Lettre h M. Marie, 22 mars
trouver dans le passé quelque image, il lui semblait qu'il fallût redescendre jusqu'aux convoitises sauvages qui précipitaient les Barbares sur le monde romain. A ses yeux c'était la civilisation elle-même qui périssait, et il n'espérait pas que la France vieillie fût d'âge ni de force à la sauver avec les seules ressources de la raison et de la liberté.
« Si la main de Dieu ne nous arrête sur la pente de l'abîme, écrit-il au mois de mai 1849, combien faut-il encore de temps pour que nousy tombions complètement? Un esprit de vertige s'est emparé de ce malheureux pays, et le pousse fatalement à sa ruine.... Le socialisme a fait d'effrayants progrès, et je crains bien que ce peuple insensé ne puisse être guéri de son délire qu'après avoir mis à l'épreuve ces doctrines désolantes qui ne laisseront que des ruines après elles. Quand toutes les digues sont rompues, qui peut arrêter le torrent? Et les digues peuvent-elles êtres réparées par les mains qui les ont brisées'? »
Quand elle s'arrête sur notre vieux monde pour le perdre ou pour le sauver, « la main de Dieu », que l'âme religieuse de Sapey entrevoyait au-dessus de l'abîme, ne se manifeste plus par des signes aussi clairs qu'autrefois. Il est permis de ne pas la reconnaître toujours à ses premiers coups; et les passions des hommes semblent tenir une grande place dans les changements qu'elle accomplit. Un an après, il était facile de voir quelle serait la main mortelle qui fermerait, au moins pour un temps,