‹ Avocats et magistratsChapitre 30 sur 43 · Le règne de Louis-Philippe · texte numérisé non relu

Le règne de Louis-Philippe

conversation tombée en roture. — Il n'est pas jusqu'au nom familier de ce petit cénacle qui ne semblât une raillerie de la parole contre elle-même. Il a survécu à tous nos désastres, et, par une dernière ironie, les flammes qui n'ont pas respecté la salle du Conseil ont laissé debout la salle de Idijparlotte ^

Quant à nos anciens et à nos maîtres, lorsqu'en quittant le palais après une journée de labeur, ils s'attardaient de ce côté, les uns levaient les bras au ciel, comme le bon Desboudets; d'autres écoutaient un instant sans rien dire; — Dupin avec sa moue moqueuse et puissante; Paillet avec son air de bonhomie trompeuse; Marie avec le sourire soucieux d'un républicain inquiet de la République. — Puis ils sortaient en secouant la tête, et en échangeant entre eux, d'un air de compassion paternelle, des paroles... que je n'ai jamais pu bien entendre.

En 1848 le Barreau se trouva mêlé plus activement à la politique; et l'on vit paraître, à un degré inconnu jusque-là, mais qui devait être plus tard dépassé, l'un des abus les plus fâcheux qui nous puissent compromettre aux yeux du public : j'entends l'irruption des avocats dans les honneurs et dans les emplois.

La France, depuis soixante ans, a vu naître et mourir trop de gouvernements pour que les révolutions n'aient pas chez nous leur jurisprudence. Lorsqu'arrive un pouvoir nouveau, il est juste qu'il appelle autour de lui ses amis, et que les adversaires qu'il a vaincus ne s'attardent pas trop à le servir. En 1848, comme toujours, il s'est rencontré des hommes qui, faisant à leur cause le sacri-

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