yi>t<i.,p
150 AU PATS d'exil de CHATEAUBRIAND
à peu, les leçons s'étaient naturellement prolongées en causeries. Miss Ives était curieuse de littérature, Chateaubriand n'avait pas de plus grand plaisir que d'en disserter. Il ouvrit pour son élève ses carnets, lui communiqua ce qu'il appelle « des plans d'études ». C'étaient, je suppose» les notes qu'il avait rédigées pour son propre compte, au hasard de ses lectures et de ses engouements : elles contenaient sans doute, avec ses réflexions personnelles, des « morceaux choisis » de ses poètes de prédilection. Il nous raconte^ que Charlotte, qui les avait conservées, les lui rapporta plustard^ quand il Isk revit.
Ces notes ont certainement existé, puisque Villemain parle des <k extraits qu'on en peut lire », comme s'il les avait eues sous les yeux. Il les déclare même « innocentes », « irréprochables », et se montre un peu surpris que « ce commerce discret et sévère » ait eu des effets tellement « puissants )) sur l'esprit de la jeune Anglaise'. Il est clair que s'il n'y avait eu que les « plans d'études » ! . . . Yillemain oublie qu'il y avait aussi la façon de les présenter. C'est un art où Chateaubriand ne laissait pas, dès cette époque, de posséder quelque maîtrise; et le plus surprenant eût été que la toute jeune fille de John Ives subît sans en recevoir une vive et profonde impression les prestiges de cet