‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 71 sur 138 · Mém, d'O.'T.y 1. 1. p. 114 et · texte numérisé non relu

Mém, d'O.'T.y 1. 1. p. 114 et

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parcourir en hâte quelques cantons déjà trop civilisés, le ministre avait séjourné des mois et des années, parmi les grands spectacles du monde primitif, de l'authentique « nouveau monde ». Il s'était enfoncé dans les savanes, il avait descendu les fleuves en pirogue, il avait vécu sous Tajoupa, fumé le calumet, longuement pratiqué cet « homme sauvage d dont l'auteur des NatcheZy en partie esquissés dès lors, se proposait ^'écrire V « épopée »^, accompli, en un mot, toutes les prouesses que le cadet de Bretagne n'avait réalisées qu'en rêve. On conçoit sans peine de quel intérêt devait être pour l'émigré la conversation d'un hôte aussi renseigné sur le sujet qui lui tenait le plus au cœur. Ajoutez que c'est, selon toute probabilité, dans la bibliothèque de John Ives, et sur ses indications, que Chateaubriand feuilleta de près les relations américaines d'un Garver, d'un Bartram', qui, avec les œuvres de RaynaP, de Gharlevoix et quelques pages des Lettres édifiantes \ ont inspiré tant de

1. « J^étois eDCore très jeune, lorsque je conçus Tidée de faire V épopée de V homme de la nature et de peindre les mœars des Sauvages ». {Natckez, Préface, t. I, p. 2.) ' I 2. Sur les emprunts que Chateaubriand a faits à ces auteurs, ainsi qu*au Père Cbarlevoix, cf. J. Bëdier, Études critiques , p. 194-287.

3. Il avait dû le pratiquer dès Combaurg. M. de Chateaubriand père avait un culte pour cet auteur : « Il lisait.*». VBis-^ toire philosophique des deux Indes^ dont les déclamations le charmaient; il appelait Tabbé Raynal un maître homme ». {Mém. d'O.'T., t. I, p. 192 )

4. Les Anglais, — écrivaît-il en 1801 — « n'ont point de monii* ment tel que les Lettres édifiantes » {Mélanges littéraires^ p. 73).

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brillants « motifs », je ne dis pas seulement des NatcheZy mais à^Atala^ mais du Génie du Christianisme^ — pour ne parler ni du Voyage en Amérique ni des Mémoires d' Outre-Tombe.

Voilà, n'est-ce pas? pour le « pauvre banni* » d assez bonnes raisons de se complaire dans la société de ces braves gens. Et il me reste à faire valoir la meilleure^ la plus décisive : vous avez nommé Charlotte.

Les registres de S^ Mary mentionnent ainsi son baptême, à la date du 10 mars 1780 : « Charlotte, fille de John Clément et Sarah Ives, clerc, née le 9 ». Sur la fin de 1795, vers Fépoque où le french teacher de Beccles installa une classe dans la maison de Bridge Street^ elle avait donc bien les quinze ans que lui donne Fauteur des Mémoires^. «C'était, — dit Rider Haggard — une jolie et charmante young lady^ aveô de grands yeux sombres {large dark eyes) dont on se rappelle encore la flamme dans le voisinage «.Ce que les Mémoires d' Outre-Tombe ont surtout retenu d'elle, ce sont « ses cheveux noirs » et « ses beaux bras », aussi blancs qu' « une chatne de lis »^ Mais, si vous désirez une image d'ensemble, ouvrez les Natchez et voyez la première apparition de Charlotte, je veux dire de Géluta, dans la vie de René :

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