‹ Avis spirituels et méditationsChapitre 79 sur 164 · QUINZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON

Texte. — «Qui timent Dominum, prœparabunt corda sua, et in conspectu illius sanctificabunt animas suas, » Eccli. n, 20.

Paraphrase. — Ceux qui craignent Dieu prépareront leurs cœurs, et ils travailleront à rendre leurs âmes plus pures et plus saintes, en marchant toujours en sa présence.

Réflexions. — La préparation du cœur, qui est nécessaire pour se gouverner prudemment dans la tentation, est décrite dans les premiers versets de ce chapitre; et je vous ai déjà marqué ailleurs quelle préparation doit être la vôtre pour diriger toutes les actions de votre vie selon les règles de

la droite raison. J'ajouterai donc seulement ici une remarque : c'est que pour conserver et entretenir le cœur dans sa préparation, il faut le tenir vide de toute attache désordonnée aux créatures, afin que rien n'empêche l'âme de rechercher uniquement la volonté de Dieu. De là se produiront les deux grands biens qui sont ici marqués par notre auteur, à savoir : un véritable progrès dans la perfection, qui en augmentera toujours le désir, et une grande facilité dans l'exercice de la présence de Dieu.

L'âme qui se sera instruite par l'expérience et aura acquis des connaissances dans le combat de la tentation, se trouvera toute disposée à voir Dieu en elle-même par une simple appréhension de l'intelligence ou par un seul regard de foi vive, sans avoir besoin de se former quelque idée sensible, ni de se bander l'esprit avec violence, comme font souvent les novices et les commençants, qui apprennent par l'expérience que Dieu se cherche bien mieux avec douceur d'esprit qu'avec contention : car la première contient plus d'humilité et de grâce, et la deuxième dénote beaucoup plus d'humain et d'amour-propre.

Remarquez, âme pieuse, que tout va ici de suite et s'enchaîne parfaitement. En effet le cœur, ainsi bien préparé et vidé de toute attache désordonnée, ayant fait place à Dieu, l'aperçoit dans soi-même ; et alors le respect, la suavité et le secours de sa sainte présence parfaitement reconnue portent l'âme à courir vers ce qui peut l'unir à lui plus intimement.

MÉDITATIONS SUR l'ÉTAT RELIGIEUX 335

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