SEPTIEME LEÇON
Texte. — « Qui timetis Dominum, crédite illi ; et non evacuabitur merces vestra. » Eccli. n, 8.
Paraphrase. — Vous qui craignez le Seigneur, croyez fermement à sa parole ; et vous ne perdrez rien de la récompense de votre travail.
Réflexions. — La vérité de Dieu est en tout temps et en toutes choses aussi entière qu'elle est infaillible; elle n'est pas sujette à changer, parce qu'elle n'est capable ni d'erreur, ni de fausseté. Si la tentation nous en ôte le sentiment, nous ne devons point nous en troubler, mais demeurer fermes dans le respect que nous devons à sa parole, et par une volonté constante et résolue consentir pleinement à l'assurance que la foi nous donne qu'il a un soin paternel de ceux qui le veulent aimer et servir fidèlement.
Ne craignons pas, âme pieuse, de rien perdre de notre peine, si nous sommes dans cette résolution : car elle sera bien récompensée. Mais si dans le cours de la tentation nous commençons à hésiter, à trembler, peut-être nous arrivera-t-il comme à S. Pierre, qui enfonça dans l'eau aussitôt qu'il commença de douter, et il aurait été entièrement submergé, si la remontrance efficace de son Maître n'eût réveillé sa foi, en même temps qu'il lui tendit la main pour le soutenir. Mais si notre doute et notre hésitation augmentaient, nous perdrions en un seul moment le fruit de nos labeurs et de nos peines passées, et ainsi notre récompense serait anéantie.
Notre auteur sacré attribue la récompense à la foi, et c'est justice : car c'est elle qui fait en nous la première destruction de nous-mêmes, en mettant l'entendement comme en captivité, et en nous faisant quitter notre propre sens pour suivre la vérité suprême. Or, il est de toute justice que ce qui a été le premier à faire les frais soit aussi le premier à recevoir la récompense.