‹ Ayesha, ou La jeune fille de KarsChapitre 18 sur 19 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Entre les sectes nombreuses qui se sont élevées dans la Mésopotamie» il n'en est aucune qui soit odieuse à toutes les autres autant que celle des Tézidis.

Notice sur Us Yêzidis, par le père Maubics Gauzobi.

Les Yézidis, ou les adorateurs de Satan, comme on les appelle fréquemment, sont une de ces sectes nombreuses qui prirent naissance dans la Mésopotamie parmi les musulmans, après la mort de leur prophète. Elle fit surtout de grands progrès chez les* Kourdes ; elle forme un chapitre curieux dans l’histoire de l’homme. Son fondateur fut le sheikh Yézid, ennemi déclaré de la famille d’Ali ; sa doctrine est un mélange de manichéisme, de mahométisme et de la re-

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ligion des anciens Perses; ses sectaires la conservent par tradition, car il leur est défendu de# lire et d’écrire.

Les mahoniétans les regardent comme une race maudite : leur nom est synonyme des mots , barbares , blasphémateurs et impies.

Comme ils n’ont aucun livre, il est très-difficile‘d’avoir des renseignemens exacts sur leur religion ; car ils se font une règle de garder un silence mystérieux sur ce sujet. On dit généralement que le grand principe des Yézidis est de s’assurer l’amitié du diable et de défendre ses intérêts par le glaive. Jamais ils n’en profèrent le nom et ils emploient même toutes sortes de circonlocutions plutôt que de prononcer un mot dont le son en approche. Le mauvais esprit n’a pas de nom précis dans leur langue ; ils le désignent comme le sheikh Mazen ; ils reconnaissent les prophètes et les saints révérés par les chrétiens et ils respectent les monastères qui en portent les noms et qui se trouvent sur leur territoire; ils croient que tous ces saints person* nages ont été plus ou moins distingués pendant leur vie, suivant le bon plaisir du diable; ils affirment que Dieu ordonne tout, mais que c’est le diable qui est chargé de l’exécution de ses ordres* Chaque matin, dès que le soleil parait, ils se mettent à genoux, les pieds nus et le visage tourné vers cet astre et ils l’adorent en

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frappaut la (erre du front , ce qu’ils font toujours avec le plus grand mystère. Ils n ont pas de jours de jeûne et ils ne font aucune prière. Pour justifier cette omission, ils disent que le scheikh Yézid a fait en sa personne une expiation générale de tous les péchés des hommes; que, dans, les révélations qui lui ont été faites, il a appris que l’effet en durerait jusqu’à la fin du monde, et que c’est pour cette raison qu’il leur est défendu d’apprendre à lire et à écrire. Cependant tous les chefs d’une trihu ou d’un grand village ont à leur solde un scribe musulman pour lire les dépêches qui peuvent leur être adressées par les autorités turques et pour y répondre. Toutes les affaires qui leur sont personnelles se traitent toujours de vive voix, et ils n’emploient jamais pour messagers que des hommes de leur secte.

Ils n’ont qu’une seule fête i-eligieuse et c’est le IO août qu’ils la célèbrent. lisse rassemblent alors en grand nombre dans les environs de Sheikh Adi. Cette fête dure un jour et une nuit. Les Yézidis y viennent des points les plus éloignés, et, en s’y rendant, ils ne se font aucun scrupule de voler et de piller. Les femmes se réunissent dans tous les villages d’alentour; on boit et on mange toute la journée ; quand la nuit vient, on éteint toutes les lumières et l’on ne prononce plus un seul mot jusqu’au lendemain

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matin. Ils mangent de tout sans aucune distinction; ils ne s’abstiennent que de laitue et de potirons et ils ne font que du pain d’orge; ils emploient indifféremment les mêmes formes de serment que les Turcs, les chrétiens et les juifs; mais le plus solennel est par l’étendard d’Yézid.

Les Yézidis reconnaissent pour chef religieux le sheikh qui gouverne la tribu chargée de veiller sur le tombeau d’Adi, restaurateur de leur secte. Ce tombeau est situé sous la juridiction du gouverneur d’Amadiah. Le chef de cette tribu doit toujours être choisi parmi les descendans d’Yézid; ses sectateurs ont pour lui un tel respect, que leur plus grand désir est d’obtenir une de ses vieilles chemises pour leur linceul, ce qu’ils croient.devoir leur assurer dans l’autre monde le plus grand bonheur possible : une telle relique se paie quelquefois jusqu’à quarante piastres ; mais quand on ne peut se procurer une chemise entière, un morceau suffit. Quand ce chef désire donner à quelqu’un une marque de faveur spéciale, il lui envoie en présent une de ses vieilles chemises. Les Yézidis lui portent secrètement une partie du produit de leurs vols et de leurs pillages pour l’indemniser de l’hospitalité qu’il exerce envers ses sectateurs.

