‹ Avranchin monumental et historiqueChapitre 31 sur 37 · ORIGINES LATINES · texte numérisé non relu

ORIGINES LATINES

Il y a dans l’Avranchin un dicton sur la semaine sainte, dite souvent semaine peineuse, où l’on remarquera le jeudi absolu ou d’absolution, et le samedi bénit :

Au Jeudi absolu L'quérème est sus l’c...

Au Vendredi-Saint,

Il est sus les reins ;

Au Samedi bénit, L'quérème est fini.

Le vieux français Agnel, le normand agnet, le français agneau, sont les diminutifs d'agnus ; agnet figure dans ce dicton : « Ch’est comme les agnets de Caumont, n’en faut qu’treis pour étranglier un loup. »

Le souvenir de longs pèlerinages reste dans beaucoup de dictons ; c’est le latin peregrinus :

Rouge rosée au matin, Beau temps pour le pélerin.

Plaie du matin

N'arrête pas le pélerin.

On écrit à tort « connaître les êtres d’une maison, » il faudrait les aîtres, du latin atrium, vestibule, litt. les

abords, les avenues. Aitre à Rouen désigne l’ancien cimetière St-Maclou ; celui de S. Cande s’appelait l’Aitre St- Cande , il y a ls rue de l’Aitre St-Nicolas. C’est ainsi qu'il faut dire « être tout en age, » le vieux français pour eau, et non « tout en nage » pour dire être en sueur abondante. A eau se rattachent les dictons : « Bien perdu ne vaut pas de l’eau. — Ïl n’est pire eau que l’eau qui dort. — Croyez cela ou buvez de l’eau.» M. Nisard, dans ses Curiosités él. explique ce dernier par les épreuves de linquisition qui imposait un article de foi au patient hétérodoxe, et le lui faisait confesser, ou lui appliquait la torture par l’eau.

« Faire apos » est une locution normande pour faire ennui, regret, du latin aporia, perplexité, embarras ; on lit dans la Muse normande de Petit :

Anne, Anne, que me fait apos De ne point luquer ma Toinette !

A Caen, quand les abeilles essaiment, on les invite à entrer dans une ruche avec cet appel : « Apier bel, apier bel ! » c’esj le latin apiarium, une ruche.

Un dicton commun en Normandie, pays de sapience et de proverbes, c’est « l’aveur n’emprunte rien au tardif, » c'est-à-dire le diligent n’emprunte rien au retardataire. Or aveur, précocité, primeur, se raltache à avant et semble la contr. d’avanteur, précocilé : quoiqu'il en soit, son adj. est quorible et aorible, d'où l'anglais early.

Les dictons sur le mois d'avril sont si nombreux qu'ils pourraient former comme la chanson d'avril :

Nol avri

Sans épi.

Au meis d'avri,

Tout’ bôte change d'habit.

Bourgeon d'avri

N° met pas d’ cidre au baril.

À la mi-avri Faut veir à s’ couvrir.

A la mi-avri L’ coucou est mort ou vi.

Quand l'avri fait le mai, Le mai fait l'avri.

Avri le doux Est queque feis l’ pir de tous, etc.

Le vieux français bacon, lard salé, existe encore dans un dicton cité par Pluquet dans son Essai sur Bayeux : Harengs et bacon sont bonnes provisions ; il se dit aussi en picard, en Wallon ; c’est l’argot bacon, porc, c’est l’anglais bacon, c'est le fourbesque boccone, qui nous conduit à sa racine, le latin bauca, coupe, litt. porc préparé dans une bauca , bocca.

Dans un chant de jour de l’an, dans le Bessin, on s’adresse à un génie malfaisant et barbu :

Taupes et mulots,

Sortez de men clios.

Ou je vous casse les os; Barbassionné,

Si tu viens dans men clios,

J' te brûle la barbe jusqu'ès os.

Or, à Guernesey, la Barboue est un épouvantail pour les oiseaux. Et il y avait à Cherbourg la procession de la Besbue (la barbue) ou de la vieille femme. Le mot du Bessin se retrouve dans l'anglais Barbason , qu’un ancien glossaire définit « the name of a devil or fiend. » Shakespeare cite le nom de trois démons : « Amaimon sounds well ; Lucifer well; Barbason well, » dans les Merry wives Of Vindsor. À cause de Judas, on se méfie de la barbe rouge : |

Barbe rouge et neirs cheveux, Défie-t'en, si tu peux.

Le souvenir de la trève, ou paix de Dieu, établie par G. le Bâtard, est conservé en Normandie dans un dicton

qu'on emploie dans le Bessin, quand des gens se querellent : « La paix de Dieu, Babet , et le pot plein. » Le vieux français baudour et boban se trouve dans ce dicton de la sage et économe Normandie :

Baudours et bobans . Ne font pas riches gens.

