‹ Avranchin monumental et historiqueChapitre 27 sur 37 · ORIGINES GERMANIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINES GERMANIQUES

Le français bourgeois dérive du burgh, germanique, signifiant hauteur, parce qu’autrefois le groupe d'habitations était sur des points élevés. Valognes, ville de noblesse, était rempli de valets de nobles : on désigne au jeu de cartes les quatre valets, les quatre BourGEeois de Valognes. On dit de la très-petite commune de la Chapelle-Hamelin :

Hamelin, gros bourg, Trois maisons et un four, La grange du curé,

Et le moulin à blé.

On pourrrait croire, au premier coup-d’œil, que le suffixe orgueilleuse (gothique overgill), de certains noms de paroisses, est un sobriquet ; mais d’abord les paroissiens n'auraient pas adopté une épithète injurieuse ; ensuite, c’est une corruption d'ARDILLEUSE, le patois pour + argileuse : c’est ainsi qu'il faut comprendre Brettevillel'Orgucilleuse, Pressaigny-l’Orgueilleux.

Le terre huguenot, lit. Eid grossen, uni par la foi, est un sobriquet de quelques localités de l'Orne. On appelait les Huguenots les Hust. Les Isles-le-bas est l’auteur de la violente satire des Hust et du Royal-martyr, ouvrage rarissime (Si-Lo, chez Pien, 1634).

Le vieil allemand pat réclame le français patte, d'où les ParauDs de Poilley (voir ci-dessus).

Le français basque (d’habit), a été tiré du germain faske, bourse, d’où le français attacher : de là les Basquins de St-James, ainsi blasonnés par leurs voisins, dont les habits ronds étaient jaloux de l’habit à basques timides, que les paysans appellent « un je n’ose ».

Nous croyons avoir aussi rencontré loup-garou, Garou,

pour sobriquet communal : c’est le Werwulf, allemand, ainsi expliqué par ce texte des Olia imperialia : «In Anglia per lunationes homines in lupos vocari, quod genus hominum Gerulfos Galli vocant, Angli vero Werwulf : Wer anglicè virum sonat, ulf, lupum. » Lisez : Germanicè au lieu de anglicè : c’est le germanique ber, homme, d’où le français baron.

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