‹ Ayesha, ou La jeune fille de KarsChapitre 13 sur 19 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

S'arrachant les clieyeux , cédant à ses alarmes, Florence s’écria : — Mon amant! mon époux!

Sire Cbarle^à ses cris répondit par des larmes.

Chatterton.

Le combat continuait avec un acharnement sans égal et les combattans poussaient des cris si furieux, qu’ils interrompirent la suite des réflexions que faisait naître dans l’esprit d’Osmond le billet qu’il avait reçu d’Ayesha. Il s’approcha de la fenêtre, et Stasso, lui montrant Hassan, lui raconta ce qui venait de se passer entre eux. Cette circonstance offrit à Osmond une lueur d’espoir; mais Stasso, secouant la tête, ajouta; — C’est un démon! Tous les Kourdes sont des

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démons ; je ne l'ai pas perdu de vue depuis qu’il m’a quitté, et je yois que le venta emporté mes paroles : il n’y songe plus.

Mustafa, qui avait écouté ce que Stasso venait de dire, ne voulut pas perdre cette occasion d’exprimer son mépris pour les Kourdes en général et pour Hassan en particulier. — Que pouvez-vous attendre d’un pareil fourbe ? s’écria-t-il ; vous verrez qu’il n’a voulu que rire à notre barbe. Tous les Kourdes sont nés sur le même fumier; puissent leurs pères et leurs mères être vendus et achetés! Si vous avez besoin d’un chien, vous n’avez qu’à prendre le premier Kourde que vous trouverez.

La confusion et le tumulte étaient à leur comble dans la cour quand Stasso . entendit frapper à la porte de la prison ; il y courut sur le champ et il entendit ses mots:— Atch, ouvrez la porte! enfoncez-la! Je suis votre ami, des chevaux sont prêts, brisez la porte et vous êtes libres.

Ces mots furent comme un talisman pour les trois prisonniers. Osmond tressaillit de joie ; Mustafa garda le silence et resta immobile, craignant quelque trahison, et Stasso, ayant trouvé une grosse pierre dans un coin de la prison , se mit à en battre la serrure de toutes ses forces, certain que le bruit qu’il faisait ne pouvait s’entendre au milieu des cris effrayans qu’on poussait

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dans la cour. Nous avons déjà dit que la serrure n’élait pas très-forte, et elle céda au bout de quelques secondes. Les prisonniers étaient curieux de voir leur libérateur qui leur prouva sa bonne volonté en arrachant la porte de dessus ses gonds dès que la serrure fut tombée; mais, à leur grande surprise, ce n’était pas Hassan comme ils s’y attendaient; c’était un étranger portant le costume Lourde et qui, sans leur parler, leur fit signe de le suivre. Avant de partir, Osmond jeta un coup d’œil à la croisée et vit, au plus fort de la mêlée. Hassan qui combattait avec la vigueur et lecouraged’un Rustan, sans avoir l'air de songer le moins du monde à ce que Stasso lui avait dit. Cette vue le porta d’abord à concevoir quelques soupçons ; mais, réfléchissant qu’un ami, seul, pouvait s’étre employé pour le tirer de prison, il suivit le Kourde sans hésiter, et Stasso en fit autant ainsi que Mustafa, quoique celui-ci conservât un air de méfiance.

Leur guide mystérieux les fit passer par le corridor étroit sur lequel donnait la porte de leur prison, et en sortant ils trouvèrent quatre chevaux couverts de sueur, ce qui prouvait qu’ils avaient déjà fait un service fatigant. Le Kourde en monta un et fit signe aux prisonniers de monter les trois autres, ce qu’ils firent à 'instant même. Ils traversèrent alors les rues

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de la ville , mais seulement au petit trot, pour ne pas avoir l’air de fuir. Ils auraient pu se dispenser de prendre cette précaution, car les rues étaient entièrement désertes, et ceux des habitans qui étaient restés chez eux pour garder leurs maisons en étaient sortis pour aller s’informer de la cause du tumulte qui retentissait dans toute la ville.

