XII INTRODUCTION
(XLIII-XLVIII). Leur voyage, commencé au milieu de la joie et de la gaîté, est bientôt troublé par une fâcheuse rencontre. En passant près d*un bois, ils se trouvent tout à coup en présence d'une bande de trois cents Allemands, vêtus d'une façon grotesque et portant des épées longues d'une toise. Savari, le chef de cette troupe , interpelle les ambassadeurs d'Aymeri d'une façon fort insolente : « Insensés, » s*écrie-t-il, « où allez- vous et quel est votre pays? Vous devez être Normands, vous qui menez si grand train et montrez tant d'orgueil . — Vassal , » riposte Girart de Roussillon , l'un des messagers, « vous avez raison. Il y a parmi nous des Normands, mais les meilleurs sont Français, je vous l'assure. Nous allons à Pavie demander au roi Boniface sa sœur Hermengarde pour le comte Aymeri. S'il nous la refuse, nous l'emmènerons malgré lui et nous saccagerons ses États. — Vous mentez, » répond Savari, c< car la main de cette dame m'a été accordée, il y a déjà deux ans et demi (XLIX-L). » On en vient aussitôt aux menaces, et des menaces aux coups. Une lutte acharnée s'engage, et après maintes péripéties, les Allemands sont complètement défaits et contraints de chercher un refuge à Verceil, où ils sont fort mal reçus (LI-LIX). Quant aux Français, ils continuent leur route et arrivent enfin près de Pavie.
Le roi Boniface revenait alors de la chasse, suivi d'une escorte peu nombreuse. En apercevant de loin les messagers, il les prend pour des pèlerins qui se rendent à Rome; mais, sitôt qu'il voit leurs armes, il est saisi de peur, il croit à une attaque, se sauve dans