CANTON DE PONTORSON
Commune de Pontorson.
Il existe, pour l’année 1476, un mandement, qui donne à croire quil y avait de l'artillerie à Pontorson : « Les Trésoriers de France, vicomte de Vire, nous vous mandons | (1) St-Lo, 1854.
RL ve que des deniers de vostre recepte vous paiez, baïllez et delivrez à Anthoine Leblanc, maistre canonnier du rov, la somme de 29 1. t. pour ses paine, sallaire, d'avoir vacqué aux ouvrages de Pontorson (1). »
Jean des Pas fut évêque de Dol.
ChartedePhilippe-Auguste, vers 1205, à Jubel de Mavenne: « Notum, etc., quod nos dilecto et fideli nostro Joello de Meduana et heredibus suis de uxore sua desponsata damus et concedimus quidquid habemus intra ambitum murorum ponts Ürsionis in omni justicia pertinente ita quod ipse et heredes sui id à nobis et heredibus nostris tenebunt in feodum et hominagium ligium reddendo nobis et heredibus nostris 1llud servitium quod feodum dehet... » En vertu de cette charte de concession, Juhel de Mayenne accorda une charte pour ta Maison-Dieu de Pontorson (2). e Juhellus de Meduana, dominus Dinanni, salutem in domino. Universitati vestræ notum fieri volo quod ego, pro salute anime mee et antecessorum meorum, dedi et concessi domui Dei de Pontorson, que filia est domus Dei Cadomi, X hortos quos de me tenebat H. Garabilon,.… de quibus hortis predictus H.mihi... solidos cenomanensium annuatim persolvebat, de quibus ortis a burgensibus castri mei de Pontorson satisfactum est jam eidem [L., salvo tamen jure ahbatis et monachorum M. S. Michaclis de periculo maris, quorum est decima omnium reddituum ques possideo in castro de Pontorson et quicquid in eodem castro et ejus pertinentis, salvo jure nostro, legitime acquircre potuerint, et, ut hoc ratum sit, presentem cartam sisilli mei testimonio roboravi (3). »
L'hospice de Pontorson était une maison de détention de la Basse-Normandie. Mais il parait que c'est celle où
(1) Apud Alexis Monteil. Notes.
(2) V. l'abbé de la Rue, Essai sur les bardes, t. 11, p. 404.
re nl imp., 4p. Delisle, Cartul. Norm., Soc. des Ant. de N., « vol. |
op les prisonniers étaient les plus doucement traités. Selon le rapport des Frères, le Jieu de détention se compose de vingt pelits appartements, se joignant dans un corridor où deux escaliers donnent accès. Les portes sont fermèes à clef à une certaine heure, « mais les détenus ont la jouissance d'une très-grande cour, où ils sont libres, où ils peuvent communiquer, s'amuser, où ils font de petits jardius pour s'occuper. » Îls disent encore qu’à toutes les fenêtres on a remplacé le verre par le papier huilé, « parce qu'il est arrivé souvent que les détenus employaient le verre à se détruire (1). »
En 1933, le roi Philippe-Auguste acquit Pontorson de Henri d’Avaugour ; voici des extraits de la charte de concession : € Eco H. de Avaugor, Ludovico Regi francorum concessi quod ego castrum meum de Ponte UÜrsionis..… in scambium tradam..…. Valor Pontis Ursionis taxari debet secundum quod tempore pacis valebat, videlicet tribus annis sive duobus sive uno ante guerram,... 1223, septembri (2). Omnia supradicta… ego Henricus et ego Margarita uxor ejus juramus in presencia domini Regis et domine Regine matris ejus corporali super prestito juramento,.…. 1233. »
« Excellentissimo Ludovico.. ofMficialis curie Abrincensis et Rad. de Tilleio, castellanus Abrincensis.. accessimus ad uxorem... H. de Avaugor que concessit excambium super Ponte Ursonis factum et tactis sacrosanctis evangeliis juravit... apud Abrincas 1233. »
Un chant breton, le Vassal de Duguesclin, cité dans le Barzaz-Brei:, mentionne un Jean de Pontorson : Jann. Pontorson. M. de la Villemarqué dit qu’il n’a pu retrouver dans l’histoire le nom obscur de Jean de Pontorson, mais
(4) V. Lettres de cachet en Normandie, par À. Joly. (2) Ap. Delisle. Cartul. norm.
que les rapports que lui donne le poète avec Duguesclin, et la protection qu'il lui demande ne permettent pas de douter de sa réalité historique : « Duguesclin était, en effet, capitaine des hommes d'armes de Pontorson, et il possédait près de cette ville une terre provenant de la succession de <a mère (1).» Cette terre étail sans doutcle Glaquin, près de Gaugé. On sait que le vrai nom de Duguesclin était du Gisquin ou une forme voisine de ceile-ci (2).
