‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 73 sur 138 · Mém. (fO.-r.,t. II, p · texte numérisé non relu

Mém. (fO.-r.,t. II, p

3. Cf. ci-dessus, p. 136. — Après le départ des deux « Floridiennes », Chateaubriand leur applique une endecha empruntée à Camoêns, dont plus d*un trait pourrait se rapporter à Charlotte : « Cette captive qui me tient captif, parce que Je

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sa propre mélancolie. Mais, d'autre part, si Ton réfléchit à la vie sans horizon que Charlotte avait du mener jusqu'alors, entre son père et sa mère, dans le Bungay de ce temps-là, qui aux hommes mêmes n'offrait que des distractions assez grossières, on ne s'étonnera pas qu'une jeune fille intelligente y ait été sujette aux atteintes de cette maladie, d'ailleurs nationale^ le spleen... Car Miss Ives était intelligente, et son père avait du moins utilisé quelques-uns de ses innombrables loisirs à lui orner l'esprit. Chateaubriand va jusqu'à lui décerner Tépithète de « savante ». Comme Françoise de Rimini et Paolo Malatesta, les deux héros de cette Dwine Comédie qu'ils expliquaient ensemble, ce fut en penchant leurs fronts sur le même livre qu'ils se prirent mutuellement le cœur^

Admis chez les Ives, dans le principe, pour enseigner le français à leur fille, l'émigré ne s'acquitta pas trop mal de sa tâche, s'il est vrai qu'à Londres, en 1822, son ancienne élève pouvait lui dire : « Mylord, je vous parle à présent dans la langue que j'essayais avec vous à Bungay". » Peu

vis en elle, n^épargne pas ma vie. Jamais rose, dans de suaves bosquets, ne fut à mes yeux plus charmante... Sa chevelure noire inspire V amour \ sa figure est si douce que la neige a envie de changer de couleur avec elle; sa gaieté est accompagnée de réserve : c'est une étrangère; une barbare, non ». (Mém. d'O.'T,, t. I, p. 409.)

1. Mém, d'0,'T,y t. II, p. 134 : « Je m*embarrassais quand j'essayais de traduire quelque passage du Tasse. J^étais plus à Taise avec un génie plus chaste et plus mâle, Dante ».

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