‹ Avranchin monumental et historiqueChapitre 25 sur 37 · s, 8 né nt SF Cr ) \r · texte numérisé non relu

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— A4 — ie maladroit, Bride-à-rebours ; celui qui regarde de près, Mirette, etc.

On sait que, dans la langue populaire, Innocent désigne l'idiot, terme touchant et vrai qui désigne un être moralement incapable de mal faire : de là à Sot, Stupide, il n°v à pas loin. C'est en ce sens qu'on dit les INNocENTSs de Fresnes (Orne).

Le vieux français avait paultre, lit de paille, d’où poltron, fainéant, lâche toujours au lit, comme paillard ; on dit les Poucrrons de Crollon.

On dit les PApILLONS d'Omontville, commune annexée à Denneville, c'est-à-dire les légers et les pimpants.

Passais est appelé le PorT-bEe-CAAMBRE de la Normandie. A propos de ce sale sobriquet, nous placerons ici une série fimée de sobriquets, relative à des localités voisines, dans l'Avranchin, sobriquets qui sentent € plus, mais non mieux que rose. »

Poilley le Pouillous, Et le morvous, Ducey le lentous, Juilley les chouettes, Saint-Quentin,

M... à plein backhin.

Le Val-St-Père, M... par terre.

Courtils, Chats-rôtis.

Pontaubault, Ecorche-chevaux, Et Céaux

En mange les bouyaux.

On remarquera le normand bachin, bassin, fidèle à son origine que G. de Tours rapporte au germanique « patcris digneis quas vulgo bacchinon vocant. » (Liv. 44, ch. 28).

On dit encore les Parauns de Poilley, lit. les gens aux larges pieds : les Chouans appelaient Patauds les sol-

dats républicains. Les gens de Genèts, qui vont nu-pieds sur les grèves, sont dits les PrEDS-JAUNES.

Le français poussif vient du latin pellere, pulsus : on dit les Poussirs ou mieux les Povussis de Margueray.

Le normand appelle les petits de la pie (pica) les P:riAux: on dit les Piriaux de Doville.

On dit les PrLons de Vessey, parceque les habitants auraient la tête en forme de pilon (ptlum) : nous ne croyons guère à cette explication. Nous en avons entendu une autre, c'est qu’ils aiment à danser et dansent lourdement.

Le terme populaire pimpant est dérivé de pompa, il a été remplacé par flambant, c'est le dashing anglais ; c’est le sobriquet de beaucoup de localités : Avranches le PIMPANT, les PrmpanTs de Tanis, les PrmpaAnTs de Carnet, les Pim- PANTS des Loges-sur-Brecey, les PimpanTs de Raids, les PimpanTs de Beauchamps, qui sont encore mieux blazonnés dans les dictons suivants :

Beauchamps, Tous pimpauts, Belles filles,

Belles armoires Et rien dedans.

À Beauchamp,

Tout est pimpant

De la dentelle et des sabots Et du pain d'orge, pas trop.

Avranches le Prmpanr (dès le xme siècle, on disait les Museurs d’Avranches) est aussi plus vivement blazonné dans ce dicton :

C'est les filles d'Avranches, Qui lavent leur chemise Le samedi pour le dimanche.

On appelle rempoté celui qui a la tête enfoncée dans les épaules, comme dans un pot : on dit les REMPOTÉS de Folligny.

On dit les PousserTiErs de la Colombe, parce qu'ils se poudraient les cheveux.

Les pays de marécage portent naturellement un sobriquet tiré de leurs grenouillères : les GRENOUILLOTS de Saint- Gilles, les GRENOUILLES de Rouellé.

Le normand tire directement de ren, renis, rein, son verbe erner, éreinter : de là les ERNÉs de Fleury.

On dit les Rouces de St-Cyr-du-Bailleul, les Rouces de Passais, non par allusion politique, le sobriquet vient de plus loin, mais à cause de la couleur des cheveux des habilants, ou parce qu'ils étaient perfides comme le rouge Judas.

On dit les FRÉROTS de Pirou, parce que tous les habitants se soutiennent comme des frères.

Le sobriquet de Glorieux s'applique à plusieurs communes : il y a les GLORIEUX d’Argouges, les GLORIEUX de Saint-Vigor, les GLORIEUX de Saint-Nicol4s-des-Bois.

Au patois goule, de gula, se rattache le dicton de la petite commune de Naftel : Naftet, plus d’ goule que d'effet, dicton qui vient de celui-ci : « Coume le moulin de Naftet, pus d’ goule que d'effet. » On dit d’une localité voisine :

C'est la ville des Biards Qui chaque jour decadit d'un liard.

Au latin joculari nous raltacherions joleux , moqueur, d'où les Jozeux d'Yville (S.-Inf.), ou mieux les engeoleux.

En normand, Job signifie niais, nigaud, jobin, id., de là les JoBins d’Anguerni, près Caen : or cette famille, jobelet, niais, en vieux français, Jobard en français, dérive du saint homme Job, considéré comme le type du caractère débonnaire, patient et souffre-douleurs.

Du latin latus vient le normand laise, le lé d'une étoffe. On appelle les habitants de la Ferté-Macé les PETITES LAISES ou de l’étroitesse de leurs tissus, ou parce que,

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