Or baudour vient d’un mot d’origine germ., de Baud, resté dans le français Ribaud, et boban, comme bombance, vient du latin pompa. Le vieil anglais avait bobance : « I say for no bobance. » (Canterb. Tales, v. 6151).

Le normand berbis, brebis, est resté fidèle à sa racine, le latin berbir, qui est dans Pétrone, forme du latin rervez : plusicurs dictons ont ce mot pour dominante : « Qui s’ fait berbis, le loup le mange. — A berbis comptée le loup y prend. — Berbis qui bèle perd une goulée. — A berbis tondue Dieu garde le vent. — On dit encore : Prètres et bergiers sont sorciers.

En Normandie, le cidre se dit le bère, le boire par excellence : le Normand, d’üns imagination froide et sobre, s’émeut un peu, quand il s’agit d’apprécier cette boisson; aussi a-t-il sur elle quelques intéressantes expressions : « Du bère d’oqui nos en dirait la messe, si chétait permins. — Du bère du Père Adam (du Paradis terrestre). Du bère qui prêche (parle) à son homme. — Flieur n’est pas poume, poume n’est pas bère. — Du bère à qui que l’ coucou ne fera pas pliaisi (qui se gâtera au printemps). — Ou appelle le bon cidre langueyant , grasseyant, gouleyant, cœuru, vaillant.

À beau se rattache un dicion sur un coquin bien paré : « Biau comme un pis neu (un puits neuf) : [ n’y manque que la corde ; » et cet autre : « Che n’est pas d'o la biauté que no va au moulin, » en parlant d’une personne belle et pauvre. Et celui-ci: « A l’oisiau sen nid semble biau. » —

« Les biautés ne s'accordent pas, » pour dire qu’il n’y à pas d'accord entre les personnes dont la parenté est marquée par beau, comme beau-père, etc.

Offrir ce qu’on ne donne pas, se dit « faire l'offre bête » c’est-à-dire que cela rend bête, ébahi, celui qui est ainsi déçu. On dit prov. : « Bête offerte a le pied coupé, » c’est-àdire, perd beaucoup de sa valeur.

Le français laïdir, laid, est le latin /œdere, blesser, par conséquent rendre difforme; on dit : Laid coume pechié mortet, — « Si laid qu’i faudrait un patron (modèle) au bon Dieu pour en faire un de même. »

La locution : « Je t’en donne mon billet, » pour dire je t'assure, a pu prendre naissance dans une province où l’on ne croit guère qu’à ce qui est écrit.

Le latin Cannabis donne le normand Cambe et Cambre, et Cannivière, chennevière; on dit à Bayeux d’un mauvais ménage : « C’est comme la cannivière au diable : le mâle et la femelle n’y valent rien, » par allusion au chanvre mâle et au chanvre femelle.

La Chandeleur, litt. la fête aux chandelles , aux cierges, est l’objet de beaucoup de dictons :

À la Chandeleur

Les grandes douleurs (rigueur du temps).

A la Chandelour

Deux heures creissent le jour.

A la Chandeleur

La chandelle pleure (les veillées diminuent). À la Chaodeleu

Le méle est dans l'œu.

A la Chandelour

C'qui gèle la nuit dégèle le jour.

A la Chandeleur L'hiver passe ou prend rigueur.

Au temps du droit d’aînesse le puîné est la petite téle,. le capilellum, d'où Cadet (captel) : nous avouons cependant que dans la famille du latin caput, il n’y a pas de dé-.

rive qui change p en d. La Coutume de Normandie ne lui accordait que trois choses :

A Cadet de Normandie Espée, bidet et la vie.

Le latin Castellum, châtel, château, se trouve dans ce dicton du Bessin :

Pas de porte de châtel Sans martre ni blerel.

Et dans une ronde de l’Avranchin, qui semble garder le souvenir du célèbre Angot :

Ah! mon beau château,

Verte, verte, verte.

Ab! mon beau châtenv, Verte, verte, verte Angot.

Le synonyme de « être né coeffé » est quelquefois en Normandie « être né cauchié et vêtu. » Les Anglais disent « he is born with a silver spoon in his mouth » , il est né avec une cuiller d’argent dans la bouche.

Le français cheval, en norm. cheva, du latin caballus, figure dans ces dictons : « Ch’ n’est pas le cheva qui laboure l’aveine qui la majue (mange), » — Bète coume un cheva — et « Je m° f..... de té à pied et à cheva » rappelle un défi de la chevalerie.

Mais le mot chien figure dans un bien plus grand nombre : Être chassé comme un chien dans un jeu de quilles. — Un chien regarde bien un évêque. — Noble comme les quatre quartiers d’un chien. — Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il est enragé. — Comme disait Dagobert à ses chiens : N’y a si bonne compagnie qui ne se quitte. — Être à cheval sur le chien, c'est dire désappointé. — Il ne faut pas élever un chien pour se mordre.

