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^ e!t> quoique ce fût un service dont VutiKté lui paraissait douteuse^ il le vit avec intérêt. U «h^cba à fewe entendre par signes qu’il désirait un interprète pour parler au cbei ; mais pendant qu’U s’épuisait en efForts pmir $e faire comprendre > deux hoiausies v^onreur le saisirent tout à coup, lui passèrent une corde autour de la p>oitrine et sous les bras, le poussèrent vers une trappe qu’on venait d’ouvrir, et à l’aide d’une corde ledeseendirent dans un puits profond. A la vue de cet indigne traitement, Osmond se retoumapcMur faire une remontrance à Gara Bey; mais il était déjà parti par une pofte conduisant dans l’intérieur du châteeua, et, à sa grande surprise, les, deux coquins, en se retirant, fermèrent cette porte et Fy Imssèrent prisonnier avec Stasso etMustabb.
Une espèce de garde ou de geôlier, qui ^étak dans cette cbambre quand ils y étaient entrés, y avait été laissé avec eux; c’était un vieux Turc dont l’aspect anuonçait de la douceur et de la bienveillance.. — Que veut dire ceci?' s’écria Osmond en s’adressant à hii ; sommes-nous donc aussi vos prisonniers? Nt’est-ce pas. assez pour votre maître d’avoir commis un acte de scélératesse infâme à l’égard de ce jeune officier, faut-il qu’il y ajoute une noirceur encore plus insigne? Le plus pauvre Arabe accorde l’hospitalité au voyageur, et, fût-il chaigé (For, il ne
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lui prendrait point un para tant qu’il est sous sa lente. Je suis venu demander la protectioD de votre maître ; il a prétendu me l’accorder, et il me prive de ma liberté ! É^es-voü« complice de cette trahison ?
— Ne apalum, que puis-jé vous dire? répondit le vieillard avec un mouvement des épaules; si vous ne connaissiez pas le bey auparavant, vous le connaissez à présent. Je suis sous son autorité : je vous plains; mais je ne puis vous servir.
— Où est Hassan, son kiaya? s’écria Osmond, il faut que je le voie; il y a sûrement ici quelque méprise.
— C’est un aussi grand coquin que son maître dit Mustafa qui trouvait quelque consolation dans son .malheur en voyant ses prédictions se réaliser. Ne vous ai-je pas dit que vous ne connaissiez pas ces scélérats ? Ils rient maintenant à nos dépens et se félicitent d’avoir été assez adroits pour vous attirer ici. Ah ! pourquoi y êtes-vous jamais venu ?
La rage de Stasso n’était pas moindre que celle de son maître, et son premier mouvement fut de chercher à enfoncer la porte ; mais le vieux Mahmoud le calma en lui disant : — Cessez de vains efforts, mcm fils, ils ne peuvent servir qu’à vous faire descendre dans ce puits.
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Restez où vous êtes et soümeltez-vous a voire destinée.
Osmond ne put se persuader qu’on eut réellement dessein de le garder prisonnier. En réfléchissant sur toute la conduite d’Hassan, depuis le moment qu’il l’avait délivré de prison jusqu’à celui où il l’avait présenté à Gara Bey , il ne voyait pa? quel avantage sa captivité pouvait procurer à l’un ou à l’autre. Il ne possédait rien qui put tenter la cupidité; et si l’on avait le projet de le déterminer à entrer dans la troupe, le mettre en prison était un mauvais moyen. Cependant il était impossible déjuger de la conduite de Gara Bey d’après ce que tout autre eût fait en sa place ; car c’était évidemment un misérable dominé par le caprice, le soupçon, la jalousie et vingt autres passions semblables inconnues à Osmond. Après s’être livré quelque temps à ces réflexions, il s’approcha de la trappe, et, avec la permission du vieux Mahmoud, ilia leva pour parler au jeune Russe.
Les premiers mots que celui-ci entendit firent entrer la consolation et l’espérance dans son cœur. — Pour l’amour du Ciel, s’écria-t-il, apprenez-moi qui vous êtes.
— Je suis prisonnier comme vous, répondit Osmond, quoique je sois traité un peu moins cruellement. Nous sommes tous deux entre les mains d’un scélérat, mais ne perdons pas cou-
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rage et ayons confiance en Dieu qui peut nous délivrer.
