XXII INTRODUCTION
seulement, et se dirigent au plus vite vers Cordoue (CI-CV).
Quand la bataille est terminée et la victoire définitivement acquise, Aymeri court se jeter dans les bras de son oncle et le remercie de son assistance (CVI). • Sire Aymeri, » lui dit Girart, « si vous m'en croyez, vous ne ferez pas vos noces dans la salle d^un château ni dans l'enceinte d une cité, mais ici même, dans ces tentes de la gent païenne (CVII). » Aymeri demande alors à voir Hermengarde, puis il songe à soigner ses blessures : grâce à une potion que lui administre un médecin sarrasin, il est bientôt complètement guéri. Le lendemain matin, au lever du jour, on fait monter Hermengarde sur une mule richement caparaçonnée et on la conduit à Narbonne; là un archevêque bénit solennellement son mariage avec Aymeri, au milieu d'une nombreuse assistance. Puis on retourne dans la prairie, sous les murs de la ville, et la fête commence dans la joie et Tallégresse. Rien ne manque de tout ce qui peut augmenter Téclat et Tattrait de la cérémonie, joutes entre les jeunes bacheliers, mélodie des harpes et des vielles, gaies chansons des jongleurs, festins copieux servis sur des tables somptueuses qui s'étendent en tous sens sur une longueur plus grande qu'une portée d'arbalète (CVIII). Ces réjouissances durèrent huit jours entiers; le neuvième jour, Girart de Vienne, Raymond de Saint-Gilles et les autres assistants s'en retournèrent chacun dans leur pays.
Aymeri vécut un siècle avec son épouse. Dans les trente premières années, il en eut sept fils, qui de-
ATMItl DB N4ftiONNE XXIIt
Tinrent tous de vaillants princes (CIX). Le premier fut Bernard de Brébant, père de Bertrand le paladin qui combattit avec tant de courage contre les SarraMis d'Espagne. Le second fut Guillaume au court nez, le conquérant de Nîmes et d'Orange (CX). Le trois^me, Garin d'AnséOne qui eut pour fils Vivien, le héros d*Aliscans (CXI). Le quatrième, Hernaut de Gironde, célèbre par ses mésaventures (CXII). Le cinquième, Beuve, père de Giran et de Gui qui s*il lustrèrent au siège de Barbastre (CXI II). Le sixième, Aymer le Chétif qui conquit Venise, enleva la belle Soramonde et la fit baptiser (CXIV). Le septième, Guibdin qui recueillit Théritage d'Aymeri et lui succéda dans Narbonne (CXV).
Aymeri eut aussi cinq filles plus belles que des fées, et les maria toutes à de hauts princes (CXVI). L'aînée épousa Dreux de Montdidier et en eut quatre fils : Gandin, Richer, Samson et Engelier (GXVII). La seconde se maria avec Raoul du Mans et eut pour fils Anquetin le Normand, un fier vassal qui se signala par ses prouesses contre les païens (CXV III). La troisième fut la femme d'un marquis d'Angleterre qui devint un saint; ils eurent cinq fils : Rabeau, Estourmis, Mulart, Souef du Plantis et saint Morand dont le corps repose à Douai (CXIX). La quatrième fut donnée en mariage à Huon de Florenville et devint la mère de Fouque de Candie qui fit la conquête de la belle Anfelise, soeur de Thibaut, roi d'Esclavonie , et Tépousa , quand elle eut été baptisée (CXX). La cinquième enfin fut Blanchefleur,