Il y a un dicton normand qu'on peut rapprocher du texte de la Coutume du pays qui permettait au mari de

baltre sa femme jusqu’à la fracture exclusivement : « Auun, dit Terrier, n’est tenu à faire loi pour simple batture qu'il ait faite à sa femme, car on doit entendre qu'il le fait pour la chastier ; mais elle doit estre ouïe en derrière, s’il la mehaine ou luy crève les yeux. Car ainsy ne doiton point l’en chastier femme. »

Bat’à fred, bat à chas (chaud), Bats ta femme et n° la tue pas.

La soupe aux choux est d’un usage général en Normandie: c’est donc un axiôme hygiénique que le mot suivant et un tarif de la visite des médecins dans les temps anciens :

Une soupe aux choux Au médecin ôte cinq sous.

Le pain de chanoine, ou de première qualité, se dit Choine : Il ne faut pas mangier son choine le premier, c’est-à-dire dépenser d’abord ce qu’on a de meilleur, comme on dit aussi « manger son beurre avant son pain. »

Un vieux dicton, relatif à un usage normand, se trouve dans les Wiracles de. sainte Geneviève et renferme des mots de notre dialecte, je bets (je bois) chope, chopine :

A la guise de Normandie Je bets à vous de chipe en chope.

Les Cagous étaient une secte misérable et mendiante, et tiraient leur nom de cagoule, vêtement à capuchon couvrant jusqu’à la face, du latin cucullus, dérivé de culeus, sac; on appelait ironiquement un liard un louis de Cagou :

Un louis de Cagou Quatre pour un sou.

Diable est un mot qui entre dans beaucoup de dictons : « Mencr la vie, faire la vie, » s.-e. du diable.— Dever (devoir) à Dieu et au diable. — No n’peut pignier (peigner)

un diable qui n’a pas d’queveux (cheveux). — V'la l’diablequi battit Jean, c’est-à-dire la cause et la raison. — Vaut muus tuer le diable que le diable ne nous tue. — Quand le diable fut vuus, i s’ fit hermite, dicton cité par allusion dans le Mystère de Robert-le-Dyable : « Renard, je croy, devient hermite. »

La loc. « Dès le patron Jacquet » signifie dès le « paître au Jacquet » c’est-à-dire dès l'heure où se repaît l’écureuil, dont Jacquet est le nom cyclique, usité dans l’Avranchin : le pestre, le manger, se disait en vieux français.

« Être dedans » c’est être dans l'ivresse, dans la vigne, . comme dans ce dicton satirique contre les moines :

Il est dedans, Comme frère Laurent.

‘Un dicton normand donne un singulier nom à une épinaie, une haie d’épines, c’est-à-dire épinard, sans doute du bas-l. spinal :

A la mi mars, L'coucou est dans l'épinard.

Trois choses mettent la ruine au ménage :

Jeune femme, pain tendre et bois vert, Mottent la maison en désert.

Dans les dictons sur la femme, nous en remarquons deux dans le premier desquels il faut sans doute lire c fagot de bou » ou de bouleau, le bois le plus durable :

Femme couchée et fagot de bou, Homme n'en vit jamais le bout.

Femmes, moines et pigeons

Ne savent où ils vont.

Le français filasse est chuinté en normand, et se con-. tractant en anglais devient flax, lin, sens qu'a aussi filasseen Normandie :

Ni la filache près du tison, Ni la fille près du garçon.

Février est l’objet de plusieurs proverbes, par exemple : Faut que Févri emple les fossaies, et qu’Mars les ressèque (dessèche). On dit Février l’anelier,parce qu’il se fait alors beaucoup de mariages, c’est le mois des anneaux de mariages. Un d'eux est très-archaïque : on y remarque le vieux français nois, neige et pleger, garantir; un autre offre le normand grouf, Lôue, d’où l'anglais grout, sédiment, mortier :

Février donne neige, Bel été nois plège.

Jau de février Vaut grout de fumier.

Il y a en Basse-Normandie plusieurs fères ès cats, que les beaux parleurs disent foires aux chats, et sur lesquelles on se livre à bien des plaisanteries et des suppositions : c’est tout simplement Feria Acardi, Fère Acard ; une de ces fères ès cals se tenait à l’ermitage de St-Achard : nous soupçonnons la fère ès cats de Sartilly, près d’Avranches, d’avoir été établie par l’évèque Achard (xue siècle). Il y a peut-être une altération de ce genre dans Jeudi Angot, le dernier jeudi des jours gras, jour pour lequel chacun doit tuer son coq. Ce serait alors le jeudi au co, et après la tradition perdue ou altérée, on aura fait ce dicton :

Ch'’est aniou le jeudi Angot :

Qui n'a de la chai (chair) tue sen co.

En Basse-Normandie, quand on veut se moquer d’une grande fureur, on l’appelle la furie Talbot. Y aurait-il là un souvenir du général anglais Talbot, célèbre dans nos guerres de Nora:andie ? En normand {albot signifie une tache noire qui vient salir la peau.

