‹ Aymé Verd (volume 2)Chapitre 35 sur 52 · CHAPITRE LV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LV

Me voici donc tantôt au comble de mes vœux, Puisque déjà le ciel vous rassemble tous deux. Vous revoyez un frère après deux ans d'absence. Dans ce même palais où vous prîtes naissance ; Et moi, par un bonheur où je n'osais penser. L'un et l'autre à la fois je vous puis embrasser.

Jeà» Racike.

Madame de Montmaur trouva Renaud dans le jardin du presbytère; il se promenait silencieusement, tandis que son cheval, attaché à un arbre, broutait l'herbe verte qui croissait dans le sentier. Le jeune calviniste parut légèrement troublé

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en apercevant sa mère ; njais celle-ci n'ont pas Tair d'y faire attention, et, après l'avoir embrassé avec une tendresse véritable, lui demanda d'un air étonné pourquoi il n'était pas venu au cbàteau.

— Après quatre mois d'absence, lui dit-elle, pendant lesquels vous semblez avoir oublié que vous aviez une mère qui tremblait sur vous, vous arrivez à Ladvieu, et c'est par liasard que j'en suis instruite. Au lieu de me rendre visite, vous ne vous informez pas même si je vis ou si je suis morte. Ingrat ! il fut un temps où, au retour d'une cbasse dans le Vercors, vous montriez plus d'empressement. Vous avez donc bien changé, mon fils? Vous avez donc oublié qu'il y a, à deux pas d'ici, une maison qui est la vôtre, et dans cette maison une mère qui vous aime, des serviteurs qui vous sont dévoués ? Vous ne savez donc pas que vous avez là-haut un lit avec des draps blancs, une chambre bien tenue, une table où votre couvert a été mis tous les jours? Vos pieds ont donc oublié le chemin de cette vieille demeure, en même temps que votre cœur oubliait ses tristes habitants?

— Non, ma mère, non, répondit le baron, ga-

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gné par la sensibilité de ce langage; je n'ai rien oublie de ce que vous me rappelez. Pendant cette guerre longue et cruelle, j'ai souvent soupire en pensant à vous, et mes regards se sont touinés plus d'une fois vers ces bautes tours , comme ceux des Hébreux vers la montagne de Sion.

— Je vous reconnais là, Renaud, dit la châtelaine en faisant asseoir son fils sur un banc de gazon. Mais, ajouta-t-elle, dites-moi quelles sont ces troupes que j'ai aperçues dans cette vallée. A qui obéissent-elles ?

— A moi, ma mère, répondit le baron.

— A vous, mon fils ! Et pourquoi, je vous prie, entourer ainsi ma demeure de cet appareil guerrier? Est-ce pour m'effrayer? Vous allez sourire... mais je vous avoue que toutes ces armes me font peur... Ne pourriez-vous, Renaud, éloigner vos gens de cette vallée?

Le baron fronça le sourcil en entendant ces mots, et jeta sur sa mère un regard méfiant.

— Madame, lui dit-il en l'observant toujours, n'avez-vous pas reçu, il y a une heure, le message que je vous ai envoyé ?

— Un message, dit la châtelaine ; il ne m'est

point parvenu. En vérité, Renaud, vos messages oiitljicnchi niallieur; voilà le second qui s'égare en route. Mais quand on est si près Tun de Tau Ire, à quoi bon un messager? Pour(|uoi ne pas venir vous-même? Cela m'aurait rendue si heureuse!... Je devine. Après une si longue absence, vous avez craint que votre visite soudaine ne me causât un coup trop violent... Mais à quoi pensez-vous donc ? Vous ne me répondez pas ?

Renaud, en effet, était a^sez embarrassé pour dire à sa mère le motif qui l'avait amené. En envoyant un de ses officiers à Gaspard, il l'avait chargé aussi de quelques paroles pour la châletaine; mais l'ambassadeur n'avait pu remplir cette partie de sa mission. Réduit à s'expliquer de vive voix, le baron éprouvait donc, comme nous le disions, un embarras extrême ; car l'homme que la passion entraîne, mais qui n'a pas le cœur entièrement perverti, marche ordinairement à son but les yeux fermés. Au lieu d'envisager l'action en ellemême, et toute nue, il ne la voit jamais qu'à travers un nuage de sophismes qui servent à en diminuer, sinon à en cacher l'horreur. Celte sécurité trompeuse s'évanouit dès qu'on se voit forcé, par quelque circonstance, par les questions d'une per-

sonne qu'on aime ou qu'on vénère; des qu'on se voit forcé, disons-nous, d'énoncer en termes clairs et précis le but qu'on se propose, et de le montrer dégagé de tous ces voiles spécieux sous lesquels on aimait à l'envelopper. Madame de Montmaur avait prévu cette situation ; c'est pourquoi elle avait feint de tout ignorer, dans l'espoir de forcer son fds à reculer lui-même devant l'accomplissement de son dessein, sans qu'il eût à rougir devant elle de l'avoir conçu. Mais voyant qu'il ne répondait pas, elle se hâta de continuer, afin d'achever son ouvrage :

