‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 48 sur 235 · ÉTABUSSEMENT DU TEXTE LXIX · texte numérisé non relu

ÉTABUSSEMENT DU TEXTE LXIX

et ils doivent avoir reproduit assez fidèlement les formes grammaticales du texte primitif; on peut donc les prendre pour guides et leur accorder une entière confiance.

Nous n'en dirons pas autant du manuscrit C. Bien qu^il soit contemporain de A ^ et À^^ son texte est beaucoup moins pur. Il nous paraît avoir été transcrit par un copiste de la Lorraine ou de la Champagne orientale, qui a introduit çà et là des formes particulières à son dialecte. Cest ainsi qu'il écrit : panseir, raasseir, raleir, rofreis (rofrés), nonmei (nommé), redouteis, remets, torneie, asseis, malfeis (maufés), grei (gré), hei (hé), bonteis, veriteis, renommeie, demeie (demie), >at (ja), çai (ça), lai (la), jBerwair*, Richairt^ etc. Ces formes sont tout à fait étrangères à la langue de notre chanson, et le ms. C, au point de vue grammatical, doit être complètement mis i récart.

Les mss. B^ et B^, d'autre part, sont trop peu anciens pour qu'on puisse en tenir compte. Leur texte est rajeuni et ramené à Torthographe en usage au xiv^ siècle. On trouve par exemple dans B^ des formes telles que : escript, roy, loy, etc.

Il nous reste donc i4^ et i4* qui ont à peu près le même système orthographique. Ils notent en général par e la diphthongue âf « principalement lorsqu'elle vient d'un a latin et d'une gutturale vocalisée. Ainsi ils écrivent : fere, trere, plere, plet, mes, lessier, besier, etc., et parfois aussi à la i^ personne du futur : faudréj vodré, remandré, tenré, etc.

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