LXIV INTRODUCTION
Ainsi, dans ce passage (v. 2649-50) :
c Seignor, • fet ele, t portez sans delaier c As chevaliers lor mantiaus qui sont chier, •
il remplace ce dernier vers par les deux suivants qui sont un pur remplissage :
t Toz les mantiax qui moltfont a proisier t A ces barons qui molt sont cheyalier. •
Il en est de même des vers 35 17 et 3524 que nous avons cités plus haut.
Au V. iii3 :
t Ainz i serai .vij. anz a ost banie, »
il a essayé d'employer le même procédé, mais il s'est arrêté court, faute sans doute de trouver à sa phrase une fin satisfaisante :
t Je i serai ançois a ost banie c .VIL ans antiers se Dex (sic).
Enfin, dans certains passages, il ajoute des explications ou des détails complémentaires, (par ex., après les V. 1861 et 4414).
Les mss. B^ et B^ sont moins bons que A^ et A^ et présentent plus de fautes. Ils sont d'une date plus récente et la correction de leur texte s'en ressent parfois. Ainsi, dans j5^, plusieurs mots qui n^étaient plus compris ont été changés à dessein. Nous pouvons citer comme échantillon de ce procédé le v. 38i6 :
A Luniax vait Aymeris herbergier, OÙ le copiste ignorant ce qu'était Luniax (aujourd'hui
éTABUSSEMBflT DU TUTI LXV
Lunel, dép. de l'Hérault), a mis à la place : En J. gaui. De même, au v. igSô, il a remplacé la leçon a Veriiaus (Verceil), par avers euls.
Il s^est efforcé aussi de régulariser les rimes, lorsque Tauteur dans une tirade en er a par exception admis des finales en é et en e:{, ou réciproquement. Dans ces cas, notre copiste s^est ordinairement imposé le travail de faire disparaître ces assonances pour revenir à des rimes parfaites, mais il n^y est parvenu souvent qu'aux dépens du sens et de la justesse de l'expression.
Cest ainsi qu'au v. 3929, il fait dire à Aymeri :
t De cel avoir qu'ayons /et assembler « Ferai mes noces....,
au lieu de : qui la est asenbli, seule bonne leçon, car il s'agit en cet endroit de richesses amassées par les Sarrasins. (Voy. aussi les vv. 284, 35o9, 3903, 8904, 3930, 3945, 3952, 3994, 4009, 4010, 4012, 401 3, 4022, 4023, 4024, 4027, etc.)
Ailleurs, pour arriver à son but, il ne recule pas devant un barbarisme. Il écrit par exemple espier pour espie:{ (v. 3647), ^oitier pour moitié (v. 3710), se ne vous i garder pour garde\ (v. 4028).
En voulant corriger les vv. 4026-26, il en arrive à se permettre un enjambement très hasardé :
Li rois saillirent, quar moult espoventer Pristrenty puis dist Aymeri au vis clcr, etc.
Outre ces défauts, on peut lui reprocher encore des