‹ Aymé Verd (volume 2)Chapitre 34 sur 52 · III · texte numérisé non relu

III

Gaspard, sans se l'avouer h lui-mcuie, sentit que le reproche était juste, car il rougit jusqu'au blanc des yeux. Mais plus une passion est forte, plus elle est habile à se dissimuler; semblable à l'araignée qui a refait la toile derrière laquelle elle se cache, avant que la servante qui l'avait balayée ait seulement tourné les talons.

— Que me reprochez-vous, ma mère? dit-il. Est-ce moi qui ai mis le siège devant ce château ?

— Et pourquoi en avez-vous fermé les portes ? reprit la baronne. Quand vous avez reconnu votre frère, il fallait les ouvrir. IN'esl-il pas le maître en ces lieux?

— Sans doute, dit Gaspard. Il me Ta bien prouvé... Mais, s'il veut venir ici en qualité de baron de Montmaur, je ne demande pas mieux que de le recevoir. J'ai fermé la porte à un capitaine huguenot... je l'ouvrirai à deux battants au fils de mon père. Voici l'orage qui s'apprête... il faisait plus mauvais temps que cela quand il me mit dehors... Qu'il vienne, qu'il se fasse accompagner, s'il le veut, par vingt de ses serviteurs... J'irai l'attendre sur le pont-levis et je lui offrirai la main: que puis-je faire de mieux?

LA COINFERENXE. 739

— Rien, mon fils, rien, dit la baronne. C'est moi qui veux lui porter ce message.

— Vous, ma mère !

— Oui, moi; faites-moi ouvrir. Je n'ai pas besoin (l'escorte : Paschale seule me suffira.

La vieille dame, à ces mots, fit un signe à la chambrière, et, après avoir franchi le pont-levis, descendit légèrement la côte qui menait au village.

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