Le peuple qui a toujours un mot pour chaque idée, qui

parle mieux que les savants, et garde la tradition et la pureté de la langue, sait aussi trouver des nuances délicates. On reconnaîtra aisément deux faits désagréables, deux péjoratifs dans les verbes suivants, brouillasser, faire un sale brouillard, fouillasser , remuer salement les feuilles : « Quand Mars brouillasse, Avri fouillasse. »

Le latin gallus resté au fond du français géline, subsiste pur dans un dicton railleur sur quatre vignobles, dont trois appartenaient à la Normandie :

Le vin tranche-bouyau d’Avranches Et rompt-ceinture de Laval,

Ont mandé à Renaud d'Argences, Que Coninhou aura le gal.

c’est-à-dire aura le coq ou le premier prix : dansles joûtes de coqs, le vainqueur gagnait le coq de son adversaire, et c’est encore un mot commun en Basse-Normandie : A mé l’co ! pour dire à moi le premier prix. Coninhou était à Rouen un nom commun, comme on le voit par un arrêt du Parlement de 1575, sur le « vin, cidre, poirey, conihoux. » Le vin d’Argences figure dans la Bataille des vins, d'H. d’Andely, où, quand Philippe-Auguste fait comparaître les bons vins, celui d’Argences retourne sur ses pas et n'ose se montrer.

Quant à galimatias, il ne vient pas d’une anecdote apocryphe où un avocat confondrait gallus coq et Mathias, son client : il nous semble être l’équivalent de galimafrée (sale mangeaille, de #dfrer, manger) et signifie aussi mauvaise chose à mâcher, à maquier, en normand, d’où gali-maquias ; or gali et gau sont dans plusieurs mots populaires des formes de malè, par exemple : le vieux français galifre, sale mangeur, glouton, signifie mauvais lifre : or, Rabelais appelle Lifrelofres les Suisses et les Allemands dont la gloutonnerie était proverbiale, et lifrée se dit en normand : « Tout checun me donne la lifrée. »

(Muse norm.) Toutefois le normand a réduit gali en gau, naturellement, témoin les mots shivants : gauplumé, mal peigné, gausec, mal sec, gautué, mal tué, à demi tué, gauvesce, mauvaise vesce, la vesce sauvage, gauchéne, mauvais chêne, l’érable, gaufresne, mauvais fresne, le sorbier.

Le dicton Faire d’une pierre deux coups, et tirer d’un sac deux moutures, se dit dans l’Ürne : Faire d’une bru deux gendres.

En Basse-Normaïdie, l'expression : « c’est la grêle » est un terme de mépris pour dire, c’est la misère ; on dit même : c’est la gréle de Moscou, souvenir de la misère de la campagne de Russie. On trouverait peut-être la clef de ce terme dans ce dicton de l’Avranchin : « il a grêlé, il a plu sur sa mercerie (vêtements), » pour dire qu’il est ruiné ou en grande décadence.

L’expression de l’Avranchin « lire dans le gramoère » appuie l’étymologie de grimoire par grammaire, jadis le livre des savants.

En Basse-Normandie hanter (le latin habitare) signifie courtiser, rechercher en mariage ; il y a un proverbe qui dit: « Qui hante longtemps n’épouse pas. »

La locution «€ être sur son dix-huit, » c’est-à-dire deux fois neuf, est un calembourg, et veut dire être dans ses plus beaux atours.

« Ne savoir ni jet ni carcul, » c’est ne pas savoir calculer: « Pour un jet de getons pour les calculs dudit hostel et la bourse, 18 deniers. » (Compies de Bayeux, 1507). C'est de ce procédé de calcul qu’on dit en anglais to cast up an account, faire un compte (avec des jetous).

Parmi les locutions latines qui viennent des cloîtres de l'église, du droit, des écoles, on peut citer « venir à jube, » à soumission, à dire : jube, ordonne; le diacre disait au célébrant : « Jube, domine, » et le français jubé désigne la partie de l’église où il disait ces paroles. À Avranches, on

dit: cavoir son audivi, » c’est-à-dire audience et octroi d’une demande. C’est par une singulière altération que l’on dit: « Phæbe, domine » dans les paroles que l'on fait dire, à la fête des Rois, à l’enfant qui tire le gâteau: il faut dire : « Ephebe, domine. » On dit encore : « N’avez ni repos ni oro, » ou le temps d’une prière. L’anglais dirge, chant funèbre, est le premier mot du psaume Dtrige.

L’équivalent du proverbe : « oisiveté est mère de tout vice, » se dit en Normandie : « l’homme a laisir n’a jamais bien fait. » Cette forme laisir, leisir, se rapproche de la racine, qui est le latin licere, et conduit à l'anglais Leisure.

Un encouragement à l’épargne se fait sous cette forme : « Liard à liard la coutume s’amasse. » Or la coutume est le droit d'usage qui se perçoit sur les denrées apportées au marché.