Le chef des Yézidis a toujours près de lui un autre personnage qu’on appelle kotchek et sans l’avis duquel il n’ose rien entreprendre. Cet in-

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tUvidu est régardé comme un oracle, parce qu’on dit qu’il jouit du privilège exclusif d etre le dépositaire immédiat des communications du diable. Quand un Yézidi doute s’il doit entreprendre une affaire importante, il demande l’avis du kotchek, qui ne le donne pourtant pas sans être bien payé. Pour donner plus de poids à son avis, le kotchek, avant de répondre à la consultation, s’étend par terre, se couvre tout le corps et dort ou fait semblant de dormir, ce qui dure quelquefois très-long-temps. Enfin il se lève et fait connaître ce qui lui a été communiqué pendant son sommeil; après quoi celui qui le consultait prend son parti.

Le fait suivant servira à prouver l’influence que possède ce personnage. Il y a bien des années, les femmes des Yézidis, de même que celles des Arabes, portaient des chemises bleues afin d’économiser le savon. Un matin, sans que personne s’y attendit, le kotchek alla trouver le chef des Yézidis et lui annonça qu’il lui avait été révélé la nuit précédente que le bleu était une couleur qui portait malheur et que le diable l’avait en horreur. A l’instant même on envoya des messagers à toutes les tribus pour leur notifier que le bleti était à l’avenir une couleur prohibée, que tous vêtemens de cette couleur devaient être détruits sur le champ, et qu’il fallait désormais adopter le blanc. Cet ordre s’est

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exécuté avec une telle exactitude, qu’encore aujourd’hui , si un Yézidi, vivant avec un Turc ou un chrétien, trouvait sur son lit une couverture bleue, il la jetterait de côté et mourrait de froid plutôt que de s’en servir.

Les Yézidis sont une des races les plus cruelles et les plus sanguinaires qui soient connues en Asie. Ôn dit généralement que dans leurs guerres, et surtout dans leurs escarmouches avec les Turcs, ils ne font aucun quartier à leurs prisonniers et les massacrent tous indistinctement; cependant ils sont dénués de tout courage moral, et quand leur intérêt ou leur sûreté l’exige, ils n’hésitent pas à se dire chrétiens, juifs ou mahométans. Ils prétendent avoir la plus grande vénération pour le Coran, l’Évangile, les livres de Moïse et les pseaumes; et si on les accuse d’être Yézidis, ils font sans scrupule le serment solennel qu’ils ne le sont pas et abjurent ainsi momentanément leur véritable foi.

L’esquisse que nous venons de tracer de cette race singulière peut donner au lecteur une idée des misérables entre les mains desquels Osmond était tombé. Gara Bey méritait la réputation qu’il avait acquise d’être un des Yézidis les plus sanguinaires ; il était toléré par le grand-seigneur, ainsi que les autres membres de cette secte, parce que, suivant l’opinion des docteurs et commen* tateurs musulmans, on doit r^arder comme un.

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vrai croyant quiconque fait sa profession de foi conformément à la doctrine fondamentale du mahométisme, qu’il n’y a d’autre dieu que Dieu, et que Mahomet est son prophète, quand même il ne remplirait aucun des devoirs imposés par le Coran. Gara Bey avait fait sans difficulté cette profession, et quand il était avec des musulmans, il conservait les dehors de cette croyance, quoiqu’il ne se fît aucun scrupule de les mettre à mort quand il pouvait le faire avec impunité. et, d’après les principes de sa propre foi, il croyait, en agissant ainsi, faire un acte méritoire aux yeux de son grand scheikh, le diable.

On disait qu’avant d’atteindre le degré de pouvoir dont il jouissait alors, il avait été exécuteur des hautes-œuvres du gouverneur d’Amadiah, et que le nombre de têtes turques qu’il avait fait tomber lui avait attiré une grande vénération de la part des Yézidis, qui, lorsqu’ils approchaient de lui, lui baisaient les mains qu’ils regardaient comme sanctifiées par le sang des Turcs. Mais le véritable motif de la sécurité dont il jouissait dans son château-fort était la protection secrète que lui accordait le capitan-pacha à Constantinople; il l’avait achetée, disait-on, à un très-haut prix, il avait soin de le maintenir dans des dispositions favorables Cn lui payant tous les ans un tribut considérable. Fort de cet appui, il bravait tous les efforts du pacha de Kars et

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des autres autorités turques de son voisinage, et il continuait, presque sans opposition, à être la terreur des voyageurs, des caravanes et de tous les environs.

