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Saper, Etude sur Lemaistre

CHARLES SÂPEY. 83

mère, ses tantes, tout Port-Royal enfin. « Mais Port- Royal était devenu de plus en plus austère. La doctrine impitoyable du jansénisme s'y était réfugiée comme dans une forteresse. Dans ces lieux où avait passé en souriant la douce et vénérable image de François de Salles, apparaissait alors la sombre figure de Saint-Cyran. Quand Lemaistre était admis à la grille du parloir, on ne faisait retentir que des paroles de pénitence à ses oreilles encore remplies des applaudissements du monde; chaque fois que le récit d'un de ses succès pénétrait les murs du cloître, un concert de prières s'élevait au ciel pour cette àme en péril *. »

Lemaistre se décide pourtant à découvrir son projet. Parmi toutes ces femmes saintement endurcies, il cherche la moins farouche ; il écrit à la mère Agnès et lui ouvre son cœur. On connaît la réponse, cette lettre célèbre citée si souvent :

« Mon très cher neveu, ce sera la dernière fois que je me servirai de ce titre : autant que vous m'avez été cher, vous me serez indifférent, n'y ayant plus de reprise en vous pour y fonder une amitié qui soit singulière. Je vous aimerai dans la charité chrétienne, mais universelle, et comme vous serez dans une condition fort commune, je serai pour vous aussi dans une affection fort ordinaire. Vous voulez devenir esclave, et après cela rester roi dans mon cœur; cela n'est pas possible-. »

A cette dure réponse, Lemaistre hésite ; il insiste, il raisonne, il supplie; mais son éloquence mondaine se

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