Ils eurent alors une conversation dans laquelle Osmond raconta au jeune officier comment il était tombé au pouvoir de Gara Bey : il crut devoir l’informer que c’était lui qui était la cause qu’il avait perdu sa liberté, mais qu’il n’avait agi ainsi que pour lui sauver la vie. Le jeune Russe n’en pouvait douter, puisque Osmond avait paré le coup de sabre qui allait lui fendre la tête, et, quelque dépit qu’il eût conçu en se voyant enlevé avec si peu de cérémonie sous les yeux de ses soldats , la reconnaissance fut le seul sentiment qu’il éprouva alors. Il conta à son tour à Osmond son histoire et ses aventures; il se nommait Ivanovitch; il appartenait à une noble famille, et, ayant commis quelques imprudences, il avait été par punition chargé pour deux ans du commandement de ce poste éloigné. Il dit que le souterrain dans lequel on l’avait descendu était une espèce de puits sec creusé dans le rocher, d’une trentaine de pieds de profondeur, où l’air et le jour ne pouvaient pénétrer qu’à travers une ouverture étroite percée à environ deux tiers de la hauteur. Ce cachot n’avait guère que six pieds de long sur cinq de large. II ne contenait ni lit ni siège; un peu de’ paille et un vase de terre étaient tout ce qu’il y avait trouvé. Une excavation récente semblait
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avoir été faite d’un côté de la prison, et avoir ensuite été remplie. Osmoud ayant questionné sur ce sujet le vieux geôlier apprit qu’on y avait déposé tes restes d’un bey que Caca Bey avait fait mettre à mort peu de temps auparavant.
— Allaht Allah! s’écria Muatafa^ pmirquoi avons-nous quitté Kars ? pourquoi avonsmous tait tomber descendras sur nos tètes? Ne valait-il pas mieux manger du bâton chea les Turcs que d’étre enfermés dans un trou par ces adorateurs du diable ?
— Patience, mon fils! loi dit le bon geôlier f si votre destin est d’être enterré dans un puits, à quoi sert de vous en affliger ? Dites toujours louange à Allah quoi qu’il puisse vous arriver. Je suis musulman aussi bien que vous; cette barbe grise à éprouvé plus d’infortunes que votre menton n’en a jamais vu, et je n’en dis pas moins louange à Allah.
— Dites-le si bon vous semUe, répliqua Mustata; mais louange à Allah n’empêchera pas que je sois prisonnier. Cet homme est un beyzadieb anglais ; qu’a-t-il de commun avec vos adorateurs du diable ? Je suis à son service; qu’ai-je à démêler avec eux ? Faites des Moscovites tout ce qu’il vous plaira, mais, quant à nousy le cas est tout différent.
Osmond et Ivanovitch d’une part, Mustafa et Stasso de l’autre, eurent respectivement de
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longues consultations ensemble et avec le vieux geôlier sur les moyens à prendre pour éviter de passer la nuit où ils étaient; mais ils ne purent en trouver aucun, et force leur fut de se soumettre à leur sort. On ne leur envoya que la nourriture la plus grossière, et ils n’eurent d’autre lit que le plancher. La crainte qu’inspirait Gara Bey faisait que personne n’osait se permettre une remontrance quand il avait donné un ordre, et il semblait avoir pris une résolution définitive à l’égard d’Osmond et de ses compagnons. Quant au malheureux Ivanovitch, qu’il restât enseveli tout vivant dans la profondeur d’un puits ou qu’on enterrât son cadavre dans les entrailles de la terre, c’était ce dont aucun des habitans du château ne s’inquiétait. Mais, quelque déplorable que fût sa situation , celle d’Osmond l’était encore davantage ; car l’officier russe n’avait à craindre que poui: sa sûreté personnelle, et le jeune Anglais était en outre dévoré d’inquiétudes pour celle d’Ayesha; il ne doutait pas que Gara Bey ne fît tous ses efforts pour s’emparer d’elle, et si ce scélérat réussissait dans ses projets, comment pourrait-il la protéger, la défendre, s’il continuait à être détenu dans cette prison ? Gette idée était désespérante; elle l’occupa toute la journée, et, quand la fatigue lui amena le sommeil, elle se représenta encore dans ses rêves.