Son château était un de ces édifices qu’on voit souvent en Arménie et qui couronnent le sommet de montagnes isolées. Son architecture portait à croire qu’il avait été bâti en meme temps que la ville (FAnni, et il était évident que les Turcs, lors de leurs premières conquêtes vers l’orient, avaient voulu le conserver comme forteresse frontière. Les murs extérieurs qui l’entouraient étaient flanqués, de distance en distance, de tours carrées, percées d’embrasures; une porte massive donnait entrée dans la cour qui conduisait à un immense édifice dont le rez-de-chaussée servait de casernes, d’écuries et de logement pour les domestiques ; et l’étage qui était au dessus était destiné à l’habitation du chef. Sur un rocher détaché, qui communiquait au bâtiment principal par un pont de bois, s’élevait une grande tour carrée qu’on pouvait regarder comme le fort proprement dit, et c’était là qu’Osmond, ses deux compagnons et l’officier russe étaient détenus. La position était redoutable, et le château était en état de se défendre contre les attaques de toutes les forces asiatiques, mais il n’aurait pu résister à l’artillerie européenne.

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L appartement qu’hâbitait Gara Bey était situé de manière à dominer tout le pays adjacent, arrosé par TArpachai, qui, s’étendant vers la plaine d’Érivan, se termine par les magnifiques montagnes dont le grand cône du mont Ararat, avec ses sommités inférieures, forme le principal trait. C’était là, qu’assis sur des coussins de soie, et les fenêtres ouvertes pour recevoir la brise, il passait la plupart de son temps quand il n’étail pas en voyage; et, un télescope à la main, il examinait tout ce qui se passait aussi loin que la vue pouvait atteindre, ses yeux se fixant principalement sur la route que suivaient les caravanes pour aller de Perseen Turquie. Un corridor étroit conduisait de cette chambre au harem dont les appartemens étaient fort bas et éclairés par des croisées qui donnaient directement sur les murs de la prison. Là vivaient, dans un état de misérable servitude, de malheureuses femmes gardées comme des marionnettes dans une boîte, pour les plaisirs du maître; l’une d’elles portait le titre de kadun et avait une certaine prééminence sur les autres qu’on appelait ses esclaves. Mais cette supériorité était un bien faible avantage ; car elle n’en était pas moins que les autres privée d’air, de liberté et de toute communication avec ses semblables. Les passions de Gara Bey ne connaissaient aucun frein; il avait entrepris plus d’une

expédition dan&le seul dessein de s’emparer de quelque malheureuse fille dont il avait entendu vanter la beauté, et il l’enlevait à sa famille, souvent au milieu des ruines de la maison de ses parens et pendant que ses gens pillaient et mettaient à feu et à sang le village qu’elle habitait.

Il vivait dans une méfiance constante de tout ce qui l’entourait. Osmond lui avait d’abord inspiré des soupçons; la bravoure qu’il avait montrée les avait dissipés; mais l’intérét qu’il • avait paru prendre au prisonnier russe les avait fait renaître avec plus de force que jamais, et telle était la cause de la détermination qu’il avait prise de le jeter en prison ainsi que ses deux compagnons. Il connaissait trop bien la situation des affaires à Constantinople et le pouvoir qu’avaient les ambassadeurs des puissances européennes de protéger les habitans de leurs pays, même dans leurs voyages les plus lointains, pour ne pas sentir que, si l’on venait à apprendre qu’il avait fait périr un Anglais, et un Anglais d’un rang distingué, comme le prouvait le titre de bejzadehf^ w\. donnait à Osmond, tout le pouvoir du capitan-pacha ne suffirait pas pour le protéger, et tout l’or qu’il possédait ne pourrait acheter son impunité. Il ne voulait donc pas lui ôter la vie, mais il avait adopté la demi-mesure de le mettre en prison sans y

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ajouter la cruauté de le jeter ati fond d’un puits comme Ivanovitch.

Cet arrangement, quelque satisfaisant qu’il pût être pour lui, ne l’était nullement pour Hassan, son kiaya, qui, réellement al taché à Osinond par reconnaissance et par l’admirsftion que lui avaient inspirée ses qualités, déplorait au fond du cœur le traitement qu’il venait d’essuyer. Vii-^^nt dans une crainte constante de son maitre féroce, il n’osait lui dire franchement ce qu’il pensait à ce sujet; mais son air morne et abattu, la perte de toute son énergie, les réponses laconiques qu’il faisait quand on lui adressait la parole , prouvaient évidemment que la situation dans laquelle se trouvait son ami, celui qui lui avait deux fois sauvé la vie, le plongeait dans un profond chagrin.

