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DE L'EXAMEN DE CONFESSION

Les mêmes racines, d'où naissent les peines de l'oraison, sont aussi celles qui font les souffrances de l'examen ; et ainsi ce qui sert de remède à l'une, sert aussi de remède à l'autre. Il faut néanmoins

1 Feci judicium et justitiam : non tradas me calumniantibus me. Ps. cxviii, 121.

avouer que ce qui cause souvent le plus de peine dans les examens, c'est l'indiscrétion d'une âme ardente, qui croit toujours n'avoir jamais fait assez.

Cette erreur doit être détruite par l'assurance que Dieu ne se plaît pas aux pointilleries d'esprit : car il est bon et sincère, et son Esprit n'aime pas la chicane. Il sait ce que nous sommes, et pourvu que de bonne foi et sans trop subtiliser nous apportions une bonne, cordiale et amoureuse modération dans notre diligence, il s'en contenté; et puisqu'il s'en contente, nous devons nous en contenter aussi; mais cette erreur doit être détruite par l'instruction.

J'ai lu l'instruction que le R. P. D. L*** vous a donnée touchant l'examen qui se fait pour la confession. Il n'y a rien à y ajouter, tant elle est solide et bien expliquée ; mais pour vous aider à en faire encore mieux l'application à l'état dans lequel je vous vois, je vous dirai que votre examen doit se faire : avec tranquillité, pour éviter l'inquiétude et la confusion ; avec exactitude, pour éviter la négligence ; avec force, pour éviter le scrupule et la lâcheté dans la pratique des résolutions de vous amender.

La tranquillité doit naître de la persuasion de la bonté de Dieu et de l'espérance du pardon ; et ce qui lui est contraire, doit être attribué ou à la passion, ou à l'estime de soi-même, ou à un chagrin impatient qui ne tend qu'à faire perdre le courage.

L'exactitude doit naître du regret d'avoir offensé une si grande et si aimable bonté ; et son contraire doit être attribué à la dureté du cœur, ou à la faiblesse du regret, qui marque la lâcheté d'une âme

qui est rampante contre terre ; mais cette exactitude doit être observée avec la bonne foi que nous venons de vous recommander.

La force enfin doit naître de l'amour et de la confiance en Dieu ; et il faut attribuer ce qui lui est opposé à la crainte servile et à l'amour déréglé de soi-même et des créatures.

Vous pouvez donc connaître par la nécessité d'éviter les contraires, combien il importe de donner à votre examen ces trois qualités de tranquillité, d'exactitude et de force, car autrement il sera défectueux.

Le Révérend Père vous marque cinq défauts qui se rencontrent dans l'examen ; ce sont les suivants :

i° Le désordre : il se corrige par l'ordre, qui aide la mémoire à se rappeler les péchés ; et cela d'abord en s'examinant sur les péchés capitaux, puis sur les commandements l'un après l'autre, et ainsi du reste.

20 L'empressement : il se corrige par la tranquillité d'esprit, et par le choix d'un temps propre à faire son examen à loisir.

3° La flatterie, qui invente des prétextes et des excuses ; ce défaut se corrige par la défiance de notre amour-propre, et Ton évite ainsi ces déguisements.

40 La dissimulation, qui détourne les yeux de la connaissance de plusieurs choses que nous ne voulons ni condamner, ni abandonner. Ce défaut se corrige par l'ouverture entière d'un cœur qui regarde Dieu comme une lumière pénétrant jusqu'au fond des ténèbres, qui le prie aussi de l'éclairer, et qui, pour ne point se tromper soi-même

dans les choses douteuses, a recours au conseil des personnes qui en peuvent donner avec sagesse.

5° L'excès est le cinquième défaut qui fait qu'on n'est jamais content en la recherche de ses fautes. Il se corrige par l'instruction et par la confiance.

Voilà pour l'examen de confession ; nous n'en dirons rien de plus.

ARTICLE II

de l'examen quotidien du soir.

Quant à l'examen du soir, disons que les péchés mortels se connaissent assez d'eux-mêmes, et qu'à moins d'avoir un cœur si endurci qu'il soit devenu insensible, l'idée en doit revenir tout d'abord. Mais pour ces péchés nous souhaitons de tout cœur que Dieu nous tue plutôt d'un bon coup de sa main que de nous y voir tomber.

Les péchés véniels volontaires paraissent aussi assez à une âme qui a quelque sentiment de Dieu et du respect que lui doit sa créature; mais à celle qui est fidèle, qui a un véritable désir de croître toujours en son amour, et qui aimerait mieux la mort que le péché mortel, il faut lui recommander de ne pas s'empresser et de ne pas faire un trop grand effort d'esprit pour reconnaître tous les petits défauts qui lui ont échappé dans ses actions du jour et qui ne se découvrent que par une forte application, parce que cette violence lui serait inutile et lui ferait peut-être tort, en rendant sa conscience trop timorée et trop inquiète.

La principale disposition qu'on doit apporter à

l'examen, c'est un vrai regret d'avoir déplu à Dieu. Ce regret doit être plein d'amour et de confiance, et accompagné d'une généreuse résolution de s'amender moyennant sa grâce.

Si donc, après avoir fait une bonne réflexion sur ses actions, selon les règles d'une sage modération, et après avoir reconnu les défauts les plus saillants, l'âme ne découvre plus rien, il faut qu'elle conclue son examen par ces deux dispositions, du regret et de la résolution de s'amender, et qu'elle demeure en paix. Il arrive en effet souvent que plusieurs bonnes âmes ne peuvent pas se livrer à cette perquisition pénétrante pour deux raisons : la première est une certaine disposition qu'elles ont naturellement à la confiance ; et comme cette confiance est confirmée par la connaissance que la foi leur donne de celle qu'elles doivent avoir en Dieu, et par la volonté, et par l'habitude qu'elles en ont, elles éprouvent une si grande répugnance pour les recherches faites avec ce qui a la simple apparence de sollicitude et de scrupule, qu'elles en sont comme incapables.

La seconde raison est une disposition de la Providence, qui jette quelquefois ces ténèbres sur leurs esprits, de peur que le scrupule n'y entre ou la vaine complaisance.

ARTICLE III

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