‹ Avocats et magistratsChapitre 14 sur 43 · Etude siii' G. Duvair · texte numérisé non relu

Etude siii' G. Duvair

2. Ces deux ouvrages ont inspin- à M. le conseiller 0. Pinard un des chapitres les plus ingénieux de son beau livre le Barreau au XIX' siècle. Voir aussi, sur ces ouvrages de Sapey, un article de M. Cli. Jourdain, Revue contemporainp du 31 juillet 18o8, et un article de M. Léon Feugère. Revue encyclopédique, avril 1847.

place à part dans noire histoire, ou plutôt qui a eu ellemême, comme une nation, son histoire, ses mœurs, sa langue, son génie et sa foi.

Avant la naissance de Lemaistre, ses tantes Angélique et Agnès avaient pris le voile dans l'antique couvent de Port-Royal des Champs. Quelques années après, son aïeule et sa mère les y allèrent rejoindre. Quatre femmes ouvrirent ainsi cette marche pieuse et bizarre qui bientôt entraîna la famille tout entière, et plus tard cette foule de pénitents illustres et de belles pécheresses qui venaient offrir à Dieu les restes de leur gloire, de leur ambition ou de leurs amours.

A vingt ans, Lemaistre était avocat, et dès son début il n'avait plus de rivaux.

A vingt-neuf ans sa gloire était à son comble. Quand il plaidait, les courtisans se pressaient à la grand'chambre, et le soir, l'hôtel de Rambouillet retentissait de ses louanges. Le chancelier Séguier lui envoyait des brevets d'avocat général et de conseiller d'État ; et « le grand Balzac, dont les lettres dispensaient la renommée, le comparait à Périclès ' ».

Jeune, riche, célèbre, il ne lui manquait plus que d'être heureux. Il voulut épouser une jeune fille sage et de bonne maison. Dans une autre famille, personne n'aurait vu là, sans doute, une témérité scandaleuse; mais chez les Arnaud, c'était différent. A qui Lemaistre pouvait-il confier son dessein? Son aïeul était mort; son père était un homme vulgaire, vivant seul, vicieux, et, qui pis est, hérétique. Sa famille, c'étaient son aïeule, sa

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