‹ Avocats et magistratsChapitre 9 sur 43 · Une visite aux Charmettes, par M. Ch. S · texte numérisé non relu

Une visite aux Charmettes, par M. Ch. S

auraient assuré presque partout le succès. Il lui fallait cependant un état qui ne gênât pas de trop près son indépendance, la dignité un peu sauvage de son caractère, et ce goût très vif des lettres qui avait fait le charme et l'honneur de ses premières années. Les conseils de son père et des convenances de famille l'attiraient vers la magistrature ou vers le barreau. Il obéit, par déférence et par préférence à la fois, pressentant que de ce côté il trouverait encore un horizon assez ouvert, avec des échappées faciles vers les études et les rêveries familières de sa jeunesse.

Il fit son droit comme il avait fait ses classes, avec une supériorité constante et des succès éclatants. A la fln de ces études nouvelles, le hasard d'un concours lui donna un sujet de dissertation magnifique, le droit des étrangers en France. Le jeune docteur n'était pas homme à traiter légèrement cette bonne fortune. Après l'épreuve officielle, dont il sortit vainqueur', il reprit son travail, le remit sur le métier, le finit à loisir; deux ans après, l'humble thèse était devenue un ouvrage excellent et complet ^ qui attestait dans le talent de l'écrivain un progrès désormais plus sensible chaque jour.

Tout en suivant les cours de l'école, Sapey commença, selon l'usage, à fréquenter le Palais, pour s'acclimater à ce pays où il devait passer sa vie. Sa bonne renommée l'y avait précédé. Les stagiaires lui ouvrirent avec empressement les rangs de leurs conférences, et les

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