— Vous ignorez peut-être, dit-elle^ que votre frère est ici. Il n'a pas fait comme vous; à peine arrivé, il est venu se jeter dans mes bras. Vous ne lui en voudrez pas pour cela, j'espère? cela est si naturel ! Mon Dieu! je le lui disais hier au soir à souper : Il ne manque plus ici que Renaud pour que je sois complètement heureuse ! Et vous voilà : tous mes vœux sont remplis! C'est la Providence .qiui vous a envoyés pour me faire oublier toutes les peines que j'ai endurées pendant votre absence; car j'ai bien souffert, Renaud, et vous devez vous en apercevoir à mon visage.

— il est vrai, ma mère, vous avez bien changé!

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— INIainlcnanl, reprit la cliâlelaine, loiil est oublié. Me voilà comme la poule qui a rasseuiblé ses poussins sous ses ailes, et (jui chante de joie et d'orgueil. Quand reviendrez-vous au château, Renaud? Quoique ces temps soient durs, nous avons encore des provisions pour vous recevoir. Nous pourrons tuer le veau gras pour fêter votre bienvenue, et comme la forêt n'est pas loin d'ici, il nous sera facile d'avoir dans deux heures un jeune chevreuil.

— Merci, ma mère, merci, dit Renaud; j'ai promis au ciel déjeuner aujourd'hui.

— Eh bien, dit la baronne, rien ne vous empêchera de venir trinquer avec votre frère et d'oublier vos vieilles discordes, si, par hasard, vous vous en souvenez encore. Je lisais l'autre jour dans la Bible... Vous voyez que je lis la Bible à présent... C'est justement celle où vous avez appris à lire, Renaud... Vous savez, ce vieux volume relié en parchemin... tout plein de belles images... Cela me parlait de vous... Je lisais , dis-je , un psaume du roi David qui m'a vivement touchée :

« Qu'il est bon, dit le saint prophète, qu'il est doux que les frères habitent ensemble. La paix fralernelle est comme le parfum répandu sur la

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léte d'Âaron, qui descendit sur son visage et se répandit sur le bord de ses vêtements. La bénédiction du Seigneur descend sur eux, comme la rosée d'Hermon sur la colline de Sion, et la vie éternelle leur est promise. » Vous avez du lire souvent ce beau cantique, mon fils? moi, je l'ai appris par cœur.

Le baron de Montmaur, en entendant ces mots, se leva avec agitation et se promena à grands pas dans le sentier étroit qui traversait le milieu du jardin. Un combat violent devait se livrer dans son âme, et la châtelaine en attendait Tissue avec une anxiété qu'elle avait grand'peine à dissimuler. Enfin, après avoir flatté de la main la croupe de son cheval, pour se donner le temps de surmonter son trouble, Renaud se rapprocha de sa mère.

— Ainsi, lui dit-il, vous n'avez pas vu le njessager que je vous avais envoyé ?

— Non, mon fds, dit la châtelaine, qui remarqua avec effroi que la voix de Renaud était profondément altérée; mais que me voulait donc ce messager?

— Il était chargé de vous apprendre... de vous inviter... Mais à quoi bon vous le dire?... Puis-

nue vous voilii, ma nièio, sa mission est remplie. Je désire (|ue vous restiez aupiès de moi.

— V^)lonliers, mon (ils, dit la châtelaine vivement émue ; mais l'orage s'avance; ne trouvezvous pas que nous serions mieux dans votre

château ?

— Non, ma mère, nous sommes bien ici, dit Renaud, en passant et en repassant devant le banc de gazon sur lequel la baronne était assise. Si la pluie vient, vous pourrez vous mettre à l'abri dans cette maison. Je vais donner des ordres pour qu'on vous y prépare à souper et un lit pour la nuit.

— Je ne vous comprends pas, Renaud, dit la baronne, qui s'aperçut avec douleur qu'elle avait échoué dans ses efforts; vous voulez que je passe la nuit dans celte maison? A. Dieu ne plaise! je veux retourner au château.

— C'est impossible, ma mère! c'est impossible !