Le souvenir des Montgomery reste toujours très-vivant. dans l’Avranchin, où ils avaient des grandes possessions ; la part du lion s’y dit la part de Mongommery, et on ajoute :. « tout pour li et ren pour les autres. »

La Saint-Michel est l’époque de la récolte de: fruits de. garde, ou comme on ditde son nom, de la Michaud, Micaut,, Migaut : un dicton sur cette dâte nous livre deux mots normands, lieu etglieu, le français glui, litt. paille pour lieure, liure et mesles, du latin mespilus, dégénéré dans la forme bizarre moderne de nèfle :

A la Saint-Micheu, Mesles sont à mettre aa lieu, Mais à la Toussaint,

Bouenn'’ à mettre ès mains.

Le normand luisarner est un péjoratif de luire, maï luire, et figure dans un dicton cité par de Brieux :

Soleil qui luisarne au matin, Fcemme qui parle latin

Et enfant nourri de vin, Ne viennent jamais à bonne fin.

A Avranches, on ajoute : Prêtre qui danse.

La locution « être dans ses bonnes, » sous - entend ‘lunes : en effet on dit: «il est dans ses lunes, dans ses mauvaises lunes, » de là le français lunatique. Shakespeare dit aussi: « Your husband is inhisold lunes » dans les Commères de Windsor. Il n’y a aussi sans doute qu’une ellipse pour expliquer le mot « Couillon (poltron) comme la lune, » par exemple comme qui a peur de la lune.

La maille tournois, la maille élait une monnaie du moyen-âge : ainsi « avoir maille à partir (partager) avec quelqu'un, c’est avoir partage d'argent : de là le français pince-maille et camail, litt. tête de mailles, tramail, filet à trois mailles.

Parmi les nombreux proverbes sur mai nous citerons : « Le meis de mai, coue (queue) d’hivé. — Caud mai et fred juin donnent pain et vin. »

Le terme enfantin € dire main, faire main, » pour embrasser, caresser, nous semble renfermer le vieux français main, matin (manè), resté dans le français semaine (septmains), sept matins; Bon main signifiait donc bonjour, comme on le voit dans ce texte : « Otto pater Jegalos introductos bon man habere romanicè dixit. » (Mabillon, Acta 8. V. 21). On dit : « En être au premier son de matines, » ou tout ou commencement d’une affaire, par allusion au son de matines qui annonçait le commencement de la journée.

Sur le mariage les dictons ne manquent pas et ils sont empreints d’une grande sagesse : « Marie-té ou n’te marie Pas, tu l’en repentiras. — Autant de mariages, autant de ménages. »

Nous avons cité le psaume Dirige qui a donné à l'anglais dirge, chant de douleur; voici maintenant un dicton qui

désigue les saisons par les chants de l’église à certaines époques ; on reconnaîtra le dimanche où l'on dit le modicum, le troisième après Pâques :

L'ante te (l'avent) est passé,

Plus de boen temps à espérer.

Le modicon n'est pas passé,

Le mauvais temps peut arriver.

On appelait la semaine du dimanche, modicum, la semaine maudite, par un calembourg, parce que le refrain modicon se rapprochait beaucoup du vieux français maudicion, malédiction.

L'ancienne expression « c’est mon, » c’est mon avis, s'emploie encore à Mortagne, selon MM. du Méril (Dict. du patois norm.) Dans Molière, elle devient gamon.

Le vieux mot mire, mière, médecin, dérivé de medicarius, existe à Villedieu dans la Ruelle-au-mire et dans ce dicton du Bessin :

Qui court après le mière, Court après la bière.

Le français métier, mestier, est le latin ministerium : il avait autrefois le sens de besoin ; il èst encore fort en usace à Cherbourg, selon M. Jolis, qui cite : «il est bien métier de faire telle chose. » (Mém. de l’Ac. de Cherb. 4852, p. 22.) On parle ainsi sur les bords de la baie du Mont-Saint-Michel, et nous avons entendu : € Vos avais d’biau cambre (chanvre) —il en esthien métier itou (aussi). » Ce motentre dansles proverbes : e Chacun sen metier et les vacques seront bien gardées. — N'y a pas de sot métier ; n’y a que d'soltes gens. »

Le meunier (molinarius) est très-maltraité par la langue populaire : c’est l’homme qui opère en cachette, c’est l’ennemi, c’est le voleur : Rien d’pu hardi qu’une queminse (chemise) de mounier : o (elle) prend un voleux à la gorge. On chante ces vers dans l'Avranchin :

Mônier pastou (garçon meunier), La corde au cou,

Les fers aux piés,

Voleux de bliés.

Le normand caud, chaud, et moufle, mufle, donne l’étymologie du français camouflet, du reste bien déterminée par ces vers du Mystère de la Nativité :

Qu'oa lui donne uug chault moufilet, Ou hardiment un grand soufflet.

