DOUZIÈME LEÇON
Texte. — « Vae dissolutis corde, qui non credunt Deo : et ideo non protegentur ab eo. » Eccli. h, i 5.
Paraphrase. — Malheur à ceux dont le cœur s'est affaibli et relâché, faute de croyance en la fidélité de Dieu, parce qu'ils ne ressentiront pas les avantages de sa protection.
Réflexions. — Ici notre auteur parle aux spirituels attiédis, qui pour n'avoir pas pratiqué fidèlement les règles de la milice spirituelle qu'il
a données, sont devenus si faibles dans leurs espérances qu'ils n'attendent presque rien de la protection de Dieu. Ils pensent plutôt à esquiver le combat de la tentation par quelque moyen naturel qu'à jeter leur confiance dans le sein de la divine Providence. Ils n'ont en Dieu qu'une espérance faible et douteuse, et ils ne traitent pas sa protection avec l'estime et le respect qu'elle mérite : n'est-il donc pas juste qu'ils soient laissés à leur propre conduite, à proportion qu'ils s'éloignent de la confiance qu'ils doivent à celle de Dieu? Ils tomberont peu à peu dans un état plus déplorable encore : car ils ressemblent aux malades qui ne prennent pas de nourriture, et enfin ils mettront même leur salut en danger, à moins qu'ils ne recourent de nouveau à l'espérance en Dieu : « celui en effet qui espère dans le Seigneur change sa force», et au lieu d'une puissance naturelle Dieu lui accorde une force surnaturelle, « qui donne des ailes pour voler comme les aigles et ne point défaillir l ».