‹ Aymeri de Narbonne, chanson de gesteChapitre 49 sur 235 · LXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXX INTRODUCTION

Ils notent ordinairement par o le son de l'o fermé : jor, ior, doter.

Ils représentent souvent le ff doux par un j ; jentis, jantement, et surtout dans la désinence âge : menaje^ coraje^ rivaje^ sauvaje, barnaje^ caje^ etc.

Ils suppriment après un f ou un f/ le / à la Supers, du sing. du prétérit : issi, norri, oî, vesqui, fu.

Ils ajoutent dans quelques mots une s^ pour indiquer la prononciation d'une voyelle longue : post (voulut), poste (voûte).

Ils emploient enfin presque indifféremment deux s ou une seule pour noter le son de Vs douce et de Vs dure : sessir (saisir) *, bessier et tester (baiser),/owé txfosé (fossé), lessier et lesier (laisser).

L'orthographe de nos deux manuscrits ne diffère que sur un très petit nombre de points. A^, par exemple, écrit presque toujours : ennorer (honorer), ennor,de^ sennor; A^ écrit au contraire : anorer, anor,desanor.

A^ note par angne ou engne la finale dérivée de la désinence latine anea, et en général toutes les terminaisons qui sont rendues par agne et eigne dans le français moderne : montengne, entrengne^ chastett" gnej hautengne, Alemengne^ engangne, ensengne. A^ écrit aingne : montaingne, antraingne, chastaingtîe^ autaingne, Alemaingne, angaingne, ansaingne.

Le son nasal oin du français moderne est exprimé par ong dans A^ : besongy jpong. A^^ par un procédé

I. Ils écrivent contUmment sessir ^ à Texclution de la forme sesir.

ÉTABLiaSBMBNT DU TUTB LXXI

assez bizarre» supprime Vn et se contente du ^ : be» soig, poig.

A^ met del, ely pour de le, en le; A^ écrit rfo, o.

Telles sont les différences les plus caractéristiques qui existent dans Torthographe des mss. A^ et A^. Elles sont, on le Toit, d'assez minime importance, et nos deux textes, au point de vue de la correction granmiaticale, sont à peu près d*égale valeur.

G>mme il ^ offre d'habitude les meilleures leçons et que nous lui avons donné pour le fond la préférence sur les autres, nous l'avons suivi aussi pour la forme, et nous avons adopté entièrement son orthographe. Nous nous en sommes seulement écarté dans certains cas fort peu nombreux, où A^ donne des formes orthographiques évidemment meilleures et plus conformes aux usages des autres manuscrits.

Ainsi A^ écrit toujours : ein{^ meint, seint. Mais il^, d'accord avec les autres mss., écrivant : ain\ \ maint, saint, nous avons préféré ces formes, mieux en rapport avec l'étymologie.

De même, au lieu de oissir^ forme particulière à i4% nous avons écrit issir, avec le reste des mss.

Enfin, nous avons rejeté la forme reMe(regnum), que donne 4^ pour adopter la forme plus correcte règne, fournie par les mss. A^ et B.

Nous avons de plus rétabli autant que possible la déclinaison que le copiste de A^ (comme du reste ceux des autres mss.) n'observe plus bien régulièrement.

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