Aux proverbes de parcimonie déjà cités, on peut ajouter :

Mouche-chandelle et gratte-tison Met la ruine à la maison.

Bois vert, pain chaud et cidre nouviau Mettent la maison à vau l'iau.

On appelle pomme d’Adam le nœud de la gorge : à Avranches on le nomme le Nou-Gabrié : « Bère et mouegier jusqu’au nou Gabrié, » d’après une légende qui raconte qu'Adam, voulant rentrer dans le Paradis terrestre, fut renversé par l’ange Gabriel, qui en le terrassant lui fit au cou celte saillie.

Par avis, avicella, aucella, vient le français oisel, oiseau, et par auca, contr. du dernier, vient le vieux français auque, et oue, oie, resté dans la Reine Pedauque et le nom propre Piedoue : aussi nos nombreuses rues ès Ours sont les rues ès oues, ou ès oies, celles des rôtisseurs d'uies. Le mot oiset est dans beaucoup de dictons, par exemple : « Che n’est pas la cage qui nouerrit l’oiset.— Sot oiset qu’est prins deux feis au même trébuchet. — A tout oisiau, sen nid semble biau. »

Le mot ambassadour a pénétré dans le langage populaire, comme entremetteur de mariage : nous le citons à ce titre et pour son étymologie qu’on est allé chercher bien

‘loin, dans les idièmes germaniques : c’est le bas-latin ambagtator, d'ambages, devenu ambaxiator.

« Bâti comme quatre sous, > mal vêtu, c’est-à-dire comme une fille à quatre sous.

Le latin palla, manteau, reste dans le français poële (funèbre) en vieux français paele, et subsiste dans le dicton : « Avoir l’air du bon Dieu sous une pèle, » c’est-à-dire sous la toilette ou voiletle qu’on tend au pied de l’autel sur la tête des mariés. Quant à poèle (à frire), c’est le latin palella, en normand péle, qui entre dans un proverbe : « la pêle fait reproche au caudron, » (chaudron), quand une personne vicieuse en attaque une autre.

Le mot pain entre dans un bon nombre de dictons : « Long comme un jour sans pain. — Etre à pain et à pot; c'est partager tout ensemble. — Bon comme le bon pain. — Grossier comme du pain bis. — Un chapon de Normandie : une croûte de pain. » De panis vientpanartum, panier : « Mariez un panier, l’anse lui cherrait (tomberait). »

Dans l’Avranchin à la vue des premiers papillons on chante :

Papillon blanc,

Prends quenouille et va-t-aux champs.

Papillon jaune,

Prends du bois et puis te chauffe.

On dit en Normandie, pays où il était permis de se dédire,mème après le lendemain du contrat, d’où la locution: « Dormir sur le contrat, » ou réfléchir ; on dit : » les écrits sont des mâles et les paroles sont des fumelles (femelles). »

Le latin pauper donne le français pauvre, le patois poure, l'anglais poor. Ce mot entre dans plusieurs dictons : « Le vent n’est pas trejous (toujours) dans la porte d’un poure homme. — Se jeter sur quiqu’un eoume poureté sus l’'monde. — Poure tchiin (chien) qu'tas de puches ! » (puces), dit-on d’un pauvre orgueilleux. On dit

aussi par profond mépris : « Pauverté de chennevière, où qu'on te mettra à roui ? » (rouir), c’est-à-dire résidu de chennevière.

Le français appuyer signifie litt. gravir une hauteur,un puy (podium), en vieux français appoier, monter en haut : en Basse-Normandie on dit : « Tous les bouens amins (les amants) n’appient pas, » ne persistent pas.

« Magier (manger) en peleutre, » en avare, offre le pop. pleutre, litt. le peleutré, le pelé, le râpé.

Le vieux français poiser, peser, être à charge, reste dans nos nombreux moulins Quicampoix, litt. n'importe Qui qu’en poist, à qui cela pèse, terme de défi, de concurrence, comme Quiquengrogne avait ce même sens appliqué aux portes, aux tours de forteresses féodales; ce terme du vieux français subsiste dans le dicton bas-normand : « Le diable n’m'en peut, » en vieux français peust, le diable ne m'importe pas, je ne me soucie du diable, et il s'emploie au moment de faire un acte hardi ou mauvais.

Le Cotentin se distingue par la crudité de l'expression, et son langage est d'accord avec sa race forte et charnue. Il y a peu de dictons aussi réalistes que celui-ci : € Le maître tcheu li (chez lui), pisse d’accroupi. » Que veut-il dire ? Qu’au logis, la femme est la maîtresse.

Sur la Pentecôte, en patois Panecoülte, il y a deux dictons :

Eatre Pâques et la Panecoûte, Le dessert est une croûte.

A la Penecoûtle, Les cerises se goùtent.

La pluie est de mauvais augure, si elle tombe un certain jour :

S'il plieut le jour Saint-Phelipppe, N'est besoin de toniax ni pipes.

