C. Amour de Dieu prouvé par ses bienfaits
Quant aux bienfaits qu'il nous prodigue, nous n'avons qu'à ouvrir les yeux sur ceux qu'il donne sans cesse aux hommes, nonobstant leurs ingratitudes : témoin ce soleil qu'il fait lever sur les bons et les méchants, etc..
Mais considérons plutôt ces bienfaits, ces secours plus intimes, qui se rapportent plus directement à notre salut, et qu'il répand sur nous sans jamais se rebuter. Voyez avec quelle patience son amour nous a attendus, nous a recherchés et conservés ; admirez comment sa grâce nous éclaire et nous soutient, et comment sa protection nous garde et nous délivre, et cela sans se lasser ni diminuer, ni cesser ses secours et ses bienfaits.
Aussi bien, à la vue de ces vérités qui doivent convaincre une âme de l'amour que Dieu a pour elle, cette âme ne doit concevoir que des sentiments et ne produire que des actes volontaires :
i° De reconnaissance pour les bienfaits reçus de ce Dieu d'amour, et par suite ce qu'il mérite et ce qu'elle lui doit formera en elle un regret plein de confiance et d'amour filial.
20 De gratitude encore à la pensée de cet amour qui, étant en soi toujours le même et toujours parfait, ne peut changer malgré l'infidélité des créatures.
3° D'un hommage et d'un abandon plein de confiance, à cause de l'estime que mérite un amour qui lui a montré par paroles, par œuvres et par bienfaits, qu'il était prêt à tout faire, à tout donner, à tout souffrir pour son salut.
l5o AVIS SPIRITUELS SUIVIS DE
Ne nourrissez donc rien dans votre âme et dans vos sentiments qui soit opposé à cette vérité, et rejetez comme une fausseté tout ce qui vous y paraîtra contraire.
Si nous songeons au passé autrement que pour jeter nos péchés dans l'abîme de son amour; si nous pensons au présent autrement que pour mettre en lui notre confiance ; si nous regardons l'avenir autrement que pour lui confier nos soins et nos espérances, nous n'aurons jamais les sentiments que son amour demande de nous.