‹ Avis spirituels et méditationsChapitre 14 sur 164 · SUR L'EXAMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

SUR L'EXAMEN DE CONSCIENCE

A une personne séculière.

J'ai toujours lu avec un singulier respect ces paroles de S. Paul : « Si nous nous jugions nousmêmes, nous ne serions pas jugés ' » ; car elles nous apprennent que Dieu est si débonnaire envers nous qu'il nous veut faire juges en notre propre cause, pour tourner le jugement en notre faveur, et qu'il est si équitable qu'il ne veut pas nous imposer son jugement, sinon en nous rendant témoins et convaincus qu'il exige de nous beaucoup moins que nous ne le méritons pour nos fautes.

C'est ce que le même saint Apôtre explique par les paroles suivantes du même texte : « Quand, dit-il, le Seigneur, Père de miséricorde, porte son jugement sur nous, il nous corrige en Père, pour ne point être contraint de nous damner avec le monde 2 ».

David connaissait bien cette pratique de la bonté divine, car il dit à Dieu hardiment : « J'ai fait juge-

1 Quod si nosmetipsos dijudicaremus, non utique juJicaremur. I Cor. xi, 3i .

2 Dum judicamur autem, a Domino corripimur, ut non cum hoc mundo damnemur. Ibii., 32.

ment et justice; ne me livrez pas entre les mains de mes adversaires ' ».

Si nous nous condamnons par avance, sa miséricorde traitera avec nous ; mais si nous nous faisons contraindre par justice, tout sera perdu.

Je suis réjoui de vous voir remplie du désir d'exercer sur vous ce même jugement (l'examen de conscience en fait la procédure, la contrition en fait la conviction et le jugement et le ferme propos de s'amender, joint à l'esprit d'une humble pénitence qui se porte à crucifier la concupiscence de l'homme animal, et la propre volonté en fait l'exécution de la justice); mais il faut tâcher de vous délivrer des difficultés qui vous inquiètent, et troublent ce bon désir.

Je n'ai pas bien compris si c'est dans l'examen de conscience qui se fait pour la confession, ou bien si c'est dans celui du soir, ou encore dans celui des vertus, que vous souffrez cette peine dont vous me parlez; mais pour ne rien omettre, nous dirons un mot de chacun de ces trois examens.

ARTICLE PREMIER

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