre miséricorde tout ce que je peux, comme je vous dois tout ce que je suis.

Pesez ces paroles que David dit à Dieu : « Seigneur, soyez mon aide et mon secours ; ne me délaissez point et ne me méprisez point, ô Dieu qui êtes mon Sauveur x ». Dites-les de cœur, en reconnaissant devant lui ces deux vérités :

i° Que les conseils de sa volonté sont sages et justes, et qu'ils ont le pouvoir en main pour exécuter ce qu'ils ont déterminé; mais que les vôtres sont fort ignorants et peu raisonnables : car ils sont sujets à de grandes erreurs, et ils ne peuvent rien accomplir contre ceux de Dieu. O Seigneur ! quelle comparaison établir entre vos conseils et les miens ? Aussi quel avantage n'y a-t-il pas à s'abandonner à votre sagesse ?

20 Que vouloir lui être soumis et abandonné pour ses secours, sans l'être pour tout ce qui est de son bon plaisir, c'est le vouloir traiter comme un serviteur à gages.

Répandez encore votre cœur devant Dieu sur ces

1 Adjuîor meus esto ; ne derelinquas me, neque despicias me, Deus salutaris meus. Ps. xxvi, 9.

paroles de l'Ecriture : « Quel est celui qui a résisté au Seigneur et qui a pu avoir la paix * ? » O Seigneur ! où trouver la paix hors de vous? Comment en avoir, ayant sur les bras une puissance semblable à la vôtre ?

Reconnaissez que vouloir contredire à Dieu, ou faire des réserves, ce n'est que s'accumuler des douleurs : car la contradiction de notre volonté sera non seulement très inutile pour empêcher quoi que ce soit, mais encore très propre à augmenter l'affliction par la contrariété qu'elle éprouve de plus en plus dans ce qui lui arrive malgré elle.

RÉSOLUTIONS

Proposez-vous l'abandon entier à Dieu sur tout, mais spécialement sur votre état intérieur. Ecoutez David et dites avec lui : « Quoi ! mon âme ne serat-elle pas soumise à Dieu, puisque c'est de lui que vient mon salut2?»

EXAMEN

i° Faites-le sur l'état où vous trouvez votre volonté, et voyez si elle veut s'attacher à la vie, à soi-même, à sa propre satisfaction, ou à quelque créature.

2° Si elle ne voudrait point que Dieu n'y touchât que d'une certaine manière.

1 Quis restitit ei, et pacem habuit ? Job ix, 4.

2 Nonne Deo subjecta erit anima mea? ab ipso enim salutare meum. Ps. lxi, 2.

MÉDITATIONS SUR l'ÉTAT RELIGIEUX 6ig

3° Si elle ne consent point volontiers qu'il dispose de tout ce qui la regarde, comme en étant le maître absolu.

BOUQUET SPIRITUEL

i° « Tibi derelictus est pauper, orphano tu eris adjutor. » Ps. x, 14. — Le pauvre s'est abandonné entre vos mains; vous serez le protecteur de l'orphelin.

20 « Quo ibo a spiritu tuo? et quo a facie tua fugiam ? Si ascendero in ccelum, tu illic es ; si descendero in infernum, ades. » Ps. cxxxvm, 7, 8. — Où irai-je me cacher loin de votre esprit? où fuirai-je de devant votre face? Si je monte dans le ciel, je vous y trouve; si je descends aux enfers, vous y êtes présent.

3° « Et nunc, Domine, Pater noster es tu, nos vero lutum ; et hxtor noster tu, et opéra manuum tuarum omnes nos. » Is. lxiv, 8. — Et maintenant, Seigneur, vous êtes notre Père, et nous ne sommes que de l'argile; c'est vous qui nous avez formés, et tous nous sommes les ouvrages de vos mains.

CINQUIEME MEDITATION

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