—: JVe oldou ? qu’y a-t-il donc ? lui demanda Gara Bey le lendemain de l’expédition contre le poste russe. Êtes-vous devenu un hibou, un chameau, ou, ce qui est encore pis, un chien de Turc ? Vous êtes sombre comme si le jour du jugement était arrivé. Qu’avez-vous donc?

— Rien, répondit Hassan rabattant ses longues moustaches, soupirant et ayant l’air d’un malfaiteur condamné.

— Rien! Pourquoi donc êtes-vous dans une telle apathie? Regardez-moi! Vous connaissez Gara Bey! il n’aime pas une mauvaise plaisan-

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terie. Par l’étendard d’Yézid, par ma barbe, ce qui est encore plus, je jure que si vous ne «mettez fin à cette folle conduite , je ferai sortir l’âme de votre carcasse ! M’avez-vous entendu ?

— Vous êtes le maître de faire ce qui vous plaira.

— Mais parlez donc, du moins; parlez-moi!

Voyons! n’étes-vous pas somptueusement vêtu?

n’êtes-vous pas bien nourri? les meilleurs chevaux de^mon écurie ne sont-ils pas à vos ordres? n’avez-vous pas, après moi, la principale autorité dans ce château ? que pouvez-vous désirer? vous faut-il aussi mon musnud^ et mes sceaux ? ajouta-t-il d’un ton mdqueur. Bismillah ! asseyez-vous, seigneur bey ! Buvez, mangez,pillez, tuez, divertissez-vous! Que vous faut-il de plus ?

— Que dit mon maître? répondit Hassan d’un air moins sombre et avec plus de hardiesse. Je ne possède rien au monde et je suis votre esclave. Gloire soit à Allah ! votre générosité ne me laisse manquer de rien. Vous avez tout fait pour moi, excepté une seule chose.

— Ne mr? quelle est cette chose? demanda Gara Bey ses sourcils froncés, tandis qu’un sourire sur ses lèvres donnait en ce moment à ses.

* Trône. ( Note du Trad,)

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traits leur expression infernale. Que me demandez-vous?

— Justice, répondit Hassan d’un ton calme.

— Justice ! répéta le monstre avec un éclat de rire satanique. Mashallahl depuis quand êtes-vous devenu moullah? Il faut que je vous nomme mufti de ce château, je vous mettrai sur la tête un turban vert aussi haut que le pic d’Aligez, et, au lieu de monter à cheval, vous resterez assis sur une ottomane et vous rendrez des sentences. Justice!

—Vous êtes le maître ; mais le fait est que mon âme est malade. Notre honneur est perdu.

— Êtes-vous devenu fou ? D’abord vous de- .raandez justice et ensuite vous parlez d’honneur! Est-ce que je me soucie d’honneur et de justice? Et si je n’en fais aucun cas, pourquoi vous en mettez-vous en peine, vous qui ne brillez que d’un reflet de lumière ? vous avez perdu l’esprit.

— En ce cas, répondit Hassan avec soumission, permettez-moi de remettre entre vos mains la place de kiaya et de reprendre celle d’un de vos gardes. J’ai les jambes et les bras brisés; je ne puis plus rien faire que désirer la mort, et je la chercherai à la première occasion.

Gara Bey ne répondit rien; il parut quelques instans livré à de profondes réflexions; mais il était évident qu’il avait l’esprit agité par un

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tourbillon de passions malfaisantes. Enfin il lui dit d’un ton calme ^ mais qui annonçait une fureur concentrée : —Que me demandez-vous?

Parlez, je vous l’ordonne.

— Le Franc que vous avez mis en prison ma sauvé la,vie deux fois, dit Hassan avec hardiesse. Je l’ai amené ici sous la foi de votre protection ; vous avez manqué à celte foi ; je vous demande sa liberté, et ma tête vous répondra de sa conduite.

A ces mots, le volcan éclata. Les yeux louches de Gara Bey s’armèrent de tout leur éclat et devinrent horribles à voir; d^s lignes bleuâtres se tracèrent sur sa physionomie pâle et livide et ^es cheveux noirs semblèrent vouloir se dresser sur sa tète. 11 serra les poings, se leva, à demi et retomba sur ses coussins, comme épuisé par de violens transports ; il semblait chercher des termes pour s’exprimer, et il en trouva enfin.

— Chien ! coquin ! bâtard ! fils d’un âne ! Je vendrai tes sœurs, ta mère, ta grand’mère. Je cracherai sur la barbe de ton père et de ton grand’père. Ne serai-je pas le maître de mes prisonniers dans mon château ? crois-tu me faire la loiPTu n’es pas même digne d’ètre fils d’un chien ! Toutes ces expressions et un grand nombre d’autres du même genre se succédèrent avec tant de rapidité et d’emportement, que sa voix

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