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Frederick

AU PATS d'exil de CHATEAUBRIAND 215

de Londres, et peut-être à la demande de Château* briand ou du moins sur la foi du tendre intérêt qu'il lui avait de nouveau témoigné. Mais les événements n'avaient pas travaillé pour elle comme pour Mathilda. L' a autre femme » n'était pas morte^ et lui, il était ministre, n'ayant d yeux, d'oreilles, de pensée ni de sentiment que pour la guerre d'Espagne, « sa guerre ». Elle tombait bien, la trop crédule voyageuse de Bungay I Elle fut vraisemblablement reçue et congédiée à la va-vite, un peu comme une parente de province.

Lui-même en faitTaveu :

Par une de ces misères inexplicables de Thomme, préoccupé que j'étais d'une guerre d'où dépendait le sort de la monarchie française, quelque chose sans doute aura manqué à ma voix'.

Oui, ni l'accent ni Tâme n'y étaient plus. Charlotte comprit et se retira, le cœur plus navré peutêtre qu'au lendemain du premier abandon. Avant de regagner l'Angleterre, pour s'y ensevelir à jamais dans le linceul du passé, nous savons par l'auteur des Mémoires qu'elle « lui laissa une lettre où elle se montrait blessée de la froideur de sa réception ». Et il ajoute :

Je n'ai osé ni lui écrire, ni lui renvoyer des frag-

1. Mém» d'0,'T,y t. IV, p. 282. — Nous savons, par un livre récent de M. Léon Séché, qu^à côté de cette préoccupation, il en avait d'autres, auxquelles Tamour n*était pas étranger.

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mentt littéraires qu'elle m'avait rendas et que j^avais promis de lui remettre augmentés'.

A quiivze ans de là^ comme elle était presque aux portes de la mort, nous avons vu qu'il eut une dernière fois de ses nouvelles^ par son fils. Et ce fut tout.

Ce fut tout, je veux dire qu'il n'entendit plus parler d'elle; mais il ne semble pas qu'elle soit jamais complètement sortie de sa pensée. Quatre années avant sa fin, alors qu'il appliquait ses forces défaillantes à rédiger pour sa pénitence le pensum, d'ailleurs plein de traits admirables, qui s'appelle la Vie de Rancé^ le nom de Charlotte se présentait encore sous sa plume*. Le souvenir de cet unique amour de sa jeunesse plana jusque sur son déclin^ a douce lueur du passé, rose pâle du crépuscule qui borde la nuit* »k

Et il continue, il continuera de planer sur son œuvre. Tant que durera cette œuvre, la « fille du pays de Desdémone et de Juliette » qui, sous des

1. Mém. <î'0.-r.,t. IV, p. 282. — 11 dit encore (p. 282-283) : « S'il était vrai qu'elle eût eu une raison véritable de se plaindre, je jetterais au feu ce que j'ai raconté de mon premier séjour outre-mer... Le désir de brûler ce qui regarde Charlotte, bien qu'elle soit traitée avec un respect religieux, se mêle chez moi k Tenvie de détruire ces Mémoires i>.

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