XX LETTRE
Le bailli. — Pardon, capitaine, pardon, j'ai fort bien lu l'ouvrage dont wxis parlez ; mais s'il faut vous dire ma pensée, retranchez Ludovic Leslie, Lord Crawford, le Petit Durward et les joyeux Archers de la compagnie écossaise,. je donnerais tout le reste pour un farthing, à commencer par marchand de bœufs qu'ils appellent Louis XL ^e bon sens et l'esprit du Balafré font avaler les sottises de ces têtes légères, à peu près comme quelques gouttes de sherry font avaler un verre d'eau.
Moi, lin peu désenchanté. — Votre observation... je ne nie pas.
Le maîirc d'école. — Capitaine, quoique je partage l'opinion des deux préopinants, je dois avouer ici qu'il n'est pas malheureusement sans exemple qu'on ait fait de bons livres sans être un excellent presbytérien, et sans mettre en scène l'ombre d'un Lcossais; car ainsi que le dit fort bien Horace : ^
Pictoribus alquc poeùs Quid libct audendi semper fuit seqn.a potcstas.
Les peintres et les poètes ont toujours eu le pouvoir <Ie tout oser.
Moi^ avec une lueur d'espoir. — Laissez parler le magister. En ces matières, il eu sait plus que nous tous.
Le maître d'école (tlatté du compliment, mais aussi inflexible que Brutus lorsqu'il envoie son fils à la mort). — Mais, après cette concession, ma critique n'en deviendra que plus sévère : en effet, quel que soit le lieu de la scène, et quels que soient les personnages, on n'est point dispensé d'avoir de l'esprit, du goût, la connaissance du cœur humain et l'expérience de l'art d'écrire.
Moi, plus accablé que jamais, — Et vous trouvez...
qu'il aura imaginé apré» coup la seconde partie de ^a réplique, afin de plaire ù son docte correspondant.
"i AYMÉ VERD.
Il est plus doux d'être trompé que de tromper soi-même.
— Vieille chanson. —