‹ Avocats et magistratsChapitre 36 sur 43 · M. Cernuschi · texte numérisé non relu

M. Cernuschi

sombre légende dont nos pères avaient si souvent effrayé notre enfance : les dénonciations publiques, les délations de voisinage, les visites domiciliaires, les réquisitions à main armée; les églises envahies, les sépultures A'iolées; des bandes sordides faisant dans nos rues et dans nos maisons la police et la loi; une milice en débauche, maîtresse absolue de la fortune, de la liberté et de la vie des citoyens; — enfin, cet excès de honte que nos pères, du moins, n'avaient pas connu : — l'étranger maître des faubourgs, spectateur de notre ignominie, et pactisant avec cette Terreur dégénérée qui, dans ses avances obséquieuses, oubliait devant lui jusqu'au souvenir de nos défaites et reniait jusqu'au nom de la patrie.

Parmi tant de victimes, la Commune avait ses préférences. C'est contre le clergé catholique qu'elle avait d'abord tourné sa haine et déchaîné les fureurs populaires.

Dès le premier jour, dénoncé par son titre seul, sans que rien dans sa vie pût faire présager ce sinistre caprice, l'archevêque de Paris* était promis, comme otage, au bon plaisir du peuple et à la sûreté de la sédition.

En même temps, le clergé de Paris presque tout entier fut voué au même sort.

L'archevêque, le curé de la Madeleine ^ des religieux, des prêtres sans nombre furent emprisonnés au hasard, sans motif, sans choix, souvent sans mandat, quelquefois sur le signe d'un voisin ou d'un passant. « Combien avezvous arrêté de prêtres, demandait l'un de nous, deux jours avant les massacres, au plus redouté des hommes de la

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