La pie, en latin pica, et son diminutif pop. pitiau, le

petit de la pie, figurent dans un bon nombre de dictons : « Prendre la pie sus l’nid, » ou mettre la main sur une bonne affaire, d'où ironiquement : « On dirait qu'il a pris la pie et les pitiaux. » — Telle chante la pie, tel chante le pitiau. — Triste comme l’enterrement d’une pie, » dicton dont l'origine nous échappe; mais il pourrait bien y avoir dans la poésie populaire l'Enterrement de la pie, comme ya la Noce du papillon.

À la mi-querêéme,

Les pies sont au quêne (chêne).

A la Paques-fleurie,

L'œu est sous la pie.

Aux Rogations,

Les pitiaux s'en vont.

Les expressions écrites ainsi € neir (noir) comme brai, neir comme terre, » signalent encore une tradition perdue : il faut « neir comme ter, » c’est-à-dire comme goudron, le. “vieux français terc, l'anglais far ; c’est le français tartre, le dépôt d’un liquide.

Le français pinte signifie vase peint de signes qui en garantissaient la mesure. En Haute-Normandie, Fesse-pinte est un type d’ivrogne, qui se retrouve dans un livre imprimé à Rouen, en 1544 : Bringuenarilles, cousin-germain de Fesse-pinte. Un autre type d’ivrognesse est Margot Pinton « qui aime mieux sa pinte que son demion. » La locution € vendre pinte et fagot, » signifie vendre cher, comme le cabaretier qui fait payer pour le boire et pour le feu.

« Etre dans son périer (poirier) de Libaut, de Channevin (deux bonnes poires), » c’est être au comble du bonheur. On dit de la mauvaise répartition d’une chose : « S'ilya une bonne père dans un périer, c’est pour un cochon. » Il ÿ a dans l’Avranchin une singulière expression : « Î fait de sa poire, » qui signifie il fait le fier.

Le français pois, en patois pés, du latin pisum, entre

dans le proverbe : € Qui prend un pès, prend bien une feuve, » et dans le dicton :

Fais tes pés le jour St-Eutrope, Tu n’en eras que {rop.

Beaueoup de dietons sur la pluie :

S'il plieut sus l'curé,

I dégoutte sus l’vicaire.

S'il plieut le jour St-Phelippe,

I n’faut ne toniau ne pipe.

S'il plieut sus la chapelle (reposoir de la Fête-Dieu), I plieut sus la gavelle.

S'il plieut à la St-Garwais (19 Juin), I plieut quarante jours aprés.

S'il plieut le jour St-Medard,

Le tiers des biens est au hasard.

Pluie d’hivé, serein d'été,

Ne firent jamais poareté.

La Normandie a naturellement une bonne collection de mots sur la pomme et le bère, le cidre, le boire de la province, par exemple : € Fleur n’est pas pomme, pomme n’est pas bère. — Donner à plus de diables qu'il n’y a de pommes en Normandie. »

Si le solei rit à la Sainte-Eulalie, Y era pomme ou cidre à la folie.

Année hannetoneuse (ou venteuse), Année nommeuse. |

Le patois dit régulièrement poner, pondre, du latin ponere, qui entre dans ce dicton : « Les poules ponent par le bé, les vaques par la goule, » pour montrer l’importance de la nourriture. |

Du latin porrum, vient le français poireau, en normand. porée :

Porée mal plantée

Vient comme une eragée (enragée).

Bouenne et maôvaise poirette, Faut qu'Mars la trouve faite.

l'armi les substantifs infinitifs du langage populaire, nous avons déjà vu € le paistre au Jacquet, » le repas de l’écureuil ; nous en citerons encore d’autres dans ces locutions : « Facile au prendre, dur au rendre. — Ch’est le bouen Dieu au prêter, le diable au rendre. » Ce procédé était souvent celui du vieux français, analogue à l’emploi du participe-substantif, particulier à la langue anglaise ; en voici quelques exemples : « Quanke fut au prendre, il ne voulut pas. — Il dit qu’il fut au prendre du gibier. » (Enquéle de 1272.)

Le proverbe € l'oiseau de bonne aire de lui-même se fait,» nous reporte au terme de fauconnerie « être de bonne aire, être de pute aire, » c’est-à-dire de bon ou de mauvais nid, ou race, d’où le français Débonnaire dont le noble sens s’est beaucoup altéré.

On dit proverbialement : *

Une femme, une chèvre, an pis (puits), Ch'est pour gâter tout un pays.

Le proverbe latin « omnis comparatio claudicat » fondé

sur la diversité radicale de toute chose, a pour pendant « Comparaison n’est pas raison. » Or, de ce mot raison nous semble venir une étymologie très-controversée, celle de haranguer : c'est le mot populaire, et le vieux français arraisonner nasalisé et contracté en arrain-ner, persuader. On disait aussi, en vieux français, raigner, raisonner.

