‹ Ay pays d'exil de ChateaubriandChapitre 85 sur 138 · Les Natchez, t. I, p · texte numérisé non relu

Les Natchez, t. I, p

162 AU PATS d'bxil de chateaubriand

lente musicienne et chantait — disent les Mé^ moires — comme aujourd'hui madame Pasta ». Le « vieux ministre », lourd de sommeil et peut-être de vin, ne tardait pas à s'endormir; Chateaubriand, « appuyé au bout du piano », écoutait « en silence ». Vous vous rappelez Atala ^ :

Tout à coup la fille de Texil fit éclater dans les airs une voix pleine d'émotion et de mélancolie...

Et vous vous rappelez aussi la Floridienne triste, dont la « voix de velours* » faisait dire au voyageur des bords de FOhio, de TOhio qui coule en Sufifolk :

Quiconque n'est pas sûr de sa vie se garde de Tex*poser ainsi jamais! On ne peut savoir ce que c'est que la passion infiltrée avec la mélodie dans le sein d'an homme*.

Toutes les énergies inemployées de son cœur se réveillaient en René, aux accents de Charlotte. Parmi les airs qu'il se plut à lui faire répéter figurait, soyons-en convaincus, la complainte, alors célèbre en Angleterre sous le nom de « Monodie du Major André », dont il raconta, plus tard, dans une note de VEssai^, qu'elle lui avait été chantée

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