‹ Avis spirituels et méditationsChapitre 92 sur 164 · PS. XXI, IO · texte numérisé non relu

PS. XXI, IO

2 Notam fac mini viam in qua ambulem : quia ad te levavi animam meam. Ps cxlii, 8.

3 Domine, ante te omne desiderium meum, et gemitus meus a te non est absconditus. Ps. xxxvn, io.

diriger et vous gouverner, et cela s'effectue par la perspicuité ou transparence de l'âme, dont vous avez souvent ouï parler. Cette qualité n'est rien autre chose qu'une pratique sincère d'obéissance et d'ouverture de cœur envers ceux qui, surtout dans l'état religieux, sont choisis pour s'appliquer à diriger les âmes dans l'accomplissement des desseins de Dieu.

Cette soumission fidèle de l'âme dans la pratique de la perspicuité, ou ouverture de cœur, attire de grands secours pour bien faire le discernement des conseils divins; mais pour en éloigner l'imprudence indiscrète, observez ce triple avertissement :

i° Portez votre âme comme entre vos mains, afin d'en exposer l'état à ceux qui sont députés pour la connaître et pour la gouverner; mais faites cela simplement et de bonne foi, c'est-à-dire en omettant les recherches scrupuleuses ou curieuses, et sans entrer dans des détails superflus, qui doivent même être absolument retranchés en certaines matières, où il suffit de dire les choses en gros et d'une manière sommaire, à moins que l'on n'ait besoin de conseil particulier.

20 Dans les doutes, les peines et les difficultés où l'on se trouve sur quelque matière que ce soit, il faut les proposer ingénument, pour recevoir les avis et les éclaircissements : car il est dangereux pour les âmes non exercées de se fier sur ce sujet à leur propre jugement. En voulant examiner, toutes seules, leurs difficultés et les résoudre, elles tombent souvent dans l'erreur, dans l'obstination et dans un aveuglement qui leur donne beaucoup de tracas, et ainsi, à leurs dépens, elles apprennent l'importance de ce conseil.

3° Il faut éloigner de cette pratique la gêne et la contrainte causée par la frayeur du péché : car ici il ne s'agit que d'un conseil, dont l'omission n'est pas un péché ; mais en l'omettant, on se prive de l'avantage d'un moyen très propre pour aller à Dieu, pour connaître sa volonté et la bien accomplir. On se délivre aussi par cette pratique de beaucoup d'embarras et d'anxiétés d'esprit.

Cette ouverture de cœur doit donc être faite avec une sainte liberté d'esprit, qui la mesure sur 1er règles de l'amour et non pas sur celles de la crainte du péché : car, je le répète, il n'y a pas ici d'obligation sous peine de péché, à moins qu'une âme ne veuille demeurer dans l'ignorance volontaire d'une chose qu'elle doit savoir. Mais, dans tous les cas, il faut animer cette sincère ouverture de cœur, que nous appelons perspicuité ou transparence de l'âme, il faut, dis-je, l'animer et la vivifier par l'intention de plaire à Dieu, et cela au moyen de l'humilité et de l'obéissance, dont nous voulons lui donner la preuve par l'exercice de cette pratique. Animée de cette intention, elle attirera le regard bienveillant et le secours de Dieu, sinon elle ne serait qu'un corps sans âme.

ARTICLE III

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