Ils ne trouvèrent donc aucüne difficulté à sortir de Kars. Leur guide alors prit un sentier conduisant à des montagnes voisineset, prenant le galop, ils arrivèrent bientôt à un bâtiment en ruines, restes d’une de ces églises arméniennes dont on trouve un si grand nombre dans cette partiede l’Asie; là il leur dit qu’il fallait attendre l’arrivée de son chef, Hassan aga. Ils mirent pied à terre et le Kourde attacha à la tète des chevaux le sac de provende dont ils sont toujours chargés. Stasso pensa qu’il était possible de profiter de ce délai; il avait vu que, dans la confusion qui régnait, il était facile de traverser les rues de Kars sans aucun danger, et il demanda à son maître la permission d’y retourner pour aller prendre les armes qu’il avait cachées chez le teinturier et qui pouvaient être pour eux un objet de première nécessité , ainsi que les autres effets qui leur étaient le plus indispensables. Osmond y consentie après avoir hésité un instant. Stasso monta à cheval sur le

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champ , et il partait déjà quand il entendit la voix de son maître qui le rappelait.

Depuis qu’Osmond avait reçu dans sa prison le billet d’A.yesha, il avait éprouvé le violent désir de la revoir un instant et de lui faire ses adieux, peut-être pour toujours. Ce désir redoubla de force quand il vit Stasso partir; et, oubliant toute considération de prudence, il résolut de l’accompagner. Mustafa et le guide , en l’entendant demander son cheval, lui firent des remontrances pour le détourner de cet acte de témérité ; mais ils ne purent y réussir. Tout ce que put faire le Kourde fut de lui recommander de revenir sans délai, attendu qu’Hassan aga pouvait arriver à chaque instant, et que leur sûreté à tous dépendait d’une prompte retraite des environs de Kars.

Osmond et Stasso ne tardèrent pas à arriver à la porte de la maison du teinturier, et le bon Arménien fut saisi d’étonnement en les voyant entrer. Bogos s’était abstenu d’assister à la fête donnée par le pacha; car il savait combien il était dangereux aux chrétiens de se montrer dans une réunion nombreuse de musulmans, surtout quand il y avait la moindre chance qu’elle se terminât par une querelle; et, ayant appris qu’un engagement avait eu lieu, il ne s’en était que plus soigneusement tenu renfermé chez lui. Ayant reconnu ses hôtes par une fe-

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nétre, il les fit entrer, attacha leurs chevaux dans sa cour et offrit à Osmond des rafraîchis* semens. Osmond le remercia et lui dit qu’ils ne pouvaient rester qu’un instant et qu’il y allait de leur vie. Stasso gagna le cabinet où il avait caché les armes et quelques effets appartenant à son maître, et Osmond monta sur la terrasse.

Lorsqu’il fut sur l’escalier qui y conduisait, son cœur battait à un tel point, que les palpitations en étaient pénibles. 11 s’arrêta avant de monter la dernière marche; il regarda autour de lui et il entendit le bruit du combat qui durait encore dans la cour du pacha. Il avança de quelques pas sur la terrasse de Suleiman , et la première chose qu’il aperçut fut un tapis qui y était étendu, ce qui le porta à espérer qu’Ayesha ne tarderait pas à paraître. Après tous les maUx qu’il avait éprouvés, il pouvait à peine croire qu’il fûPsi près de jouir d’un tel bonheur. Divers objets qui étaient encore sur la terrasse lui prouvèrent qu’ Ayesha y avait déjà passé quelque temps ; des" coussins sur lesquels elle s’était appuyée ; le grand voile blanc dont les femmes mahométanes se couvrent quand elles prenent l’air sur leur terrasse ; un mouchoir de batiste ; il le prit et il vit qu’il ne ressemblait pas à ceux dont on se sert en Turquie ; il était évidemment de manufacture européenne ; il avait même été marqué, mais on ne pouvait plus distinguer les

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lettres. Pendant qu’il se perdait dans une foule de conjectures, il entendit un pas léger sur l’escalier qui conduisait de la maison de Suleiman sur la terrasse. Quelle fut sa joie quand, un moment après, il vit paraître Ayesha! Elle poussa un cri en l’apercevant; une pâleur mortelle couvrit ses joues; elle chancela, mais le bras d’Osmond la soutint. Osmond lui apprit en peu de mots comment'il avait été délivré de prison et de quelle manière il était revenu dans la ville dans l’espoir de la voir un instant. L’amour le plus tendre brillait dans les yeux d’Ayesha et ajoutait un nouveau charme à sa beauté ; mais l’inquiétude troubla bientôt la joie qu’elle avait de revoir son amant; elle sentait le danger qu’il courait, et, au lieu de jouir de sa présence, elle semblait impatiente de le voir partir. Osmond fit tout ce qui était en son pouvoir pour calmer ses craintes et la conjura de l’écouter. Il ne savait, lui dit-il, ce que l’avenir lui réservait ; mais , ce dont il était certain c’est qu’il ne vivrait que dans l’espoir d’être un jour réuni à elle pour ne plus la quitter. Il était convaincu qu’il y avait un mystère dans la situation où elle se trouvait. Il lui parla du mouchoir qu’il venait de voir et qui confirmait les soupçons que lui avaient inspirés la bague et les pièces d’or anglaises attachées à son collier.