* Le latin plorare est sans doute per rorare : son dérivé français pleurer, en normand, plieurer, entre dans les dictons : « Plieurer comme mé (mer) qui monte. — Saint Médard, grand plieurard, » c’est-à-dire fécond en pluies.

Un des mots les plus méchants qui aïent été lancés au Normand est celui-ci :

Rousseau Français, neir Anglais, Blanc Italien, ce sont treis,

Et le Normand de tout âge À qui jamais ne s’fie le sage.

On dit aussi du pelage des bêtes ovines :

Tout poil, bonne bête; Mais le rouge est | maîte (maître).

C’est saint Amator qu’il faut voir dans le saint Amados,,. ou même Amadou, de ce dicton du Bessin :

En chair et en os, Comme saint Amados.

Saint Mard est saint Médard , duquel on dit : « Comme saint Mard qui beuvait et mouegeait tout et donnait le reste ès poures. » Le peuple traite assez familièrement les saints : ainsi il dit Jacquet pour saint Jacques, Marquet pour saint Marc, et, comme on le voit dans cette allusion à la Fète- Dieu, tombant la veille de la Saint-Jean, jour de jeûne :

Quand Jean fait jeûner Dieu, Abondance de bien en tout licu.

C’est ainsi que le dicton dit qu'entre la saint Georges et la saint Marc, il n’y a que la saint Guillaume : Entre Georgette et Marcette

N'y a qu'une journée solette, Que Gliaumette s’y mette.

Le souvenir des Sarrasins est resté dans la langue populaire dans un sens odieux. À Valognes, les enfants se disent comme une injure de cruauté : Vilain Sarrasin, va! En vieux français Sarrasins signifiait les gueux, les Bohémiens. Quant à la plante de ce nom, sa dénomination nous est venue par les Arabes, mais sa plus ancienne mention en Normandie ne remonte pas au-delà du xve siècle. Aussi le dicton suivant ne peut être bien ancien :

Septembre doux et bénin Mürit le bon sarrasin.

Ni lPaxiôme égoïste « charité bien ordonnée commence par sei » jouit d’une vaste popularité, on rencontre encore par-ci par-là des maximes contraires, dont une est fort bien tournée :

Ren n'est plus à sé

Que c’ qu'on a donné.

Et l’on s’écrie avec indignation :

La main du Serpent,

Qui donne et reprend!

Le vieux français avait, pour les fêtes de la Vierge, celle de l’Annonciation, en mars, et celle de septembre, deux mots formés en esse, ce féminin populaire ; mais le dialecte normand en chuintant cette finale, a produit septembrèche et marchèche, comme on le voit dans ce dicton où la première rime est déterminée par les deux autres :

La bouenne fileresse Coumenche à la septembrèche Et finit à la marchèche.

Le vieux français bissexte, signifiait fatalité, malheur, parce qu’au moyen-âge la mauvaise influence du jour et de l'an bissextiles était proverbiale : « Ce bissexte tomba sur le roi et sur son peuple. « Il subsiste encore en Normandie; à Mortagne on dit : «Il a fait du bissètre, » il a fait un accident, brisé un objet, comme on dit d’un maladroit qui brise tout: il a la main maudite. Molière disait encore : Il va nous faire du bicètre. (L’'Etourdi).

Il est tellement vrai que c’est leur entourage qui donne aux mots leur signification, qu’il y a en normand cinq ou six mots différents qui se prononcent presque de la même manière, sans qu'il y ait pour cela confusion et obscurité ; ce sont : sé, soi, sé, soif, sé, sel, 6é, sec, sé, soir. Ces deux derniers entrent dans ce dicton :

Arc-en-ciel du matin Mot la mare au quemin (chemin).

Arc-en-ciel du sé Met la mare à sé.

Le vieux français chaloir, il chaut, il importe, est resté dans chaland, partisan, et dans nonchalant et achalander : c’est le latin callet. Il a donné au langage populaire chalandise : il entre dans ce dicton et montre l'influence du titre en toute chose: « L’enseigne fait la chalandise. »

On sait que l’anglais dit, par exemple : « J'irai vous voir sur lundi : » Un dicton normand offre une forme analogue :

En août quiconque dormira Sur midi, s'en repentira.

La variabilité du temps, aux deux grandes époques de Pâques et de Noël, a fortement impressionné les esprits, puisqu'elle a produit toutes ces variantes :

A Noël au balcon, A Pâques au tison.

À Noël les moucherons, A Pâques les glaçons.

Noël, à ses pignons, Pâques, à ses tisons.

Valognes, jadis ville de noblesse, le Versailles du Cotentin, était loué, à la façon des Marseillais pour leur Cannebière, dans ce dicton :

Six mois de Paris, trois mois de Valognes, Font un parfait gentilhomme.

La saint Mathias est l’époque où l’on fait disparaitre le

veillas, le bâton à pied qui porte la lampe :

La saint Mathias , Est le cache-veillas.

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