‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 46 sur 235 · LXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVI INTRODUCTION

interpolations fort maladroites. Nous en avons signalé plus haut un exemple frappant (après les vv. 1869 et 1860).

Le ms. C n'occupe que le dernier rang, au point de vue de l'exactitude et de la correction du texte. Quoique plus ancien que B^ et B^, il leur est sensiblement inférieur, et ses leçons sont ordinairement moins bonnes. Nous avons vu aussi que les omissions de vers sont chez lui assez fréquentes.

En somme, nos manuscrits, malgré les particularités qui les distinguent, malgré leur valeur un peu différente, sont sufikamment rapprochés les uns des autres, même ceux qui appartiennent aux familles les plus nettement séparées, pour que leur comparaison permette de restituer le texte primitif d'une façon à peu près certaine.

Cette restitution est facile et peut se faire d'après des principes très sûrs. Nous avons vu que nos manuscrits se divisent en deux classes : Tune comprend la famille A, Tautre les familles B et C. B^ et B^ étant extrêmement voisins, nous nous sommes contenté d'emprunter les leçons de ce dernier que nous désignons constamment par B dans les variantes de notre texte. Ceci posé, nous restons en présence de quatre manuscrits, dont Tétude approfondie nous fournira une base très solide pour notre travail.

Lorsqu'il y a accord pour une variante entre les manuscrits appartenant aux deux classes distinctes, il est évident que cette variante remonte à X, Toriginal commun de ces deux classes, et qu'elle doit être adoptée.

éTABUSSBMBNT DU TEXTE LXV1I

Ainsi, quand nous avons pour un même vers deux leçons ii^A^A^B, a<> C, ou bien : i* A^ A^ C, a« B, ou encore : i^ A^,2'' A^B C, il est clair que les bonnes leçons seront, dans le premier cas i4M^ B, dans le second A^ A^ C, dans le troisième A^ B C.

De même, si nous avons trois variantes : i^i4^ !• A^ B, 3» C, ou bien : I ^ i4^ C, 2« A\ 3^ B, il faudra nécessairement choisir les leçons A^ BtiA^ C.

LorsquUl y a partage entre les manuscrits des deux classes, lorsque, par exemple, ^4^ et A' ont une même variante, tandis que j? et C en offrent une autre en commun, il est souvent difficilede reconnaître quelle est la leçon originale. En effet, B tt C par leur accord ^ nous permettent bien de remonter jusqu'à la leçon de Y, leur source commune, mais non jusqu'à celle de JTy source de tous les manuscrits. Dans ce cas, il convient d'opter pour la leçon qui parait la meilleure et la plus correcte. Si toutes les deux sont d'égale valeur, nous devons donner la préférence à celle de A^ et A^. Ces manuscrits étant les plus fidèles, la présomption d^exacdtude doit toujours être en leur faveur.

Nous agirons de même, quand nous aurons trois variantes : i* i4M^ 2« B^ 3® C. Nous suivrons dans notre texte la leçon A^ A^k moins que celle de B ou de C ne soit évidemment la plus satisfaisante.

A^ tt A^ peuvent se trouver aussi en concurrence, par exemple dans la combinaison suivante : i^ A^, 2^ i4^ 3*^ B C. Alors nous accordons en général à A ' le pas sur i4% qui lui est un peu inférieur.

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