Ayesha l’écoutait avec le plus vif intérêt.

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quoique agitée par mille craintes pour la sûreté de son amant; mais ils furent bientôt interrompus par le fidèle Stasso qui, dès qu’il eut trouvé les objets qu’il cherchait, vint à la hâte presser son maître de ne pas perdre un instant, le moindre délai pouvant causer leur perte. Osmond passa ses pistolets dans sa ceinture, attacha son sabre à son côté et lui ordonna d’aller préparer les chevaux> en l’assurant qu’il descendrait dans un instant. Stasso obéit et se retira en secouant la tête, craignant que cet instant ne durât un siècle. Osmond reprit sa conversation avec Ayesha qui, de son côté, lui fit vœu d’une constance éternelle; mais, comme les vœux et les discours des amans sont probablement les mêmes dans toutes les parties du monde, nous nous dispenserons de rendre un compte plus détaillé de leur entretien. Il avait pour eux tant de douceurs, qu’ils oubliaient la crainte aussi bien que le danger, quand ils entendirent tout à coup, à quelque distance, le bruit de plusieurs chevaux qui galopaient, de grands cris et quelques coups de feu. Osmond avança la tête sur le parapet de la terrasse, et vit entrer dans la rue Hassan , son ancien surugi, courant au grand galop et poursuivi par des cavaliers du pacha qui se montrèrent bientôt après lui et qui couraient aussi à toute bride. Il reconnut sur le champ qu’il commettait une

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imprudence s’il restait plus long-temps, et il s’arma de tout son courage pour faire ses adieux à Ayesha. Elle sentait encore mieux que lui la nécessité de son départ, et, tout en versant des larmes de tendresse; elle l’entraîna à la hâte vers l’escalier de la terrasse de l’Arménien. Osmond cherchait ce qu’il pourrait lui laisser pour gage de son amour, et il lui présenta une bague turque sur laquelle était gravé son nom, c’est-àdire Osman , prononciation qu’on lui donnait en Turquie. 11 la pria de la conserver avec soin et de la lui remettre quand il plairait au Ciel de les réunir. Un nouveau coup de feu tiré sous les murs de la terrasse détermina enfin son départ ; car Ayesha s’arracha de ses bras et rentra chez elle à la hâte pour le décider à s’éloigner.

Osmond descendit l’escalier précipitamment, prit congé de son hôte en passant, monta à cheval et entra hardiment dans la rue, suivi de Stasso. Il se trouva précisément au milieu des cavaliers du pacha qui poursuivaient Hassan; mais, comme il portait le même costume qu’eux, ils ne firent pas attention à lui et crurent qu’il poursuivait comme eux le chef kourde. Il sortit de la ville avec eux, et quand ils furent dans la plaine, il aperçut Hassan à quelque distance; mais il vit avec consternation que trois cavaliers turcs, mieux montés que leurs compagnons.

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avaient l’avance sur les autres, et qu’il était probable qu’ils atteindraient leur victime.

Le cheval qu’il montait, quoique fatigué, était vigoureux et plein d’ardeur, et Osmond rejoignit les trois Turcs à l’inslant où ils se croyaient surs de leur proie. Ils étaient à quelques pas.les uns les autres, et le moins avancé couchait Hassan en joue avec sa carabine, quand Osmond lui donna sur le bras un coup de plat de sabre si bien appliqué, que son arme lui échappa des mains et tomba sur la tête de son cheval qui se cabra et renversa son cavalier. Le second, qui avait le bras étendu pour faire feu sur Hassan, vit ce qui venait d’arriver à son camarade, reconnut Osmond et lâcha sur lui son coup de pistolet : la balle traversa son turban sans le toucher; et ce cavalier, voyant Osmond prendre un pistolet à sa ceinture, tourna la bride de son cheval et s’enfuit vers la ville. Le troisième, qui s’était retourné en entendant un coup de feu, courut sur Osmond le sabre à la main ; celui-ci para le coup avec beaucoup de dextérité, et du revers de son sabre coupa la bride du cheval, qui, devenu maître de ses mouvemens, reprit au galop la route de Kars.

