Éd. de Venise (1821), p
2. Au livre V, ch. 9, Aymeri est aussi représenté comme le fils de Bernard, dans U longue généalogie de la maison de Montglane donnée par Fauteur. Hemaut de Beaulande est ici son cousin, et non son père, comme dans la tradition habituelle. Quant aux fils d*Aymeri, ils sont énumérés d'une façon assez conforme aux données des chansons françaises : c Da Bernardo nacque Amerigo di Nerbona, e da Amerigo nacquero Bernardo di Busbante, e Buovo da Gormacisi, e Arnaldo di Gironde, e Guerrino d'Ansedonia, e Namieri di Spsgna, e Guiglielmo d'Oringa, e Ghibellino da Lanfernacie, e una femmina. » Le Fioravante attribue les mêmes fils à Aymeri : Bernardo di Brusbante, Buovo di Cor • manzese, Arnaldo di Gironde, Ciattivo Namieri, Guerino d'Ansidonia, Guiglielmo d*Oringa, Ghibellino d*Ardenaghi; il ajoute seulement à ceux-ci Gisberto da Mascona, personnage qui ne figure point dans les Reali. On reconnaît dans ces listes, sous une forme un peu altérée, les noms des sept fils d'Aymeri, tels qu'ils sont mentionnés par Bertrand de Bar-sur-Aube^ à savoir : Bernard de Brébant, Beuve de Commarcis, Hemaut de Gironde, Aymer le Chétif, Garin d'Auséune, Guillaume d*Orange et Guibert d'Andrenas. Les tendances cycliques, si développées dans les romans italiens, ont fait modifier peu à peu ces données primitives, et ratucher à la geste narbonnaise bien des personnages qui lui étaient complètement étrangers à l'origine. Cf. les arbres généalogiques publiés par M. Rajua à la suite de ses Ricerchc intorno ai Reali di Francia, 1. 1.
CCCXIV INTRODUCTION
MeschinO) perché non aveva niente di patrimonio, che Girardo gli aveva tolto tutto il suc patrimonio '.
Cette tradition de la captivité d'Aymeri, de sa délivrance et de son éducation par Charlemagne, est inconnue des poèmes français, aussi bien que Thistoire de Girart de Fraite, dont elle forme un épisode '. Nous pensons que cet Ameri le Meschino est un personnage originairement distinct de notre héros, et c^est par confusion qu'on lui a prêté ici la prise de Narbonne. Les détails de ce dernier fait remontent sûrement, par des voies plus ou moins détournées, à la chanson d'Aymeri, mais ils ont été singulièrement défigurés; ainsi, la ville de Narbonne est placée en Aragon ; Didier de Pavie prend part à sa conquête, et Hermengarde n^est pas la fille de ce roi, mab sa sœur. Toutes ces variantes doivent avoir été imaginées en Italie.
Andréa da Barberino a consacré encore quelques lignes à Aymeri de Narbonne dans un autre de ses ouvrages, Lestorie Nerbonesi, volumineux roman qu*il semble avoir composé postérieurement aux Reali ^.