‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 19 sur 138 · Wilton Rix, Beccles Men ofother dajs, p. 29, noie · texte numérisé non relu

Wilton Rix, Beccles Men ofother dajs, p. 29, noie

AU PAYS d'exil db ghatbaubriand 39

encore dans celle de son génie, si cependant en« seigner le français peut être de quelque efGcacité pour apprendre à l'écrire.

J'ai dit que la BrightUy's School et la Fauconberge School faisaient volontiers échange de bons procédés. Attaché en titre à la première» Chateaubriand ne laissa pas d'instruire aussi les élèves de la seconde. Wilton Rix nous montre les pupils de M. Girdlestone traversant par files la chaussée de Blygburgate Street^ pour aller, sous le toit de chaume de l'école concurrente, assister aux leçons du nouveau professeur.

Mais comment ce nouveau professeur se trouvait-il là ? A quel hasard devait-il d'avoir obtenu cette « place » chez M. Brightley? Par quel intermédiaire avait-il été mis en rapports avec l'obscur directelir d*une minuscule pension de province, ensevelie à cinquante lieues de Londres? Ici, l'érudition de Wilton Rix nous laisse à court, et nous en sommes réduits aux conjectures. Il se pourrait que M. Brightley, préoccupé de rehausser le lustre de son école, eût songé, par le moyen d'une annonce insérée dans un journal de Yarmouth ou d'ailleurs^, à s'assurer la collaboration d'un des

1. Si, comme Taffirme M. Dick, il n'y avait pas de journal à Yarmouth, il en existait d^autres dans la région, par exemple The Ipswich Journal dont on trouve, dans la collection Wilton Rix, un numéro portant la date du « Samedi, 2 juillet 1743 ». Peut-être même Beccles possédait-il déjà son organe, cette East Suffolk Gazette qui a présentement ses bureaux et sa flamboyante enseigne juste en face du King's Head Hôtel,

nombreux « réfugiés » qui battaient alors le pavé des villes anglaises, en quête d'un gagne-pain. Cette hypothèse aurait pour elle de concorder, au moins à quelque degré, avec la version des Mémoires.

Une autre solution du problème serait la suivante.

En sa qualité de chef d'institution, M. Brigthley entretenait nécessairement de fréquentes relations d'affaires avec les éditeurs londoniens, partant avec Deboffe, a si estimé dans la librairie anglaise d, au témoignage de Chateaubriand*; mais, à cette date de 1794, il y avait pour lui un intérêt majeur et tout personnel à multiplier ces relations et à les resserrer. Il s'apprêtait, en effet, à se retirer de renseignement ; et dans quelle vue? Pour créer à Bungay une maison d'imprimerie qui, aujourd'hui encore, est une des plus achalandées de l'Angleterre. Alors, voici, par exemple, comment les choses ont pu se passer. M. Brightley écrit à Deboffe : « C'est décidé : je me fais imprimeur et j'espère qu'à l'occasion vous voudrez bien me favoriser de vos ordres », — « Comptez sur moi », répond Deboffe; « mais, à ce propos, j'ai ici un de mes compatriotes, jeune homme de belle naissance et de grand talent, malheureusement dénué de toute ressource, à moitié mort de misère et ne pouvant, faute d'un régime plus substantiel, mener à terme un remarquable ouvrage que j'ai promis

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