€ 1426. — Levée d'un aide de 80,000 I. t., octroyé au roi par la plus grant partie des villes du pays et duchié de Normandie, et pais de conqueste, tant à Paris, Caen, Saint-Lo, pour le recouvrement de la ville de Pontorson, nouvellement emparée et tenue par les ennemis, pour laquelle recouvrer ont été mis sus vie lances d'Angleterre et xvuic archers sous le commandement de mons. de Warwyk (5). »
1428. — Endenture catre le duc de Bedford et Ti. S. de Scales, chef cap. de Pontorson (4).
En 1500, Jacques de Mas, seigneur de Lisle était capitaine de Pontorson. — En 1532 et 1536, Loys de Barres, chevalier, était capitaine de la même place.
La maladrerie de Pontorson ne fut point comprise dans l'état de réunion à l’hospice, en 1696, parce que ses biens étaient en Bretagne. Elle était administrée par les Frères de la Charité.
Les déplacements du Couesnon ont mis quelquefois le Mont Saint-Michel en Bretagne ; aussi l’auteur d’un Roman de Robert le Diable place le Mont Saint-Michel en Bretagne : « AÏ Mont Saint-Michiel en Bretaigne. » =
(4) V. la note de cette poésie, Barzas-Breiz.
(2) V. sa vie en vers par le trouvère Cuvelier. Doc. inédits sur l'Hist. de L'rance.
(5) Reg. de la Cour des Comptes.
(à) Ibid.
Le pont de Pontorson a beaucoup de célébrité historique ; aussi, un louriste anglais à écrit : € We must liner a few moments on the lattered bridge of Pontorson... This Pontorson conxisis of a mysterious heap of huts, half buried in a bed of drifting sands (4). » |
Un romancier, Paul Féval, a consacré à cette rivière du Coucsnon quelques lignes assez spirituelles : « Aucun fleuve ne Uient son urne d'une main plus capricieuse. Torrent aujourd'hui, humble ruisseau demain, le Couesnon étonne ses riverains eux-mêmes par la bizarre soudaineté de ses fantaisies. On aurait dù lui donner un nom féminin..... (2) »
Mabillon a confondu la Sélune ou Ardée avec une autre rivicre. c'est-à-dire l’Airon, qui se jette dans la Sélune, à Saint-Hilaire-du-Harcouët, et il faut distinguer deux cours d'eau dans sa phrase : « Auget periculum fluviolus à Glabro dictus Arduus, aliis Dero (3). »
Commune de Sacey.
L'Eut des députés du baillage d’Avranches, en 1789, établit l'existence d'une chapelle en Sacey : € M. Gloria, titulaire de la chapelle de Sacey ou du Chenel, à Sacey (4). »
Pour l’histoire des Budes de Guébriant, seigneurs de Sacey, dont la famille a donné un maréchal de France dans la guerre de Treute-Ans, il faut consulter l'Histoire du maréchal de Guébriant, avec l'histoire générale de sa maison, et celle de plusieurs autres des principales famiiles de Bretagne, ornée de blazons et d'un portrait gravé par Nanteuil. Voyez aussi l'Histoire généalogique de la maison de Budes, par Le Laboureur. (Paris, 4656, 2 vol.)
(1) Wayside. Pictures in France.
(2) Fée des Gréetes.
(3) Ann. Bened., 1v, p. 75.
(4) Rrg. de la Cour des Comptes.
Les récits du manuscrit de Sacey, malgré leur intérêt, ou plutot à cause de leur intérèt, bien qu'ils viennent d'une personne généralement bien informée, ne doivent pourtant pas être acceptés sans réserve. D'abord, l'époque de quelques-uns des faits est séparée de celle où vivait l'auteur par un intervalle de plus d'un siècle, etils ont èté recueillis dans des traditions, qui ont pu être grossies el augmentées. Ensuite, comparés avec deux documents qui font autorité, la Vre du maréchal de Guébriant, par Le Laboureur (édiuon de 1656), et Histoire des grands officiers de la Couronne, par le père Anselme (édition de 1733), ils reçoivent sur certains points des rectifications assez importantes, et que nous crovons ulile de donner ici :
On lit dans le manuscrit que Jeanne de Malesmains, mère du connétable du Guesclin, était dame de Sacey, au commencement du xive siècle. Il y a là une inexactitude : Fille de Foulques, frère de Fraslin, seigneur de Sacey dés 1245, elle était nièce du seigneur el non dame du lieu, où il est fort possible, du reste, qu'elle soit née. Quant aux actes d'insolence et de rébellion des enfants de Béatrice de Romillé envers leur mère, s’il n'y a pas de preuves posi- Uves pour les nier absolument, il y en a pour établir qu'ils ont été considérablement augmentés, et d'ailleurs, malgré la rudesse des mœurs de l’époque, leur caractère dramatique les rend assez suspects. La première considération qui les fait accepter avec réserve, c'est le portrait fort hunorable que Le Laboureur fait de François Pudes : € Il fut élevé par son père avec tout le soin digne de sa naissance ; il fut en Italie, pour se perfectionner dans les talents qu'il avait acquis, et s'employa, à son retour, avec d'autant plus de mérite pour le service du roi Henri Le Grand, qu'il était vassal du duc de Mercœur, chef du parti contraire. L'atlaque du château de Quilbec, en Bretagne, lui coùta la vie; il fut percé d'un coup de pique, à travers le corps, dans la
