‹ Avranchin monumental et historiqueChapitre 32 sur 37 · ORIGINES GERMANIQUES · texte numérisé non relu

ORIGINES GERMANIQUES

Le français garder est le germanique Ward, Wahre, d'où le patois Agarder, regarder, qui donne le français

RES ESERE ER e Fr CR ES me Où me CR

— ASÙb — Egard. Ce mot figure dans un joli proverbe, d’un sens juste et profond, qui veut dire que l'intérêt se cache sous les prévenances exagérées : « Egard fol est un dol, » et le mot fol lui-même est l'islandais fol, stolidus.

Le français blaireau, le vieux français blairel, vient de l'allemand blæren, crier, en anglo-saxon Blare :

Pas de porte de chastel Sans martre ni blerel.

Le burgh germanique, le français bourg, a produit Bure, buron, petit village sur une hauteur, et par extension, habitation rurale, chaumière. Pour peindre la pauvreté d’un homme, qui n’a ni feu ni lieu, on dit : «il n’a ni maison ni. buron. »

On a tiré le français fougère du radical germanique fulier, nourrir : nous croyons que e’est une forme du latin filix : filicaria, filgaria, fulgaria. Ce mot entre dans ce dicton agricole :

Au pied de la reche, le grain, Au pied de la fougère, la faim.

Le nom de renard est d’origine germanique, et il est expliqué par M. du Méril, par Regin, conseiller et hart, habile. Il dit lui-même dans le Roman de Renars :

Si ai maint conseil doné, Par mon droit nom ai nom Renart.

Le peuple qui fait des féminins à tous les noms, dit renarde pour la femelle. On dit dans l’Avranchin : e Criercomme une renarde chaude. » :

Un mot normand GAcHE, galette à l’eau, qu’on mangeavant le pain, représente l’allemand Wasser, eau, et mieux l’anglo-saxon Wash, mouiller, d’où le bas-normand Vouéchier, mouiller, laver, d’où le français gâcher ; le diminuüf de gâche est gâchereau, contracté en gâreau, espèce

de gâteau : Ces mots populaires figurent dans ce dicton: « Faut ménagier dès la gâche. — Les fileresses ne vivent pas de gâreau. »

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