— Et pourquoi cela? demanda la châtelaine.

— Pourquoi?... pourquoi?... Il est inutile que vous le sachiez à présent... Et tenez, toute réflexion faite, vous ne resterez pas ici... Je vais vous faire conduire à Romans.

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— Rcvcz-vous, mon fils? à quoi bon ce voyage? Je n'ai rien à faire à [lonians; vous le savez bien ; je n'y connais personne. D'ailleins, à mon âge, on lient à ses habitudes, on n'aime pas à se déplacer. On ne liansplanle pas les vieux arbres aussi aisément qu'un jeune cep qui prend lacine partout, même sur un rocher. Avec votre permission, mon fils, je resterai^ et, ajouta la vieille dame en se levant (car elle comprenait que Renaud reculait devant l'idée d'assiéger le château tant qu'il serait habité par elle et même tant qu'elle se trouverait dans son voisinage), je veux y retourner à l'instant.

— Vous ne le pouvez pas, ma mère, répliqua Renaud avec impatience; vous ne le pouvez pas!

- — Et qui m'en empêchera? dit la baronne avec fermeté, en se dirigeant vers la porte.

— Ce sera moi! s'écria Renaud en l'arrêtant. Au nom du ciel^, ma mère, ne me forcez pas à user de violence à votre égard. Dieu m'est témoin du respect que je vous porte; mais si vous insistez^ je serai obligé d'appeler mes serviteurs et de vous mettre sous leur garde.

— Appelez-les, mou fils, appelez-les ! dit la clià-

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telaiiie.Nous verrons s'il s'en trouve un qui ait assez d'audace pour lever la main sur moi I II est vrai, ajouta-t-elle avec dédain, qu'ils ont reçu à cet égard des leçons, des exemples, dont ils auront sans doute profité. Cependant je serai aise de le voir. Appelez-les donc^ mon fils! car je vous déclare que vous aurez besoin de ce renfort pour me retenir ici malgré moi.

— Ma mère ! s'écria Renaud pâle et tremblant de colère, ne me poussez pas à bout, je vous en prie ; ne me poussez pas à bout, ajouta-t-il en serrant avec force dans sa main gantée de fer le bras débile de la vieille cbâtelaine.

— Du courage, mon fils !... cela est digne d*un capitaine, d'un capitaine protestant, d'essayer la force de son bras sur un champion de ma sorte... Cela est digne du fils de votre père de porter la main sur des cheveux blancs,..

Tandis que la baronne parlait ainsi, avec un sourire d'ironie, Renaud, exaspéré par ses discours, et n'ayant pas la force de répondre, serrait toujours plus fort, en s'efforçant de repousser sa mère vers le banc qu'elle avait quitté.

— Vous me faites mal? s'écria enfin la châtelaine, vaincue par la douleur.

\ ce cri, le baron laissa retomber le bras de sa mère, et vit qu'il avait imprimé sur le poignet une marque bleuâtre.

— Corps de Christ! dit-il en se frappant le front, ce n'est pas cela que je voulais. Ma mère, je vous demande pardon. Je n'avais pas la moindre intention de vous faire du mal.

— C'est moi, Renaud, qui vous demande pardon, répondit la baronne en lui tendant la main. Je vous ai offensé; j'ai eu tort; dites, me pardonnez-vous? Mais aussi, ajouta-t-elle, pensant que le moment était favorable pour gagner sa cause, car il n'y a rien de plus rusé que le cœur d'une mère; aussi, mon fils, pourquoi m'empêcher de rentrer au château? Quel bizarre caprice ! Ne feriez-vous pas mieux d'y venir avec moi? Allons, prétez-moi votre bras comme autrefois. Cette côte est escarpée, et mes jambes commencent à vieillir. Venez donc visiter vos pauvres chiens, qui s'ennuient comme moi de votre absence ; venez voir votre

^Hector, ce bon lévrier qui, chaque fois que je passe, me regarde avec des yeux qui, en vérité, me tirent des larmes. Oh ! soyez tranquille, rien ne leur a manqué pendant que vous étiez loin du

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clialcaii. C'est nioi-mémc qui ai en soin de leur pitance.

Tout en disant ces mots la baronne s'était relevée et cherchait à entraîner doucement son fils liors du jardin. Mais lorsqu'il fut arrivé près de la haie de clôture, devant la cloison d'osier qui servait de porte^ celui-ci s'arréla^ et attirant sa mère à son tour: — Ma mère, lui dit-il, je vous le répète, vous ne pouvez, en ce moment, retourner à Montmaur.

