‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 11 sur 235 · ATMEU DE NARBONNE XIII · texte numérisé non relu

ATMEU DE NARBONNE XIII

Pavie au plus vite, et fait fermer les portes derrière lui (LX-LXI). Il monte ensuite sur les murs, undis que les Français, surpris d'une pareille attitude, s'ap* prochent en toute hâte. Girart de Roussillon adresse en leur nom la parole au roi, et lui donne l'assurance de leurs intentions pacifiques. Celui-ci se décide enfin à leur ouvrir les portes, et leur offre des logements dans la ville ; il les invite même à manger à sa table. Mais ces chevaliers sont trop fiers pour accepter une semblable proposition ; ils sont tous de puissants seigneurs et ont bien de quoi payer leurs dépenses; leurs richesses sont si grandes qu'ils pourront en distribuer dans toute la cité et combler de biens les gens les plus pauvres (LXII). Boniface, irrité de ce refus et blessé de ces allures hautaines, fait convoquer les boulangers, les tavemiers, les marchands de poissons et tous les autres corps d^état de Pavie ; il leur enjoint de ne livrer leurs marchandises aux chevaliers français qu'à des prix exorbitants, ce dont ils s'acquittent sans se faire aucunement prier. Nos barons ne s'inquiètent pas pour si peu : ils achètent sans marchander tout ce qu'on leur présente, et font amasser des vivres en aussi grande quantité que s'ils les avaient eus pour rien (LXIII-LXIV). Ces folles prodigalités ne tardent pas à épuiser la ville; la vie y devient chère, et bientôt l'on n'y trouve plus à manger. La situation n'est plus tenable, et l'on porte plainte à Boniface« Le monarque, voyant qu'il avait manqué son but, use d'un autre stratagème : il fait publier un ban par lequel il interdit absolument de vendre aux mes-

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