AUTEUR DU POÈME LXXV
Ces faits sont racontés tout au long dans Girart de Vienne. Charlemagne, pendant la guerre qu^il soutenait contre Girart, était allé chasser une fois aux environs de Vienne. S'étant laissé entraîner seul, loin de ses compagnons, à la poursuite d^un sanglier, il fut surpris tout i coup par Girart et ses frères, et tomba en leur pouvoir. Ceux-ci traitèrent leur prisonnier avec tous les égards dus à son rang, mais Aymeri qui les accompagnait^ se montra implacable ; il voulait que Tempereur fût mis à mort, et c'est à grand peine que Ton parvint à le ramener à des sentiments moins farouches^ • Les vers que nous venons de citer rappellent cet épisode et en résument les principaux traits d*une manière fort précise.
La dernière tirade de Girart de Vienne renferme aussi une allusion qui ne laisse aucun doute sur Tidentité de son auteur avec celui à^ Aymeri :
Mors fu Rollans et 11 autre baron,
Mais d'aus ici a tant vos laisseron, Et de Girart de coi chanté avon, Et de Rainier, et d'Hemaut le proudon, Et d'Olivier q'iert RoUant compaignon.
Dou fil Hernaut si après vos diron :
C'est d'Aymeri qui tant par fu proudon,
Le seignor de Nerbone. (Éd. Tarbé, p. 181.)
On pourrait objeaer que ce couplet a été ajouté postérieurement. M. P. Paris {Hist. littéraire.
I. Éd. Tarbé. p. i6b et luiv. — Ct. Épop* françaiêts, %• édit., t. IV, p. 226-228.