— Et pourquoi donc? dit la baronne.

— Eh bien, puisqu'il faut absolument vous le dire, reprit Renaud dont le front était inondé de sueur, le château va être assiégé dans une heure.

— Vous plaisantez, Renaud! assiéger votre propre maison? et pourquoi, s'il vous plaît? A qui faites-vous la guerre? Aux hirondelles qui ont fait leur nid sur les tours, apparemment, ou à mes vieilles servantes, qui viendront défendre avec leurs fuseaux les murs de cette demeure, où leurs mères sont mortes et où elles veulent mourir en paix. Mon Dieu ! si vous tenez à les chasser, vous n'avez pas besoin d'une armée formidable, ni.de canons, ni de fers de lance. Mais peut-être, ajouta-

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telle sans vouloir aborder le point de la question, peut-élre que ce sont ces pierres noires qui vous déplaisent et fatiguent votre vue. Tel qu'il est pourtant, ce manoir a plu à votre père et aux pères de vos pères. Mais enfin, si vous voulez l'abattre et en construire un nouveau, vous en êtes le maître. Vous feriez bien néanmoins d'attendre pour cela que votre mère eût ferme les yeux; car ces lieux, tout vilains qu'ils puissent paraître, sont pleins de souvenirs qui me sont chers. Je ne saurais m'accoutumer à des murailles blanches qui ne diraient rien à mon cœur.

— Je ne vous adresse aucun reproche, ma mère, dit Renaud ; mais vous eussiez évité ce malheur-là si, en mon absence, vous n'eussiez pas fait de ma maison un repaire de brigands.

— Qui appelez-vous ainsi, mon fils? repartit la baronne en rougissant, car elle sentait approcher la crise. Voulez-vous, par hasard, parler de votre frère et des gens qui Faccompagnenl ?

— Je ne vous demande pas qui ils sont, dit Renaud, ni d'où ils viennent.

— Et moi, dit la baronne avec énergie, je vous répète que c'est votre frère, Renaud, voire frère, en tendez- vous? le fils de mes entrailles, le sang de

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mon sang; il a suce le même lait que vous, il a dormi dans le même berceau, il porte votre nom, il porte vos armes: c'est votre frère, Renaud; il faut que vous enlendiez ce nom qui paraît vous déplaire; et maintenant, je vous le demande, est-ce lui, est-ce Gaspard que vous poursuivez? Soyez donc franc une fois en votre vie, et laissez à d'autres le subterfuge et le mensonge.

— Madame, répondit Renaud irrite de ces dernières paroles, le subterfuge et le mensonge n'ont jamais souillé les lèvres qui vous parlent, .l'ai aimé la vérité et je l'ai cherchée, comme le chamois altéré cherche la source rafraîchissante. J'ai veillé sur les hauteurs pour attendre le lever du jour, et j'ai rassasié mes yeux de lumière, pendant que vous étiez plongée dans les ténèbres au milieu desquelles vous marchez encore. Quand je ne trouvais autour de moi, dans ce château où j'ai grandi, que des êtres conjurés pour ma perte; quand mère, frère, amis, s'éloignaient de mon cœur, ou ne s'en approchaient que pour en arracher les divines semences , la vérité m'a consolé; elle a été ma mère, ma sœur, mon amie et mon guide.

— Et voilà pourquoi, dit la baronne, vous refu-

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sez de répondre nettement a la question que je vous ai faite. Mais je vous serrerai de si près, que vous ne m'échapperez pas. Encore une fois, Renaud, est-ce votre frère, oui ou non, que vous poursuivez?

— C'est lui, madame.

— Ah ! j'en étais sûre ! je le savais, et pourtant je n'y pouvais pas croire. Mais bon sang ne peut mentir. Vous êtes bien le fds de Jean de Montmaur. Et que vous a-t-il fait, cet enfant, pour que vous vous acharniez ainsi après lui? Quel est son crime? que lui reprochez-vous? Parlez donc! A-t-il battu le ventre de sa mère? a-t-il souillé son écusson ? Mais répondez donc enfin ! Je vous écoute.

— C'est vous qui l'avez perdu! dit Renaud d'une voix sombre.

— Moi, grand Dieu!

— Je n'ai voulu que son bien et le vôtre. Je l'ai demandé au ciel le jour et la nuit, et sans vous, sans vos leçons, sans vos exemples, nous marcherions à celte heure sous le même drapeau. Je l'aurais appuyé sur mon sein; il serait ma force, mon bouclier, ma main droite. Vous ne l'avez pas voulu; vous avez fasciné ses yeux et endurci son

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