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(1) Avranches, H.Tribouillard, 1855. Environ deux cents vers. (2) Archeological studies.
ot qui, par intervalles, émerzent au-dessus du niveau des sables ; si l'influence extérieure peut impriner un sentiment de la solitude, c’est là. »
Marchangy a pris sa légende sur Tombelaine, sans doute dans le voyage au Mont Saint-Michel, par de la Houssave (4), où se trouve cetle légende, dans laquelle Hélène est fille du comte de Dol (2).
Un romancier a créé à Tombelaine une localité du nom d'un de ses héros, Maurevers, nom que les antiquaires futurs, si son livre est jamais antique, prendront peut-être pour une réalité : € Hue planta la croix de bois qui lui avait servi pour ses dévotions au point culminant du roc de Tombelène. Nous ne pouvons dire qu'elle v soit encore; mais le petit mamelon qui est au versant occidental porte de nos jours le nom de Croix-Mauvers (3). »
Nous ne savons où M. Demons a pris, pour Tombelaine, un nom que nous n'avons vu nulle part : il prétend que Bernard l'appela le Prieuré de Neige. IT dit qu'il a entre les mains une charte de 143#38, donnée par Henri VI à Georges Nessefeld, contrôleur de la garnison de ToMbelaine, pour faire la revue des homines d'armes du comte de Suflulk, capitaine du château de Tombelaine (4).
Vers 1400, un homme de Vains devait du jonc pour joncher le pavé de l’église de Tombelaine : « Octo fessellos jonci pro ecclesia de Tumba Ilelene (5). »
Voici une série d’ofliciers anglais, capitaines de Tombelaine : « 1424, Laurens Iaulden, escuier, capitaine de Tumbelen. —- 4428, Thomas Aloing, escuier, capitaine de Tumbeleinc. — 1430, G. de la Pole, comte de Suitolk et
(1) Page 82.
(2) Voir Tristan le vouagrur, t. 15, p. 243.
(3) P. Féval, Fee des Greces,
(4) Mss, de M. Demons.
{S) Reg. de Tumba Flelene,
capitaine de Tumbeleine. — 4434, le comte de Sufolk, capitaine de Tumbeleine (1). »
En 1461, ïe roi confirma Louis d’Estouteville dans son office de capitaine de la place et forteresse de Tombelayne.
L'auteur de la Chronique de Normandie, Le Mégissier, et Jean Chartier se servent des mêmes lermes, pour la reddition de Tombelaine, en 4450; le premier dit: « Pareillement (comme Avranches) se rendit Tombelaine, qui est une place imprenable, tant comme ceux de dedans auront à manger (2). »
Pour aider à parfaire la liste des gouverneurs de Tombelaine, nous dirons qu’en 1594 Jacques de Louvat, seigneur de Boissuzé et de Chancey, en était capitaine (3).
Tombelaine était au nombre des châteaux qu'en 1598 les Etats de Normandie suppliaient le roi de démolir comme une des forteresses € d’où les gentilhommes faisaient des incursions sur le peuple et où ils se soustrayaient aux lois (+). »
En 1048, Louis XIV écrivit au comte de Poillé l’ordre de retirer la garnison du Mont Tombelaine : « Voullant descharser mes finances autant qu'il me sera possible de la despence qui se faict pour le payement des garnisons de mon royaume. notamment celle du fort de Tombelaine, j'ay voulu vous faire cette lettre afin que vous ne teniez aucunes gens de guerre dans ladite place... jusqu'à ce que mes allaires me permellent de les restablir… A M. le comte de Poillé, cappitaine et gouverneur du fort de Tombelaine.»
Un acte, de l’époque de Texier d'Hautefcuille, établit encore les droits du prieur de Tombelaine. « Du prieuré . de Tombelaine dépend le fief du Fougeray, seis en Bacilly,
(1) Rég de la Cour des Comptes.
(2) Page 901. verso. V. pour Jean Chartier, Auranchin, 11, 420. (S) Piton, Etrennes coutançaises, 1839, p. 126.
(4; Hist. du Part. de Norm., 1v, 54.
et, en outre, ès paroisses de Genèts, Dragé, Vains, Menisdrey, Bricqueville. Son manoir est seis au village de Fougeray. Dépend dudit prieuré de N. D. le roc de Tombelaine, seis au milieu des grèves, entre le Mont et notre bourg de Genèts, et autrefois était bâtie une chapelle dédiée à sainte Apulline, qui a été, depuis quelques années, rasée, avec le fort dudit lieu, par l’ordre du roi. Ledit roc appartient en propre audit prieur, avec le droit de pèche et de vars, et dans l’étendue de cent vingt pieds de distance autour du roc. Ledit prieur a quelques droits assez peu importants. Il n’a guère qu'une petite chape le, une maison en ruine, neuf vergées à Fougeray,; vingt-huit messes sont dues à l'évêque d'Avranches. »
Mme de la Tour du Pin a tiré de la croix de mi-grève, si remarquablement située, le principal motif d’une nouvelle, intitulée la Croic des Grèves (1).
Régnier le satirique donne deux équivalents aux dictons anciens : » Ferre noctuam Athenas, » Ferre lignum sylvæ (Hor.), et au dicton moderne : « Porter l’eau à la mer, » dans ces deux vers de la Sat. IV :
Que mal instruit je porte en Brouage fille d’Aunis) le sel, Et mes coquilles vendre à ceux de Saint-Michel.
Dans la Chronique Gargantuine, qui fut le germe de Gargantua, Rabelais a supposé que Grandgosier et Gallemelle s’arrêtèrent en Bretagne, pour jeter dans la mer deux gros rochers, qui furent appelés le Mont Saint-Michel et Tombelaine.