Pendant ce temps Hassan avait gagné du terrain, sans s’inquiéter de ce qui se passait derrière lui. Osmond, délivré des trois Turcs et voyant Stasso en sûreté près de lui, fit tous ses

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efforts pour le rejoindre.—Hassan aga! s’écria-t-il, attendez-nous, pour l’amour du Ciel! — Hassan ^a! cria Stasso ; arrêtez ! c’est le Franc! Les Turcs sont en fuite ! Hassan jeta un regard en arrière, mais, prenant ses deux amis pour des Turcs, il ne ralentit pas la rapidité de sa course. Enfin Stasso s’écria de toute la force de ses poumons : — Hassan surugi ! écoutez nous ! Ce nom frappa Hassan; il ne croyait pas que personne pût savoir qu’il avait jamais rempli les fonctions de surugi, et il s’arrêta pour considérer celui qui l’appelait ainsi. Il reconnut enfin Osmond et Stasso, et sa physionomie brilla d’autant de joie qu’il «St possible à un Asiatique d’en montrer.

Ils furent bientôt réunis, et quand Hassan apprit que c’était Osmond qui, comme le prouvait son turban percé d’une balle, venait de lui sauver une seconde fois la vie en mettant en fuite les trois Turcs qui le serraient de si près, il voulut descendre de cheval pour baiser le pan de ses vêtemens ; mais le jeune Anglais l’en empêcha et lui dit qu’il ne croyait pas avoir encore assez payé la liberté qu’il lui avait rendue, dans un moment où il n’avait lui-même d’autre perspective q.ue la mort. Ils se réunirent donc en marche et continuèrent à courir aussi vite que pouvaient le faire leurs montures épuisées; car il étai^important qu’ils s’éloignassent promptement de Kars, le pacha pouvant les faire pour-

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suivre par des cavaliers montés sur des chevaux frais. Ils se dirigèrent vers l’orient, en traversant la plaine par des sentiers qu’Hassan et son compagnon connaissaient parfaitement; ils parlèrent peu pendantcette course car ils étaient toujours occupés à regarder derrière eux pour voir s’ils n’étaient pas poursuivis. Comme ils étaient encore dans l’étendue du gouvernement du pacha, ils continuèrent leur route, dès qu’ils eurent rejoint le Kourde et Mustafa, sans donner un instant de repos à leurs chevaux; ils évitaient avec grand soin tous les lieux habités, et ce ne fut que lorsque la nuit fut tombée qu’Hassan crut pouvoir sans danger envoyer son compagnon dans un village voisin pour s’y procurer du grain pour leurs chevaux et de la nourriture pour eux-mêmes. Ils l’attendirent à quelque distance, et, lorsqu’il fut de retour, ils entrèrent dans un canton désert pour gagner une caverne bien connue des maraudeurs kourdes, et située dans les flancs d’une montagne aride où Hassan avait résolu de passer la nuit.

Dès qu’ils y furent arrivés, ils mirent pied à terre et ils commencèrent par rendre grâce au Ciel, chacun à sa manière, de la protection qu’il leur avait accordée. Ce devoir rempli, Hassan et son compagnon prirent soin des chevaux, les attachèrent au piquet et leur distribuèrent la provende qui devait contribuer à les dé-

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délasser de leur fatiguet Stasso alluma du .feu, et, ayant coupé^quelques pieux dans un buisson voisin, falHciqua une espèce de broche pomfaire rôtir un morceau de chevreau qui devait composer leur souper avec quelques uns de ces pains d’un demi-pouce d’épaisseur qui sont d’un usage général dans cette contrée et dans toute la Perse. Mustafa se chargea du café; car les Kourdes en voyage portent toujours suspendu à leur selle tout ce qui est nécessaire pour préparer ce breuvage. Osmond, étendu sur une couverture de cheval, chercha à recueillir ses idées et à se former un plan de conduite pour l’avenir. Ayesha occupait toujours la premi^e place dans ses pensées et elle entrait dans tous les projets qui s’offraient à son imagination ; il ne pouvait poutant s’arrêter à aucun ; car il ne savait pas encore où Hassan avait dessein de le conduire, et il avait résolu de se laisser guider entièrement par lui. Il aurait cru manquer à l’honneur et à la reconnaissance, s’il n’avait pas accordé toute sa conhance à un homme qui venait de lui rendre un service si important.

Quand Stasso jugea que le chevreau était suffisamment rôti, il le plaça sur un pain en guise de plat; ils s’assirent tous autour, et, à l’aide d’un sabre qui servit de couteau, des doigts qui, suivant l’usage de l’Orient tinrent lieu de fourchettes, d’excellentes mâchoires, d’un bonappélit

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