L. Gwxïtv, Épop. froMçaises, 2« éd.. t. I, p. 141-a
2. Fauriel s'appuyait sur les descriptions exactes et circonstanciées de certaines localités du midi que Ton trouve dans les romans de la geste de Guillaumet pour prouver Toriglne provençale de ce cycle. 11 lui semblait que ces descriptions n*avaient pu être £aites que par des gens habiunt la contrée (Revui des Deux Mondes, t. VIII, p. 167;. C'éuit là un argument peu solide, car il est bien évident qu*on peut connaître un pays sans Thabiter. Dans Ayineri de Narhoime^ la géographie méridionale tient une large place, ce qui est bien naturel, puisque le midi est le tbéfltre principal de l'action, mais il y a auMî des allusions aux choses du nord, comme nous venons de le voir à propos de la curieuse tradition relative à saint Maurand de Douai.
LA GÉOGRAPHIE DANS AYMBU M NARBONNB CLXIII
lyautre ptrt est U grtrt de U mer ; lyantre part Aode qui molt paet rayiner, Qui lor «moine qanqu'ii seyent penser.
A gran2 dromonz que la font arriver, Font marcheant les granx avoirs porter.
UAude ne passe plus aujourd'hui i Narbonne, et cette ville n^est plus en communication avec la mer que par le canal de la Roubine, mais il en était autrement au moyen âge. La rivière se divisait alors en deux bras dont Tun baignait les murs de Narbonne. Ce dernier avait été rendu navigable par les Romains, et formait, grâce à leurs travaux, un port très vaste où les vaisseaux de guerre et les navires marchands avaient accès. Après Tépoque romaine ce port perdit beaucoup de son importance ; mal entretenu et presque abandonné dans la suite, il finit par s*obstruer, et le cours du fleuve se détourna de la ville au commencement du XI v^ siècle ^ La description que nous venons de citer est une réminiscence exacte de la situation de Narbonne dans le passé; elle était encore en partie vraie au temps de notre poète *.
Celui-ci avait une connaissance si parfaite de Cantique cité narbonnaise qu'il nous parle en deux endroits
1. Hiit, générale de Languiâoe^ nouvelle éd., t. Il, p. 5i7-8> note de M. E. Barry ; E. Dcijardlns, Géographie hietorique et ad^ ministraHwe de la Gaule rtmîahiet t. I, p. 152-4, 347-S (cf. la ctrte des côtes de la Gaule narbonntita, p. 176).
2. On remarquera aussi Texprcssion qu*il emploie au t. iSg : • près d'un regart de mer. » Ceci peut sf appliquer à Téung de Sigean situé dans le voisinsge de Narbonne.