fleur de son âge et des belles espérances que l’on avait conçues de son grand courage et de sa vertu. » Il faut remarquer que Le Laboureur écrivait en 4656, tandis que la dame, auteur du manuscrit de Sacey, écrivait en 1712, par conséquent cinquante-six ans plus tard, et cent vingt-trois ans après lc fait dont elle parle. La seconde considération a plus de gravité encore. Deux ans après la tragédie de 4589, Charles Budes, qui serait aussi coupable que son frère François, épousait sa cousine, Anne Budes, par contrat du 7 octobre 1591. Béatrix de Romillé, leur mère, parait à ce contrat, pour concéder à son fils Charles ses droits et jouissances sur la seigneurie du Coedic et autres. Elle assiste aux fiançailles, célébrées par messire Jacques Avenel, chanoine de l'église cathédrale de Saint-Brieuc, et François, son fils aîné, y est nommé après elle, comme y avant assisté. Or, le manuscrit aflirme que Béatrix ne revit plus son fils François depuis 4989. Charles Budes mourut le 26 janvier 4019, et non pas en 1604, comme le dit le manuscrit, et d'ailleurs l'on vit Charles Budes paraitre en 1005, comme aïué, au partage que Béatrix de Romille fit à cette époque entre ses enfants. Le manuscrit prétend qu'Yves Budes épousa une bourgeoise, et qu'il mourut, laissant une veuve, qui se remaria avec un petit gentilhomme du voisinage. Ce gentilhomine était M. de Saint-Gilles, lequel appartenait, selon Le Laboureur, à une des plus anciennes maisons de Normandie. Le troisième fils üe Béatrix de Romillé fut René, scigneur de Boucé. Il n'eut pas d'enfants, bien que le manuscrit le fasse mourir de chagrin d'avoir perdu son fils unique. Le cinquième fils était Jean, que le manuscrit place faussement en troisième ligne.
__ De Renée Budes le Ms. dit mal à propos qu'elle resta
seule de son illustre maison. Elle était restée seule, non pas de son nom, mais de la branche aînée, elle hérita de
tous les biens de sa famille. La maréchale de Guébriant, sa tante, obtint, en la mariant au marquis de Molac, que le second fils à naître de cette union s’appellerait Budes, comte de Guébriant, ce qui était une injustice, puisque dulien Budes, sixième fils de Jacques Budes, existait encore. Quoi qu’il en soit, la postérité de Renée Budes et du marquis de Molac ne jouit pas longtemps du titre de Guébriant, car, en 1798, Jean-Baptiste Budes, fils de Julien, reprenait le titre de comte de Guébriant, qui rentrait dans la famille à l'extinction de la descendance de Renée Budes (4). Nous complèterons le Ms. en amenant jusqu’à nos jours l'illustre famille de Guébriant. [l laissa un fils appelé aussi Jean-Baptiste Budes, marié vers 47174 à Anne de Bonneuil. Son fils, Sylvestre Budes, comte de Guébriant, eut un frère, Tiburce, vicomte de Guébriant, qui se maria en 4816. Sylvestre Budes se maria en 1804 à Olÿmpe du Poulpiquet de Coatlec. Le comte de Guébriant n’a laissé qu'un fils, qui a épousé, en 1839, Cécile de Rochechouart- Mortemart, et il en a cinq filles et deux fils. Le vicomte de Guébriant a laissé un fils, qui a épousé, en 1842, Eléonore de Durfort-Civrac de Lorge, et une fille, mariée au comte A. de Rougé.
Nous avons conduit la série des possesseurs de la baronnie de Sacev jusqu'aux Molac : nous pouvons la pousser plus luin. Ce furent les Langeron qui leur succédtrent. Théodore Andrault de Langeron succéda aux Molac : son fils, gouverneur d'Odessa en Crimée, conserva la baronnie de Sucey jusqu'à l'époque de son émigration.
Comrnune de Tanis.
Î y a un saint Guillebaut (Willibald) anglo-saxon d'ori-
gine, mort évèque en Bavière, qui visita la Palesune au
(1} V. vie vol. de l'Histoire des grands officiers de la Couronne, page 526, édition de 1733.
ie vure siècle; mais il est peu probable que ce soit le saint Guinefaut, de Tanis, personnage diflicile à déterminer (1). M. Walcknaer, sans en donner aucune raison, place à Tanis le Funum Martis de l'Ilinéraire d'Antonin (2).