‹ Aymé Verd (volume 2)Chapitre 49 sur 52 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Nous ne pousserons pas plus loin les citations de l'obiluaire de Ladvieu. Les renseignements que nous y avons trouves sur les personnes qui nous intéressent se trouvant disséminés dans un trèsgrand nombre d'articles, il nous aurait fallu trop de place pour les mettre sous les yeux du lecteur. Nous préférons résumer en peu de mots ce que nous avons pu apprendre en continuant de parcourir le vieux parchemin. Il résulte de* cette précieuse relique du temps passé, que le jeune Aymé de Montmaur avait éprouvé d'assez grandes difficultés pour rentrer dans les domaines de ses pères. La déclaration du vieux Hugues Verd, déclaration qu'il avait faite entre les mains des gens du roi à l'insu de son fils, avait donné. l'éveil à la justice. Quoique Ton eût mille raisons pour croire qu'Aymé Verd était véritablement l'héritier de Ponce IV, ces présomptions ne pouvaient avoir la force d'une preuve légale et positive. Heureusement, une perquisition faite dans un tout autre but dans la maison déserte du pontonnier amena la découverte d'un coffre renfermant les papiers que Philibert

pendus. Je le vois, ce sont des destins ennemis qui emportent les Romains. C'est le meurtre d'un frère, le sanj^ de l'innocent Remus qui a été répanduj et qui retombe aujourd'hui sur les enfants du coupable.

avait cherchés en vain. Ces papiers fournirent la preuve qu'on attendait, et un arrêt solennel du parlement intervint qui rëtahlit le jeune orphelin dans tous ses droits. Nous avons vu avec satisfaction que notre héros n'abusa point de la richesse et de la puissance qui lui échurent en partage. Maître Placide donne les plus grands éloges au soin qu'il eut tout d'abord de fonder une messe à perpétuité pour le repos de l'âme de sa tante, et de faire élever à ses deux cousins une pierre funèbre. Il n'épousa mademoiselle deSassenage qu'au bout de trois années, lorsque le temps eut un peu affaibli le souvenir des douloureux événements qui s'étaient passés au château de Montmaur. Enfin il vieillit en faisant le bien et entouré de nombreux enfants dont il devait voir la troisième génération. Le bon curé, tout en racontant ces choses un peu au hasard, sans ordre et souvent sans à-propos, voyait lui-même petit à petit blanchir ses cheveux. A mesure qu'on approche des dernières pages de l'obit, l'écriture devient de moins en moins lisible, la main de notre ami Placide commençait à trembler; sa mémoire n'était plus aussi fidèle, car il tronque les passages des poètes latins qu'il cite encore ; il revient plusieurs fois sur des choses qu'il a

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